EXTRAIT DE « LA VILLE DU FUTUR »

Le décret immuable, l’édit suprême du pouvoir dirigeant de la vie, est « l’Harmonie ». Les Seigneurs du karma, infailliblement et sans interruption, perçoivent, calculent et ajustent les plus infimes centres atomiques qui sont déséquilibrés et, par conséquent, discordants.

Lorsque chaque serpent d’un Manvantara avale sa queue, c’est-à-dire lorsqu’un cycle – racial, national ou individuel – est complété, les trois Parques1, la Némésis2 vengeresse et les principes régulateurs inexorables de l’Harmonie se saisissent et retiennent de leur poigne cet atome, cet homme, cette race ou cette nation. Chacun de leurs éléments discordants retrouve son équilibre et se remet à l’unisson de la note dominante de « l’accord harmonique régissant l’ensemble ».

C’est en raison de la contrainte et de l’extrême pression exercée sur chaque élément discordant qu’il éprouve de la douleur et de la souffrance, qu’elle soit mentale ou physique. La mauvaise impulsion donnée à l’atome par la discorde lui imprime un mouvement dans une direction contraire à celle de la masse. La contrainte provoque une lutte, de la congestion, une explosion et finalement une réorganisation.

Chaque atome ou homme reçoit l’occasion de retrouver son équilibre lorsqu’un point correspondant du cycle revient.

Au lieu de se confier passivement aux mains de la loi, de plonger son regard profondément dans son propre centre vital – afin d’y trouver la cause de la discorde – et d’accepter les conséquences d’avoir enfreint la loi, l’homme égoïste prend inévitablement une longue respiration. Il resserre d’un point de plus la ceinture autour de sa taille et il accroît sa vitesse le long de la voie « royale » de l’ambition, de l’avarice ou de la respectabilité mondaine, sans égard aux coins sombres et aux puisards nauséabonds qu’il sait être là et devant lesquels il est parfois contraint de se trouver.

Ce fait a été exprimé d’une façon très réaliste dans ce qui suit : « Nous sommes perplexes devant le mystère que nous avons nous-mêmes fabriqué et les énigmes que nous ne résoudrons pas, puis nous accusons le Grand Sphinx de nous dévorer. » Ceci est particulièrement vrai de la race humaine actuelle, et cela est d’autant plus inquiétant dans le cas des nombreux étudiants de la vie et de ses mystères à qui beaucoup a été donné et de qui beaucoup sera exigé.

[…] Il est essentiel pour le développement des habitants de n’importe quel grand centre qu’il soit construit selon des lignes géométriques harmonieuses. L’épanouissement des sens intérieurs est invariablement retardé par un environnement inharmonieux, qu’il s’agisse de forme, de proportion, de couleur ou de son.

Toutes les voies de développement partent du centre vers la circonférence. Et plus grandement chacune des lignes physiques de l’environnement pourra être alignée avec les forces mentales et spirituelles de même nature qui évoluent plus rapidement, plus rapidement également la matière pourra s’élever à des vibrations supérieures. Plus vous vous approcherez de la connaissance des degrés les plus subtils de la matière, plus cette vérité deviendra apparente.

1 – N.D.É. Parques : Divinités maîtresses du sort des hommes. Elles sont l’équivalent romain des Moires grecques. Les Anciens représentaient les Parques sous la forme de trois femmes au visage sévère, accablées de vieillesse, avec des couronnes faites de gros flocons de laine entremêlée de narcisses.

2 – N.D.É. Némésis : Dans la mythologie grecque, Némésis est la déesse de la vengeance, au service d’Héra. Elle représente la justice distributive et le rythme du destin.

HILARION - Temple 3 - Leçon 429
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