LES DANGERS DE LA MÉDIUMNITÉ

Le matérialiste et l’investigateur sceptique de la science occulte vont probablement rejeter avec mépris ou ridiculiser l’affirmation à l’effet que l’investigation des phénomènes psychiques et la médiumnité peuvent présenter de grands dangers, et pour « celui qui sait » ces dangers sont effroyables. Mais ce dernier est doublement handicapé dans sa tentative d’indiquer les dangers à un nouvel investigateur, car il doit d’abord prouver que l’état de la matière dans laquelle et par laquelle un phénomène de ce genre se matérialise existe bel et bien ou, si ce fait est admis, il doit aussi prouver qu’il s’agit d’une chose totalement différente de ce que même le spiritualiste ou le psychique moyen non développé la suppose être, quoique ce soit largement grâce aux efforts des spiritualistes éminents que, ces derniers temps en Occident, ledit phénomène a été porté à la connaissance du public.

Celui qui croit que l’âme de l’homme désincarné revient vers la Terre sur l’ordre d’un sensitif ou d’un médium pourrait ne pas être convaincu de la fausseté de cette croyance jusqu’à ce que certains faits lui soient démontrés, au-delà de toute possibilité d’erreur, au moyen de la science occulte.

La science profane a déjà fait beaucoup pour établir les vérités sous-jacentes aux anciennes religions – non pas les erreurs et superstitions avec lesquelles ces religions se sont subséquemment recouvertes, mais bien leurs bases fondamentales, les vérités qu’enseignaient Krishna, Bouddha et Jésus. La nécessité d’un éther hypothétique en tant que médium pour conduire la lumière, le son et les phénomènes électriques a également été prouvée, notamment au moyen de la photographie, du télégraphe et du téléphone sans fil, mais cette connaissance n’a pas permis d’établir la préexistence ou l’existence postérieure de l’âme de l’homme.

De nombreux scientifiques ont également accepté l’ancienne croyance en la « Substance Une » – ou en la « Vie Une » – à partir de laquelle toutes les formes et tous les états de la matière ont été évolués ou ont été créés, c’est-à-dire mis en mouvement et soutenus à partir d’un point central, pour ainsi dire, et donc créés au moyen de différents taux de mouvement de masse ou taux vibratoires. La science a aussi prouvé la réalité de la loi de cause à effet, la loi du karma. Son prochain pas devrait se faire, selon toute apparence, dans l’établissement de la vérité concernant la réincarnation de l’âme ou noyau central, tout comme elle a déjà fait la preuve de l’existence de l’évolution – du progrès, lequel constitue un aspect de la réincarnation.

L’éther hypothétique de la science est en fait un aspect inférieur de l’æther des anciens – le domaine de la lumière astrale inférieure et du corps astral. Au-delà de l’éther se trouve l’Akasha ou l’Astral supérieur, le plan ou état de l’âme purifiée. La lumière astrale inférieure est le plan de toutes les âmes nouvellement désincarnées se trouvant dans un processus de purification – une période intermédiaire entre la mort physique et la « seconde mort » –, ou processus de libération de l’âme des liens qui l’attachent à la matière.

La première enveloppe – ou corps servant de modèle à toutes les formes subséquentes – est créée, tout comme le corps physique, principalement dans et hors des états éthériques de la matière, et ce modèle est appelé « le double astral » [corps éthérique]. Le modèle est créé avant la naissance du corps physique et il se désintègre après la mort de ce dernier.

