ÉTATS DE CONSCIENCE

On trouve chez les membres du Temple un grand nombre de conceptions erronées et fort regrettables concernant l’existence après la mort du corps physique.

On a tellement insisté sur la réincarnation de l’Ego sur Terre que la vérité concernant les états intermédiaires entre les incarnations en a souffert par comparaison. Le rejet de la réincarnation, dans bien des cas, résultait de l’incapacité de comprendre l’état dans lequel se trouve l’âme après qu’elle a quitté le corps. En effet, de nombreuses religions, surtout les religions « chrétiennes », créent chez leurs adeptes une croyance irréductible que la mort est suivie d’une existence consciente.

Quand Madame Blavatsky a entrepris sa grande œuvre, il était nécessaire qu’elle mette particulièrement l’accent sur la doctrine de la réincarnation, c’est-à-dire une nouvelle naissance dans un corps physique. Il convenait en effet de rétablir un juste équilibre, parce que certaines sectes religieuses se sont employées à inculquer à leurs fidèles la croyance que la vie sur le plan physique est insupportable – une vallée de larmes et d’angoisse à éviter et à détester – plutôt qu’un lieu destiné à la croissance, et qu’il faut cultiver et mener à la perfection. La présence sur notre planète d’un courant constant de pensées négatives provenant de multitudes d’humains dans l’erreur, qui atteint et abaisse les vibrations des pures énergies évolutives de la nature, ne peut que déprimer la sphère mentale de la Terre, ce qui rend de plus en plus difficile l’évolution de ceux qui, sous l’action de la loi karmique1, doivent y revenir pour travailler à un problème non résolu.

L’usage incorrect d’un terme et d’une comparaison est souvent à l’origine d’un éventail de fausses doctrines, qui entraînent la présentation publique de vérités philosophiques importantes tellement déformées que les auteurs originaux ne peuvent les reconnaître. Le terme « illusion » utilisé par les mystiques orientaux et les théosophes, en référence à la vie dans l’état du « Dévachan2 » (paradis), en est un exemple. Même si des instructeurs ont nuancé le terme ou l’ont rendu universel en l’appliquant à la vie sur d’autres plans, il n’en demeure pas moins que l’idée véritable derrière le terme n’a pas été suffisamment soulignée.

Au-delà de la controverse, il n’existe, dans tous les sens du mot, qu’une seule réalité, que nous la nommions « Absolu », « Esprit éternel » ou « Dieu ». Tout le reste est « illusion » de ce point de vue supérieur, parce que le reste reflète ou manifeste des attributs de Dieu ou de l’Absolu. La matière n’est illusion que d’un point de vue cosmique. Et comme la matière se manifeste de quelque façon dans toutes les formes de vie, il s’ensuit que la vie dans le «Dévachan» ou paradis est aussi réelle pour les sens spirituels que l’est la vie sur Terre pour les sens physiques. En fait, la vie dans le Dévachan est beaucoup plus réelle, car les sens spirituels sont plus délicats, plus raffinés et infiniment plus puissants que les sens physiques. La mort, comme le sommeil, est la «grande régénératrice de la nature» et doit inévitablement rendre l’homme conscient de tous ses idéaux. Un homme sans idéal élevé, tout à fait endurci, qui ne croit en rien de bon, ne trouve rien dans la vie du paradis. En conséquence, il ne peut avoir d’existence consciente sur ce plan. Sa conscience se limite au huitième plan ou à la huitième sphère.

Une des grandes difficultés auxquelles se heurtent les étudiants est de tenter de réconcilier certains énoncés des occultistes3 qui semblent contradictoires, sans utiliser la « triple clé » de la matière, de la force et de la conscience. Sans cette clé, on ne peut interpréter aucune période ou aucun état de la vie. Si on emploie la clé de la conscience, il faut traiter le sujet du point de vue de la conscience – soit simplement une forme de conscience qui agit sous une autre forme de la même énergie. La même règle s’applique aux clés de la force et de la matière. Il est impossible de connaître le plan astral avec les yeux physiques : il faut utiliser la vision astrale, qui se trouve à l’état latent chez tout être humain.

Il n’y a pas un mètre carré d’espace vide dans l’univers. L’océan d’éther, la substance impondérable et lumineuse qui remplit et structure l’espace est, d’une certaine façon, l’armure ou le vêtement de l’infini. C’est aussi un réflecteur double : son intérieur reflète l’infini, et son extérieur reflète tous les atomes de matière des plans manifestés. Ainsi lorsque nous sommes incarnés, nous « habitons, vivons et agissons » au sein de « la grande illusion ». Parmi ses divers attributs, la conscience, ou âme, a le pouvoir de pénétrer l’éther et, lorsqu’elle est libérée du corps physique, n’est limitée dans l’espace que par sa volonté. Elle peut donc chercher son propre paradis, selon ses propres désirs, lorsqu’elle est libérée de son corps astral, qui demeure un certain temps dans la lumière astrale après la mort du corps physique. La lumière astrale est une des enveloppes de l’éther, et c’est son existence qui a donné naissance au concept de purgatoire.

Le sujet est trop vaste pour être approfondi dans un article si court, mais il est important de faire des efforts pour changer les opinions à ce sujet.

1 – N.D.É. Loi karmique : Loi de l’équilibre, de l’ajustement. Lorsque l’équilibre est rompu, actions et réactions se succèdent jusqu’à ce qu’une harmonie ou un équilibre parfait soit atteint.

2 – N.D.É. Dévachan : Plan où l’âme se repose entre les incarnations, appelé « paradis » parce que l’homme y trouve la paix et le bonheur, et la satisfaction de tous les besoins intellectuels et spirituels demeurés inassouvis durant l’incarnation qui vient de se terminer. Cet état s’applique au principe intermédiaire de l’homme, son âme personnelle, et non à son être divin.

3 – N.D.É. Occultiste : Personne qui étudie l’occultisme, c’est-à-dire les lois secrètes de l’Univers.

HILARION - Temple 1 - Leçon 2
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