ÊTRE NATUREL

« Il est bien plus facile d’être un bon critique qu’un exécutant passable. »

La faculté de critiquer n’est jamais constructive. Étant analytique, elle mène à la séparation et à la destruction. Dans ses applications, elle déchire ce qui a été érigé ou créé par les forces constructives. La « critique supérieure » est un aspect du discernement et elle illumine tout sujet sur lequel elle concentre ses rayons, mais sa phase inférieure est connue pour être corrosive et d’un état d’esprit inférieur qui mène invariablement à des personnalités dotées d’un « animus1 » d’un ordre inférieur.

Tant que la personnalité n’a pas été tuée – c’est-à-dire conquise et sous la domination totale de l’âme –, le vrai progrès spirituel est impossible. Il faut perdre sa vie (personnelle) dans le fini pour trouver sa vie individuelle (celle de l’âme) dans l’infini. Posséder la conscience supérieure – qui ignore les personnalités et continue son travail silencieusement et efficacement, en dépit des forces du commérage, des médisances et des critiques personnelles, en accomplissant les devoirs du moment sans répliquer et sans ressentiment – signifie avoir pris pied sur un terrain avantageux d’une valeur incalculable pour la vie véritable.

Les forces du mal sont impuissantes lorsqu’elles sont jetées contre un cœur pur et désintéressé, et la noirceur du grand abîme est grand ouverte pour les forces malignes assaillant le « Guerrier de Lumière ».

Le monde est ivre d’égoïsme. Les grandes âmes plaident pour une vie naturelle, mais le malheur fond sur celui qui ose être naturel. Il est mis de côté et marqué. C’est un sujet d’émerveillement si une personne se tourne vers la création animale et vers les enfants qui zézayent pour trouver leurs vrais amis, car qui peut pénétrer ou endurer les vêtements pourris de la duperie et de l’hypocrisie que le monde force ces gens à porter. On ose à peine émettre une pensée naturelle de peur d’être mal compris. Un frère nous a récemment dit : « Peu importe où je suis, que je sois dans les montagnes ou dans le désert, je ne me sens jamais seul ni solitaire en autant que mon chien soit avec moi. Et pourtant, je ne connais aucun être humain avec qui je pourrais être sans me sentir seul. Pourquoi ? » C’est assez simple : l’état naturel. Le chien ne demandait, ne questionnait ni ne critiquait rien. Il aimait l’homme et l’homme aimait le chien en retour. Et le courant d’amour ainsi produit a créé un sphère d’amour dans laquelle le divin lui-même pouvait couler.

Nous franchissons sûrement une frontière entre la terre et le ciel lorsque nous commençons à aimer quelque chose plus que nous-même, ne serait-ce qu’une poupée de chiffon – ou un petit chien noir et brun !

La prononciation du « Mot sacré » est « l’homme lorsqu’il atteint la perfection ». Il est alors le « Cube de Lumière », la « Croix du Sacrifice », uni intimement à l’équilibre de l’Amour infini. Si ce « mot est perdu », c’est parce que l’homme est ce qu’il est. Lorsqu’il pourra de nouveau se prévaloir de son droit de naissance divin et qu’il sera uni à la Lumière par droit de naissance, il sera capable de prononcer la « Syllabe sainte », parce qu’il pourra alors dire « JE SUIS CELA ».

Méditez sur le soleil et connectez ce soleil au soleil qui se trouve en votre être. Le soleil est le point de rayonnement, le régent, « l’Ego du système solaire ». Chacun des sept principes de l’homme a son « centre solaire » ; et tout comme les soleils qui ne sont pas encore allumés circulent dans l’espace, de même les orbes des forces encore endormies circulent dans les espaces du soi aurique, attendant le toucher qui va les allumer et les éveiller à la vie afin qu’elles suscitent une lumière plus vive dans l’âme et inondent l’esprit de nouvelles formes de pensées.

L’homme sur Terre se trouve être le « messager d’un dieu du ciel ». Uni à l’éternité, sa lumière et son ombre balaient les sept mondes. Tissés dans les robes des sens, les sons stridents rouge-passion résonnent jusqu’à ce que la chrysalide des sens se déchire – distillée dans le feu des aspirations du cœur et nourrie par le combustible qu’est la douleur ainsi que par les larmes du sacrifice – et que les mélodies ailées de la « Lumière » émergent. Alors, sur la cime de l’âme se pose une « couronne de vie », incrustée des perles lustrées de l’amour.

1 – N.D.É. L’animus est, pour Carl Gustav Jung, la part masculine de la femme. Il s’agit d’un archétype, donc d’une formation de l’inconscient collectif, qui a son pendant chez l’homme : l’anima.

HILARION - Temple 3 - Leçon 461
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