Le mot « SOLIDARITÉ » dérive du mot latin « solidus » qui signifie « solide ».
Un solide est un corps dont les parties sont fortement et fermement liées ensemble. Un solide parfait serait donc un corps dont les parties paraîtraient si denses et si près les unes des autres qu’aucune force extérieure ne pourrait le pénétrer ni le séparer.
Mathématiquement et physiquement, un solide est un corps qui possède TROIS DIMENSIONS : longueur, largeur et épaisseur.
Sur les plans métaphysique et spirituel, un solide parfait est un corps à SEPT DIMENSIONS. L’humanité connaît trois dimensions et n’a qu’une faible idée de la quatrième. Par conséquent, les cinquième, sixième et septième dimensions sont jusqu’ici inconcevables ou inimaginables pour quiconque, sauf pour quelques rares individus. Voilà pour ce qui est du sens étymologique du mot « solidarité ».
On peut définir la « SOLIDARITÉ » comme une union d’intérêts, de droits et de devoirs, dans laquelle chaque personne, chose ou force qui en fait partie possède un intérêt commun. Les synonymes du mot « solidarité » sont : « UNITÉ », « FUSION », « COMMUNAUTÉ » et « UNIFICATION ».
LA LOI DE SOLIDARITÉ est la loi fondamentale de la Nature, physique ou divine. Cette loi a été exprimée sous un grand nombre de formes par les Sages et les Grands Instructeurs du passé, de même que par les philosophes et les scientifiques de la présente époque. Hermès l’a exprimée ainsi : « Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. » Dans le livre de la Genèse, nous trouvons : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.1 » Nous avons aussi les paroles de Jésus : « Je suis dans le Père et le Père est en moi.2 » De même, ce que disait Paul : « À partir d’un seul homme, il a créé tous les peuples.3 » De nouveau, dans La Bhagavad Gita, Krishna, sous la forme du Soi Suprême, dit : « Je suis l’Ego résidant au cœur de tous les êtres. Je suis le commencement, le milieu et la fin des êtres. » Et voici encore, dans La voix du silence, on lit : « Alaya est reflétée par le petit et par le grand, elle se mire dans les plus minuscules atomes […] Les Instructeurs sont nombreux : l’Âme-Maître est une Alaya, l’Âme Universelle. Vis dans ce Maître comme son rayon vit en toi. Vis en tes semblables comme ils vivent en Lui. » Les termes « Alaya » et « Âme-Maître » signifient « l’Âme Universelle » ou « Atma ».
Pendant de nombreuses années, la science moderne a enseigné l’unité de la Nature, la corrélation et la conservation des forces, et le fait que toutes les forces sont des modifications ou différenciations d’une « force primordiale ». Au cours des dernières années, en raison des preuves dont elle dispose concernant l’action du radium, la science est prête à accepter le fait qu’il n’y a qu’un seul élément dont tous les autres sont des aspects ou différenciations. Ainsi l’or, l’argent, le plomb, le fer et ainsi de suite ne sont que des modifications de cet élément primordial qui reste à découvrir. Il serait possible d’ajouter bien plus de preuves pour montrer l’étendue et l’acceptation presque universelle de la vérité concernant la solidarité de toute vie et de toutes forces sur tous les plans. Il suffira de clore cette partie de la leçon en attirant l’attention de l’étudiant sur le postulat général de La doctrine secrète de H.P. Blavatsky, à l’effet que la « vie une » est présente en tout et qu’elle relie tout en une vaste existence interrompue. Ce postulat est bien résumé dans la troisième proposition fondamentale de La doctrine secrète comme suit :
« [Il existe une] identité fondamentale de toutes les Âmes [une solidarité] avec la Sur-Âme Universelle, cette dernière étant elle-même un aspect de la Racine Inconnue, et un pèlerinage obligatoire pour toute Âme – une Étincelle de la Sur-Âme – à travers le cycle d’incarnation, ou de nécessité, en accord avec la loi cyclique et karmique durant l’ensemble de la période fixée dans le temps. »
L’aspect scientifique de la solidarité
LA SCIENCE ANALYSE. Chaque vérité doit être trouvée dans l’homme lui-même. Notre corps physique se compose de myriades de formes de vie inférieures appelées « cellules ». Chaque cellule est une entité vivante quoique microscopique. Chaque tissu a son propre type de cellules ou de vies, comme les cellules nerveuses, les cellules musculaires, les cellules osseuses, les cellules hépatiques, et ainsi de suite. Les cellules des divers tissus et organes ont chacune une fonction spécifique à accomplir dans l’économie du corps. L’interdépendance est la loi de notre vie cellulaire et organique. Aucun organe, aucune partie ne peut exister sans l’aide essentielle des autres. Si un organe, quel qu’il soit, disons le foie ou la rate, devait s’approprier la force vitale qui appartient aux autres parties, il y aurait confusion et disharmonie dans l’univers que constitue notre corps, et la maladie et la mort de ce dernier, dans son ensemble, surviendrait. Avec tous les organes et tissus travaillant ensemble, coopérant CHACUN POUR TOUS ET TOUS POUR CHACUN, la santé et l’harmonie prévalent, et la « solidarité » du corps est maintenue pour constituer, conformément à la définition de ce mot, une VÉRITABLE UNION DES DROITS ET INTÉRÊTS PARTAGÉS EN COMMUN par toutes les formes de vie inférieures qui composent cette union. Sur le plan de la conscience, la conscience collective de toutes les cellules forme la conscience du corps en son entier. Chacune des microscopiques cellules vivantes de notre corps possède le même rapport à l’ensemble de notre conscience que celui d’un être humain à la Conscience divine – ou Dieu. Dans la Divinité nous avons la vie, le mouvement et l’être, comme chaque vie cellulaire vit, se meut et existe en nous. Il en est des corps astral, mental et spirituel comme du corps physique : la même correspondance opère sur tous les plans de l’être.
