Il est inutile d’essayer de croiser le fer avec la Loge, seul le téméraire s’y essaie. Au début, le bruit des lames qui s’entrechoquent attire les ignorants qui le confondent avec un défi de compétence, mais cela ne sera que trop certainement suivi du désappointement et de la défaite. En effet, suite au premier coup porté – lorsqu’il devient évident que la plus grande partie du bruit provient du bris de l’épée de l’attaquant, rendant cette dernière inutilisable, et que l’agresseur est maintenant sans défense, humilié et privé de porte de sortie honorable –, l’attaquant doit inévitablement affronter l’élimination ou se rendre.
Par conséquent, avant de lever son épée, il est bon de réfléchir à l’issue, autant sinon plus qu’aux avantages, si l’intégrité et l’évolution ont quelque valeur. Cette réflexion pourrait sembler impliquer des capacités que ne possède pas le mental fini. Ce fait est vrai pour la grande majorité des membres de l’humanité, mais il n’est pas vrai pour ceux qui ont d’une façon ou d’une autre entrepris de fouler le « sentier ». Même s’il n’a effectué que le premier pas de sa marche consciente vers la victoire du Soi Supérieur sur le soi inférieur et l’instinct, chacun des disciples de la Loge possède en lui-même l’intuition ou une voix véridique, selon son degré de développement, qui l’avertit, le protège, le conseille et le guide correctement, s’il consacre du temps à faire taire le bouillonnement extérieur des émotions et à écouter les paroles de lumière et les commandements intérieurs.
Je dis que ce pouvoir se trouve à l’intérieur de la conscience de chaque chercheur ayant effectué le premier pas sur le « sentier » de la renonciation à l’individuel, et qu’il est à sa disposition en tout temps s’il y fait appel. C’est le défaut d’y faire appel – causé par le tourbillon grouillant de ses propres désirs à qui il permet de l’envahir – qui l’attire et l’implique dans la précipitation de forces qui l’égarent, qui le trompent en l’amenant à croire qu’il détient le pouvoir d’un « maître d’escrime », et qui lui murmurent à l’oreille, sur des tons subtils et séduisants auxquels il ne peut résister, de lever son épée contre la « Loi » et la « Vérité » en lui faisant croire que le royaume du monde sera sien.
Je dis que la cause et la nature de ces batailles ne se trouvent pas tant dans la manifestation de circonstances extérieures ou dans l’action, mais plutôt dans l’incapacité de faire taire le soi personnel ou de le maîtriser, alors qu’un chercheur se trouve seul, face à lui-même, dans la chambre intérieure de son être, face à ses ambitions, ses désirs et ses attitudes concernant le pouvoir, à la fois personnel et matériel, le plaisir et la séduction d’une position impressionnante.
Je dis aussi qu’à l’heure secrète de la nuit, à l’heure des périodes superficielles d’une journée, à l’heure de la mise à l’épreuve de la force de ses qualités spirituelles contre celles de son moi inférieur et émotionnel, tout chercheur de vérité honnête peut discerner par lui-même et connaître en son for intérieur le moment et la cause – au besoin le moment précis – des difficultés dans lesquelles il peut avoir été entraîné et les événements reliés à certaines décisions ou résolutions.
Par conséquent, et j’insiste, si vous désirez éviter – tous autant que vous êtes – les remous tourbillonnants de la force qui se crée autour de l’action négligente et qui vous entraîne vers les fonds boueux et couverts d’obstacles de la rivière, prenez le temps d’envisager et de réfléchir aux effets naturels, raisonnables et logiques des résultats qui découlent d’une conduite précipitée et superficielle, et des actes irréfléchis qui les suivent.
Ne levez pas votre main, n’utilisez pas votre épée pour précipiter votre chute, car c’est ce qui se produit en réalité lorsque vous levez votre épée contre la Loge. Lorsque vous violez la « loi », vous attirez l’outrage sur votre propre personne. C’est la « loi » de la Loge. Personne ne peut blesser la Loge ni ceux qui y sont attitrés. Ceux qui essaient ne peuvent que se blesser eux-mêmes.
Par conséquent, je vous invite, si vous appréciez la vie et toutes les occasions qu’elle offre, à faire une place dans le programme de vos journées pour des heures de pause, de méditation et de communion avec votre âme, avec moi et avec ceux que je dirige et qui peuvent vous guider vers des eaux plus sûres. Je vous demande de le faire, non seulement une fois, mais fréquemment, et je vous assure que vous allez trouver un vrai port aussi sûrement que l’aimant vous conduit vers le pôle. Il faut que ce soit une pratique régulière et constante, non occasionnelle et erratique, ou laissée au gré des moments où, soudainement, vents et tempêtes vous assaillent. Les mains de votre Soi Spirituel devraient tenir la barre de votre nature personnelle aussi sûrement et avec autant de constance que la main du capitaine qui n’abandonne jamais les commandes de son bateau de crainte que des obstacles invisibles, inattendus et imprévisibles apparaissent soudain et que son vaisseau les frappe ou soit dévié de son cours dans une mer houleuse, donne du gîte et coule.
Ces principes doivent être gardés à l’esprit dans tous les détails de la vie quotidienne. On peut faire autant sinon plus de dommages – et c’est souvent le cas – en affaiblissant, fatiguant et épuisant le corps, l’esprit et les nerfs par un excès de tension dans les prétendus devoirs de la vie que de toute autre manière. Alors l’organisme est affaibli, le jugement appauvri et l’intuition aveuglée au moment de prendre des décisions importantes ou en temps de crise – ce qui, indirectement et par effet réflexe, précipite des choses qui ne se seraient pas produites autrement. Cette façon de vivre est à l’origine des commentaires que l’on entend souvent : « Je ne comprends pas ce qui m’a pris d’agir et de parler ainsi. » ou « Je ne vois pas pourquoi il s’est comporté de la sorte. », ou encore « Je ne savais pas qu’il était comme ça. » Je le répète, ces cas sont le plus souvent dus à la tension d’un organisme à bout de nerfs ainsi qu’à un mode de vie désordonné, et cela ne saurait être une excuse pour les actes irresponsables. Chaque âme devrait ordonner sa vie en fonction de la « Loi supérieure », et il est possible de le faire si le désir est suffisamment fort. Je vous en ai dit assez pour vous donner lumière et sagesse, si vous décidez d’en tirer profit. Je vais observer les résultats. Il est peut-être plus nécessaire que vous ne pouvez le voir maintenant que vous réfléchissiez à cette communication sérieusement, tant à l’égard des conditions actuelles que vous affrontez qu’à l’égard de celles qui pourraient se présenter dans un futur pas trop lointain.
HILARION - Temple 2 - Leçon 282


