« Ma vaste et noble capitale, ma Daitu, splendidement ornée ;
Et toi ma fraîche et délicieuse résidence d’été, mon Shangdu-Keibung.
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Hélas, mon nom illustre de Souverain du Monde !
Hélas, mon Daitu, siège de la sainteté, œuvre glorieuse de l’immortel Rublaï !
Tout, tout m’a été ravi ! »
Col. Yule, dans Marco Polo.
« Quant à ce que beaucoup diront, qui persuadent le monde que l’âme, une fois libérée du corps, ne souffre ‘plus… du mal, ou qu’elle soit consciente. je sais que tu es mieux fondé sur les doctrines que nous ont léguées nos ancêtres, ainsi que dans les orgies sacrées de Dionysies, pour y ajouter foi ; car les symboles mystiques nous sont bien connus, à nous qui faisons partie de la « Fraternité« .
Plutarque.
« Le problème de la vie c’est l’homme. La MAGIE, ou plutôt la Sagesse, est la connaissance évoluée des pouvoirs de l’être intime de l’homme ; ces forces sont des émanations Divines, de même que l’intuition est la perception de leur origine, et l’initiation est notre introduction à cette connaissance… Nous débutons par l’instinct ; le point final c’est l’OMNISCIENCE. »
A. Wilder.
« Le pouvoir appartient à celui QUI SAIT. »
Livre brahmanique de l’évocation.
Ce serait une grave erreur de jugement de notre part si nous nous imaginions que d’autres que des métaphysiciens, ou des mystiques nous aient suivi jusqu’ici. S’il en était autrement, nous leur donnerions certainement le conseil de ne pas prendre la peine de lire ce chapitre ; car, bien que nous n’avancions rien qui ne soit strictement vrai, ils ne manqueraient pas de considérer le moins merveilleux de ces récits comme tout à fait faux, malgré les preuves du contraire.
Pour comprendre les principes de la loi naturelle mise en action dans les différents phénomènes ci-après décrits, il faut que le lecteur se rappelle les propositions fondamentales de la philosophie orientale, que nous avons successivement mises en lumière. Récapitulons-les succinctement :
- Il n’y a pas de miracle. Tout ce qui a lieu est le résultat de la loi – loi éternelle, immuable, toujours active. Un miracle apparent n’est que l’opération de forces antagonistes à ce que le Dr W.B. Carpenter, FRS – homme de grand savoir, mais de peu de connaissances – appelle les lois bien connues de la nature. Comme beaucoup de ses collègues, le Dr Carpenter ignore le fait qu’il peut y avoir des lois qui étaient anciennement connues », mais que la science ignore.
- La nature est triple : il y a une nature objective et visible ; une autre invisible, intime et fournissant l’énergie, modèle exact de l’autre et son principe vital ; et, au-dessus de ces deux, l’esprit, source de toutes les forces, seul éternel et indestructible. Les deux inférieures changent constamment ; la troisième supérieure ne change jamais.
- L’homme aussi est triple : il a un corps objectif et physique ; son corps astral vitalisateur (ou âme) est l’homme véritable ; ces deux sont adombrés et illuminés par le troisième, le souverain, l’esprit immortel. Lorsque l’homme véritable réussit à se fondre en ce dernier, il devient une entité immortelle.
- La Magie en tant que science, est la connaissance de ces principes, et de la manière dont l’omniscience et l’omnipotence de l’esprit et son contrôle sur les forces de la nature peuvent être acquises par l’individu tandis qu’il réside encore dans le corps. En tant qu’art, la Magie est l’application pratique de cette connaissance.
- Les connaissances secrètes mal employées constituent la sorcellerie ; utilisées pour le bien elles sont la véritable magie ou la SAGESSE.
- La médiumnité est l’opposé de l’état d’adepte ; le médium est l’instrument passif d’influences étrangères ; l’adepte exerce un contrôle actif sur lui-même et sur tous les pouvoirs inférieurs.
- Toutes les choses qui ont été, qui sont, ou qui seront, ayant été enregistrées dans la lumière astrale, ou archive de l’univers invisible, l’adepte, faisant usage de la vision de son propre esprit, est capable de savoir tout ce qui a été su, ou ce qui peut l’être.
- Les races humaines différent aussi bien dans la couleur que dans les dons spirituels, en stature ou en toute autre qualité extérieure ; la clairvoyance prévaut naturellement chez certains peuples ; chez d’autres c’est la médiumnité. D’aucuns sont adonnés à la sorcellerie et transmettent de génération en génération ses pratiques secrètes, le résultat étant un ensemble plus ou moins étendu de phénomènes psychiques.
- Une des phases de l’habileté magique est le retrait volontaire et conscient de l’homme interne (la forme astrale) hors de l’homme extérieur (le corps physique). Ce retrait a lieu dans le cas de certains médiums, mais il est inconscient et involontaire. Chez ceux-ci le corps est à ce moment plus ou moins en état cataleptique ; mais chez l’adepte l’absence de la forme astrale ne se remarque pas, car les sens physiques sont éveillés et l’individu parait seulement être en état de profonde abstraction, s’il est permis de parler ainsi.