Cette même vérité fondamentale se vérifie dans la matière inorganique, dans les pierres et tous les éléments dont les mondes sont composés. Le fer, le plomb, l’or, l’argent, le calcium et ainsi de suite, sont des assemblages d’atomes et de molécules maintenus en manifestation par une conscience commune.
Il existe une SOLIDARITÉ de la montagne, qu’assure le regroupement d’innombrables grains infinitésimaux de matière. Il existe une SOLIDARITÉ de la rose assurée par l’unité des cellules qui composent ses pétales. Il existe aussi une SOLIDARITÉ de l’univers, dans son ensemble, assurée par le regroupement des innombrables soleils et systèmes de mondes, chacun des systèmes solaires et de mondes n’étant rien de plus qu’un atome ou un grain de sable relativement au tout. Pourtant, chacun des éléments constitutifs accomplit sa fonction en utilisant ses propres forces. Mais, ensemble, ils forment un univers – une Entité universelle – aux innombrables parties constituantes, et tous ses membres agissent et interagissent ensemble en un grand tout unifié, glorieux et harmonieux, à travers lequel la Conscience divine œuvre éternellement.
L’aspect philosophique de la solidarité
LA PHILOSOPHIE SYNTHÉTISE. La doctrine secrète enseigne que : « Des Dieux aux hommes, des Mondes aux atomes, de l’Étoile à la chandelle, du Soleil à la chaleur vitale de l’être organique le plus minuscule –, le monde de la forme et de l’existence constitue une immense chaîne dont les anneaux sont tous reliés entre eux. La ‘‘loi des correspondances’’ est la clef maîtresse du problème du monde, et les divers anneaux de cette chaîne doivent être étudiés de manière coordonnée, selon les relations occultes qui prennent place entre eux. »
Qui plus est, La doctrine secrète postule qu’une portion d’espace vide ne peut avoir d’existence réelle, sauf dans le monde de l’illusion. En d’autres mots, il ne peut avoir de réalité que dans nos facultés de perception. Chacun des mondes, du plus élevé au plus inférieur, est imbriqué dans notre propre monde objectif. Des millions de choses et d’êtres sont, en termes de localisation, AUTOUR DE NOUS ET EN NOUS, tout comme nous sommes AUTOUR D’EUX, AVEC EUX ET EN EUX. Ceci n’est pas qu’une simple figure de style métaphysique, c’est un fait établi, aussi incompréhensible qu’il soit pour nos sens.
On voit donc que ce que nous appelons un espace vide est en réalité solide, que Tout ce qui existe consiste en UNE SEULE VASTE SOLIDARITÉ – un mélange de vies et d’essences de vie qui s’interpénètrent dans la VIE UNE UNIVERSELLE. À mesure que nos sens et notre conscience évoluent et se déploient sur les divers plans, nous trouvons des univers à l’intérieur d’univers, des centres à l’intérieur de centres, des voiles dans des voiles, des changements à l’intérieur de changements, des gloires de la vie à l’intérieur de gloires de la vie, et ce, à l’infini.
L’essence fondamentale de la SOLIDARITÉ est l’UNITÉ. Dans l’unité parfaite, tous les facteurs sont interchangeables. Tout peut se retourner, se changer en n’importe quoi d’autre ou en prendre les attributs. L’Esprit devient Matière et la Matière peut redevenir Esprit. Il s’ensuit que l’on trouve les fondements de la loi d’évolution dans la loi de solidarité. La matière inorganique devient organique. La pierre devient plante, la plante devient animal, l’animal devient homme et l’homme un dieu. Ceci parce que de plus en plus de Conscience divine est tirée vers un point spécifique jusqu’à ce que ce point soit lui-même élevé à des états divins de conscience, de forme et de pouvoir.
