Il existe une vérité communément acceptée à l’effet que l’univers est divisé en trois grands états de conscience : le Corps, l’Âme et l’Esprit. Pour l’occultiste, cette vérité est un fait incontestable. Une des grandes différences entre la croyance d’un occultiste et celle des masses est que la croyance de l’occultiste est basée sur la connaissance, alors que celle des masses est fondée sur la tradition. Une autre différence est que l’occultiste n’accepte pas les frontières nettes et fixes que l’on reconnaît généralement entre ces états de conscience. Il peut prouver à un interlocuteur intelligent qu’il n’existe ni abîme ni fossé entre les diverses catégories de matière, de force et de conscience, et que les écarts perçus sont dans la réalité remplis par des espèces de matière plus fines, et dans la vie par des niveaux de conscience plus subtils.
L’occultiste a acquis des connaissances et des pouvoirs qui lui permettent de communiquer volontairement avec ces états et ces vies intermédiaires et, dans une large mesure, de les classer. Ainsi, plutôt que de restreindre ses recherches à trois états de conscience primaires, il divise, par commodité, les trois premiers en six puis, comptant l’état combiné comme un état de plus, obtient un total de sept états. Chacun de ces sept états est divisé à nouveau en sept états moindres ou encore plus subtils, pour un total de quarante-neuf états. Pour compléter son expérience et obtenir la couronne de l’adeptat, l’Ego doit pouvoir non seulement communiquer avec chacun de ces plans ou états de conscience, mais aussi y demeurer jusqu’à ce qu’il y ait appris tout ce qu’il lui était possible d’apprendre. Son expérience dans chaque plan ressemble fortement à son expérience dans les autres. Ainsi, sur le plan où votre conscience agit actuellement, vous êtes conscient de la croissance de certains aspects de votre vie, que vous nommez aspects spirituel, moral, mental et physique. Cela signifie que vous êtes conscient du développement des qualités qui composent votre nature morale, tout en étant conscient, en même temps, de celles que l’on peut qualifier de mentales, spirituelles et physiques. En conséquence, la méthode par laquelle vous acquérez ces qualités correspond parfaitement à celle qu’utilise l’Ego pour obtenir le pouvoir et la capacité de l’utiliser sur n’importe lequel des plans intérieurs de l’être. L’essence de ces qualités est la même sur tous les plans de l’être, mais les lois qui gouvernent leur manifestation sur ce qu’on appelle les plans spirituels – les trois plans supérieurs – agissent bien différemment aux niveaux de la forme, du son et de la vue. Ainsi, sur le plan physique, l’intellect est invisible, difficile à contrôler, informe et silencieux. Sur le plan mental, il est doté d’une forme visible, il est docile, et son action s’accompagne d’un bruit considérable. Sur le plan spirituel, il est informe, silencieux, et invisible. L’intellect est une forme de mouvement, une matrice éternelle où l’esprit se reflète éternellement, dans laquelle et par laquelle l’esprit vit, s’anime et se manifeste pour la première fois. En d’autres mots, l’intellect est comme un grand océan de force, dont les vagues produisent les phénomènes que nous désignons sous les noms de qualités, caractéristiques, habitudes, et ainsi de suite. L’esprit éternellement caché qui dirige les modifications de cet océan décrète que certaines de ces modifications ou vagues deviendront visibles dans certaines conditions, comme par exemple sur les plans de l’intellect ou de l’âme, et resteront invisibles sur d’autres plans et dans d’autres conditions. Mais toujours, éternellement, il demeure en essence une des trois grandes réalités indivisibles et perpétuelles.
De pauvres professeurs de science psychique remplis d’illusions encouragent leurs disciples à croire qu’ils ont atteint le nirvana dans leur corps physique et leur environnement actuel, et les incitent à parler de leur expérience avec désinvolture. Ils leur répètent que l’ange du repos, la mort, n’a plus de pouvoir sur eux personnellement. La fausseté de ce raisonnement est révélée lorsqu’on considère soigneusement les phénomènes correspondants. De même que la nuit et le repos suivent le jour et le travail tout au long d’une grande ère, ainsi la mort suit la vie, invariablement et inévitablement, jusqu’à la scène finale du grand Manvantara. Il faut toujours laisser un intervalle entre les repas, de façon à permettre l’assimilation de la nourriture ingérée. L’intervalle qu’on appelle la mort est d’égale importance pour l’Ego, l’intervalle ou le repos entre les notes est fondamental à la musique. Les périodes que nous appelons mort, repos et assimilation ne s’appliquent qu’à la vie, aux intervalles ou aux notes sur le plan physique. En réalité, la conscience de l’homme ne prend pas de temps d’arrêt ; elle est tout aussi active sur le plan où elle se trouve après la mort qu’auparavant. Son activité consiste à assimiler ses dernières expériences, à créer à partir de l’essence de ces expériences une substance qu’elle utilisera dans une autre incarnation. La seule différence qui existe à cet égard entre les initiés de haut niveau et les hommes et les femmes d’ici est que la durée des vies extérieures des initiés ainsi que les intervalles entre celles-ci augmentent par rapport à celles des autres. Il y a une énorme différence dans le temps qui est nécessaire aux diverses étoiles et aux diverses planètes pour parcourir leur orbite ; néanmoins, elles y circulent toutes éternellement.
HILARION - Temple 1 - Leçon 26