Ni le temps, ni l’espace ne sont des obstacles aux mouvements de la forme astrale errante. Le thaumaturge, bien versé dans la science occulte, peut paraître, se faire disparaître (son corps physique, bien entendu), ou prendre en apparence n’importe quelle forme qu’il lui plairait. Il peut rendre visible sa forme astrale, ou il peut lui donner des apparences protéennes. Dans les deux cas, ce résultat est obtenu au moyen d’une hallucination mesmérique simultanée des sens de tous les assistants. Cette hallucination est si parfaite, que celui qui en est l’objet jurerait ses grands dieux qu’il a vu la chose en réalité, lorsqu’elle n’est qu’une image de son esprit, imprimée dans sa conscience par la volonté irrésistible de son magnétiseur.
Mais, tandis que la forme astrale est capable de se transporter n’importe où, pénétrer n’importe quel obstacle, être vue à n’importe quelle distance du corps physique, celui-ci dépend des méthodes de transport ordinaires. Il peut être lévité dans des conditions magnétiques prescrites, mais il ne peut passer d’un endroit à un autre, sinon de la manière usuelle. C’est pourquoi nous n’ajoutons aucune foi aux récits de vols aériens du corps de médiums, car ceci équivaudrait à un miracle, et nous répudions la notion d’un miracle. Dans certains cas et sous certaines conditions, la matière inerte peut se désintégrer et passer à travers les murs pour se recombiner ensuite, mais les organismes animaux ne le peuvent pas.
Les swedenborgiens croient et la science occulte enseigne que l’abandon du corps vivant par l’âme a fréquemment lieu et que nous rencontrons journellement, et dans toutes ces conditions de la vie, de semblables cadavres. Cela peut avoir lieu à la suite de causes diverses, entre autres, une frayeur, le chagrin, le désespoir, une violente attaque de maladie ou une sensualité excessive. La forme astrale d’un sorcier adepte, un élémentaire (une âme humaine désincarnée liée à la terre) ou dans des cas fort rares un élémental, pouvant alors prendre possession et habiter ce corps vacant. Naturellement un adepte de la magie blanche possède le même pouvoir, mais à moins qu’il ne s’agisse d’accomplir une chose importante et exceptionnelle, il ne consentira jamais à se souiller en occupant le corps d’une personne impure. Dans la folie, le corps astral du patient est, ou à demi-paralysé, effaré et sujet à l’influence de toute espèce d’esprit qui passe, ou il s’est enfui pour toujours et le corps devient la proie d’une entité vampirique près de se désintégrer et qui s’attache désespérément à la terre, et dont elle peut éprouver les plaisirs sensuels pendant un court espace de temps grâce à cet expédient.
- La pierre d’angle de la MAGIE est la connaissance intime et pratique du magnétisme et de l’électricité, leurs qualités, leurs corrélations et leurs potentialités. Il est surtout nécessaire de se familiariser avec leurs effets dans et sur le règne animal et l’homme. Il existe des propriétés occultes dans beaucoup d’autres minéraux, aussi étranges que celles de l’aimant que tous ceux qui pratiquent la magie doivent connaître, et au sujet desquelles la prétendue science exacte est complètement ignorante. Les plantes ont, de même, à un degré fort merveilleux, des propriétés mystiques, et les secrets des herbes pour les songes et les enchantements ne sont perdus que pour la science européenne et, inutile de le dire, lui sont inconnus, sauf dans de rares cas bien précis, comme par exemple pour l’opium et le hachich. Et cependant l’effet psychique de ceux-ci mêmes, sur le système humain, est considéré comme une preuve d’un désordre mental temporaire. Les femmes de Thessalie et d’Epire, les hiérophantes féminins des rites Sabaziens, n’emportèrent point leurs secrets avec la chute de leurs sanctuaires. Ils sont encore préservés aujourd’hui, et ceux qui connaissent la nature du Soma, connaissent également les propriétés d’autres plantes.
Pour résumer en quelques mots, la MAGIE est la SAGESSE spirituelle ; la nature est l’alliée matérielle, l’élève et la servante du magicien. Un principe vital commun pénètre toute chose, et ce principe peut être contrôlé par la volonté développée de l’homme. L’adepte peut stimuler les mouvements des forces naturelles dans les plantes et les animaux, à un degré extraordinaire. Ces expériences ne sont pas des violations de la nature, mais des accélérations ; il ne fait que favoriser les conditions d’une action vitale plus intense.
L’adepte est capable d’exercer un contrôle sur les corps astrals et physiques d’autres personnes, non adeptes, et d’en modifier les conditions ; il peut également gouverner et employer à son gré les esprits des éléments. Il ne peut exercer aucun contrôle sur l’esprit immortel de n’importe quel être humain, mort ou vivant, car tous ces esprits sont, au même degré, des étincelles de l’Essence Divine, et ne sont sujets à aucune domination étrangère.
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