Tout comme la lumière du soleil peut imprimer et fixer une image sur une plaque sensible, ainsi la lumière de Dieu, la lumière du Soleil Spirituel, imprime sur la substance éthéro-astrale chaque forme, impulsion, action ou pensée de l’âme d’un individu tout au long de sa longue lignée d’incarnations ; et tandis que les résultats des bonnes pensées et des bonnes actions demeureront réunis à l’âme après cette seconde mort, les résultats du pôle opposé, les mauvaises pensées et les mauvaises actions, resteront attachées au corps astral [inférieur] jusqu’à ce qu’il se désintègre à son tour, après quoi les éléments qui le composent seront retournés au chaos. Et il est dit que ce sont ces coques astrales, ou corps astraux [inférieurs], qui sont attirées et animées temporairement par le médium lors de ses matérialisations – lorsque ces dernières sont authentiques –, plutôt que les belles âmes spirituelles des individus qui se sont élevées du plan physique aux plans du bas astral, puis jusqu’à une existence en dévachan. Chaque être humain possède dans sa nature un aspect inférieur, et peu importe comment il le camoufle, c’est cet aspect inférieur du moi qui peut être attiré vers la Terre durant les séances spirites. Son apparence pourrait n’avoir rien en commun avec le caractère réel de la personne ; et lorsqu’on réfléchit au caractère de certains des êtres humains qui ont été projetés dans le bas astral absolument non préparés, remplis d’un esprit de revanche et du désir de vivre une vie douée de sensation à n’importe quel prix, on peut comprendre plus facilement certains des dangers qu’il y a à jouer avec ce degré de la vie.

Ce double du bas astral peut même prendre l’apparence d’un animal. Ces doubles astraux ou coques d’hommes et de femmes mal intentionnés peuvent prendre la forme de bêtes vicieuses. La supposée légende du loup-garou pourrait être fondée sur la vision psychique d’une bête semblable. À l’occasion, des psychiques ont vu la forme d’un bel animal doté d’une intelligence presque humaine, qui était clairement la coque galvanisée d’un être humain. Une attirance entre certains êtres humains et animaux, ayant conduit à un attachement excessif entre eux, pourrait avoir imprimé les caractéristiques de l’animal sur la coque astrale du corps humain récemment décédé.

Les âmes bonnes et purifiées ne restent pas longtemps sur le plan astral, et une fois qu’elles sont passées à un plan supérieur, les âmes humaines moyennes ne peuvent être rappelées qu’au prix d’un grand danger pour elles. Une âme accomplie, un Maître, pourrait aller les voir au besoin. Mais c’est parce que cette âme a réalisé la « grande renonciation » qu’elle est revenue vers le plan astral pour le bien de l’humanité, tout en possédant un pouvoir et une sagesse de nature divine. Une âme de ce genre ne requerrait sûrement pas l’aide d’un médium pour apparaître ouvertement à l’humanité.

La coque astrale vide peut se comparer à la peau que rejette le serpent lorsqu’il mue. Si on la remplissait de gaz, elle pourrait ressembler à un serpent vivant, mais n’aurait en réalité aucune vitalité propre.

Selon la science occulte, lorsque la science profane sera capable de démontrer la vérité de la réincarnation, elle verra que le véhicule ou corps de l’âme est créé par un degré plus raffiné d’énergie électrique que les formes d’électricité qui opèrent dans la matière grossière, que l’âme est, matériellement parlant, une structure composite de tous les pouvoirs, forces et substances sublimés que l’Ego a utilisés de façon incessante pour construire tour à tour tous les corps de sa lignée d’incarnations, et que c’est cette âme qui revient chaque fois à la vie sensible à la fin de ses périodes de repos céleste, pour vivre des expériences.

Un gouffre ou barrière existe entre les divers plans du Corps, de l’Âme et de l’Esprit. Ces barrières sont des états qui éprouvent l’âme quant à sa capacité de passer d’un plan à l’autre, et le corps humain ne peut pas plus contacter ces états et conserver la vie physique qu’il ne peut toucher une ligne à haute tension sans être instantanément tué. Ces états ou divisions intermédiaires, gouffres ou murs de protection, comme on les appelle parfois, ne sont traversés que lorsque l’Ego entre ou sort de l’incarnation. Mis à part les dangers déjà mentionnés plus haut, à la fois pour l’âme et pour ceux qui pourraient vraisemblablement la contacter, il existe une autre raison d’une importance infinie pour laquelle l’âme ne devrait pas être dérangée après avoir quitté le monde de la matière. Une âme purifiée ne peut pas aller et venir à volonté à travers les gouffres qui séparent les divers plans. Si elle revient vers le plan astral ou le plan physique à l’appel d’un médium, elle doit y rester indéfiniment jusqu’à ce qu’elle en soit libérée par une entité supérieure ou jusqu’à ce qu’elle recouvre le pouvoir de s’en retourner.

HILARION - Temple 2 - Leçon 224
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