En mots compréhensibles, on peut dire qu’il existe une grande vérité synthétique réalisée consciemment par l’homme lorsqu’il saisit les fondements de la philosophie de la SOLIDARITÉ. Cette vérité, aussi formidable et sidérante que soit sa vastitude, est à la fois littérale et symbolique. Une fois comprise, elle glorifie et donne de la dignité à toutes choses et à toutes créatures, grandes ou petites. Elle ramène à notre niveau le dieu ou l’être le plus libre et le plus élevé, et elle exalte le serviteur le plus humble. Cette vérité synthétique englobe l’infini et l’infinité en une Unité. Elle révèle que, dans la SOLIDARITÉ DU COSMOS, toutes vies et toutes choses se mélangent et s’entremêlent, se pénètrent et s’interpénètrent, et que cela s’applique tant aux choses qu’aux êtres, aux mondes qu’aux univers, visibles et invisibles. C’est de cette INTERCHANGEABILITÉ intime DES ATOMES ET DE LA CONSCIENCE de tout ce qui est, grand ou petit, fini ou infini, qu’est issue cette vérité fondamentale que chaque créature, de Dieu à la plus infime forme de vie, peut affirmer :
« JE SUIS ÉTERNELLEMENT DANS LE TOUT ET LE TOUT EST ÉTERNELLEMENT EN MOI. »
Ce concept, aussi mystique que naturel, fait valoir à la raison et à l’intuition l’existence d’une Divinité. Il prouve le bien fondé du plan divin et naturel de la création et de la manifestation, sous tous ses angles, une fois les grandes lignes fondamentales comprises et assimilées. De ces grandes lignes fondamentales, nous pouvons dire que les sens intérieurs et l’intuition ont le pouvoir de les éprouver intérieurement, et que la raison extérieure possède le pouvoir de les corroborer dans le monde objectif.
L’aspect religieux de la solidarité
LA RELIGION MET EN PRATIQUE. La fonction de la religion est d’appliquer les vérités fondamentales de la science et de la philosophie à toute la vie, en nous et autour de nous, fournissant ainsi un guide de conduite fondé sur la vérité éternelle. Connaissant la grande Loi, nous devenons « un » avec elle. Cette corrélation avec la vérité devrait faire de nous un canal pour les forces morales universelles de lumière et de vie sur lesquelles le cosmos est construit. Avec l’absorption et l’assimilation de cette FORCE MORALE OU NOURRITURE EN NOTRE ÊTRE, nous grandissons de plus en plus vers L’EXPRESSION DIVINE DE LA VÉRITÉ. Étant en harmonie avec le plan divin, nous travaillons avec Dieu – notre Tout. Par conséquent, nous devenons de plus en plus des créateurs et des travailleurs conscients dans l’établissement du Temple universel de la vie. Étant fondamentalement « un » avec le Tout, notre devoir religieux s’effectue alors envers tout ce qui existe, SANS FAIRE DE DISTINCTION, devoir d’enseigner, d’aider, d’élever, d’unifier et de racheter toute partie de notre soi inférieur ou de notre Soi Supérieur, à mesure que se présentent les occasions. De même, nous avons aussi le droit d’être enseignés, aidés, élevés, unifiés et rachetés par toute partie de notre Soi le plus grand, en nous et autour de nous.
Par conséquent, dans la vérité de la SOLIDARITÉ de toute vie, chaque élément constitutif de la « vie une » possède les mêmes droits, intérêts et devoirs envers les autres et envers le tout. Lorsque cette connaissance est mise en application dans la vie de tous les jours, à travers l’aspiration et l’action, nous nous MAINTENONS dans le tout, c’est-à-dire que nous sommes assemblés et liés au tout, à la Conscience de Dieu – notre Soi Universel Divin. Ceci est la véritable religion. La pierre, l’arbre, le brin d’herbe, la sœur et le frère déchus, le frère et la sœur sauvés, l’étoile, le dieu, tous font partie de notre être du point de vue de la SOLIDARITÉ de toute vie. En essence, cela signifie que « l’Un est dans le Tout » et que « le Tout est dans l’Un », dans toutes les sphères, sur tous les plans de l’Être.
1 N.D.É. Genèse 1 27.
2 N.D.É. Évangile de Jean 14 11.
3 N.D.É. Actes des Apôtres 17 26.
HILARION - Temple 2 - Leçon 256


