Sur le plan ésotérique, le mot religion signifie « relier à Dieu ». Le grand désir de toutes les unités d’un organisme religieux est de « réunir l’âme et l’esprit de l’homme », de quelque façon que ce désir soit exprimé. L’être humain a créé une brèche dans sa conscience entre son Soi Supérieur et son soi inférieur, brèche qu’il doit colmater avant de pouvoir atteindre à la conscience spirituelle.
En persistant à désobéir aux lois et principes divins sur lesquels se fondent toutes les formes de religion, l’homme a fait de cette dernière une chose de peu d’importance comparativement à ce qu’elle pourrait être si ces lois étaient observées.
Dans les religions orthodoxes, on croit que ce manquement a été causé par le péché originel, le péché d’un seul homme et d’une seule femme, Adam et Ève, et que la race humaine tout entière doit souffrir de leur péché. Dans la Religion-Sagesse, on enseigne que le prétendu « péché » consiste en la désobéissance aux lois et principes divins par l’ensemble de la race humaine et que, par conséquent, chaque individu souffre par sa propre faute. La cause est la même dans les deux cas, c’est-à-dire la désobéissance à la loi. Dans le premier cas, il s’agit de la désobéissance aux préceptes d’un Dieu personnel, dans le deuxième, c’est la désobéissance aux préceptes du Soi supérieur – le Dieu universel en l’homme.
À moins que les principes fondamentaux – philosophiques, éthiques et moraux – de la religion ou du système de philosophie avec lequel un individu s’est identifié ne soient devenus la chose la plus essentielle de sa vie, il est un raté d’un point de vue spirituel supérieur. Son succès dans les domaines matériels de la vie n’y change rien. Ceci est vrai pour la raison que l’Esprit de l’homme devrait avoir le contrôle sur le corps et le mental. L’être humain apprend à maîtriser et à utiliser l’énergie spirituelle par l’obéissance aux préceptes de son Soi Supérieur – son Dieu – et par sa dévotion aux principes fondamentaux qui forment la base de sa religion. À quelque degré qu’il échoue à cet égard, il se prive du pouvoir d’utiliser cette énergie, dans quelque domaine que ce soit.
Tant que la philosophie de la religion du Temple de l’Humanité, telle que reconnue par les membres de cette organisation, ne sera pas devenue un pouvoir vivant dans la vie quotidienne de ces derniers, il sera impossible de mettre en œuvre les indications en vue de la construction de la contrepartie physique de la forme idéale du Temple, forme déjà présente dans l’esprit de Dieu. Chaque devoir négligé et chaque refus d’exécuter les indications des Maîtres – qui sont dans un sens spirituel les Grands Prêtres du Temple de l’Humanité –, par n’importe lequel des membres de ce corps, font en sorte que ces derniers se privent eux-mêmes de l’énergie spirituelle qui autrement serait à leur disposition par ce canal particulier, et par conséquent le corps entier doit souffrir des effets de leur action ou de leur inaction. Le canal – dans ce cas le Temple de l’Humanité – devient de moins en moins efficace.
Les lois de la vie spirituelle, éthique et morale, et les principes fondamentaux mentionnés plus haut sont identiques dans toutes les formes de religion. Quelle que soit la forme de religion, lorsque ces lois sont ignorées ou mal interprétées, cela est dû à l’ambition, à l’orgueil, à l’égoïsme ou au manque de foi d’une ou plusieurs unités du groupe. Ce ne sont pas les principes directeurs de la religion qui sont fautifs, car ceux-ci sont omnipotents, immuables et éternels. Dans la mesure même où l’homme les ignore ou leur désobéit, le pouvoir d’utiliser l’énergie spirituelle dont il dépend pour sa croissance morale et spirituelle est perdu. La conséquence est pareille à celle provoquée sur le plan physique par une interférence ou une coupure du courant électrique en provenance de la dynamo d’une génératrice qui va priver l’ingénieur du pouvoir de faire fonctionner son moteur et donc de bénéficier de son usage.
C’est parce que l’homme ne prend pas conscience de cette vérité, et par conséquent parce qu’il ne bénéficie pas de la connaissance qu’il pourrait en tirer, qu’il reste la créature faible et impuissante qu’il est devenu durant la présente grande ère, comparativement à l’homme fort et doté de grande force vitale qu’il aurait pu être. Sa religion a été reléguée au deuxième ou au troisième rang de sa vie, plutôt que d’être la réalité fondamentale qu’elle aurait dû être.
Il y a eu tellement d’abus de pouvoir dans certains organismes religieux orthodoxes que le mot « religion » lui-même est devenu tabou pour plusieurs, et même pour certains étudiants de l’occulte qui n’ont pas conscience que l’occultisme – la Théosophie – est une religion au sens le plus élevé du terme.
Il a été dit par ceux qui savent de quoi ils parlent que l’Esprit et la Matière ne peuvent se rencontrer. Ceci est vrai d’un point de vue universel, mais d’un point de vue individuel ou particulier, l’Esprit a construit un pont, au sens figuré, un pont de substance mentale que l’énergie éveillée par l’action spirituelle peut emprunter pour rejoindre la Matière et, par conséquent, l’âme et le corps de l’homme. C’est au moyen de ce pont mental que l’âme passe dans les royaumes de l’Esprit – la conscience de l’Esprit.
La tendance religieuse en l’homme est éveillée par l’effort et le désir de l’âme de retraverser ce pont – de retrouver son héritage perdu, sa réalisation consciente de l’union avec Dieu. C’est le développement accru de cette impulsion au moyen des principes de base de la religion qui fait des pratiques religieuses d’un individu une chose d’une importance aussi vitale dans sa vie. La religion d’un homme devrait être l’école de son âme.
Si tous les Templiers pouvaient prendre pleinement conscience de ce que j’affirme ici et voir comment leur indifférence, la négligence de leurs devoirs ou encore leur désobéissance aux indications qui leur sont données pour leur bien entravent leur développement, ils feraient plus d’efforts pour remplir leurs obligations que ne le font certains d’entre eux.
HILARION - Temple 2 - Leçon 227


