Depuis des temps immémoriaux, la race humaine s’est efforcée de se débarrasser du « Joug ». L’histoire des civilisations est une longue série de conflits entre les hommes pour déterminer la meilleure manière de se débarrasser du Joug de Dieu, le lien, la loi universelle, l’état d’énergie ou de substance, appelez-le comme bon vous semble, qui est en fait ce qui relie l’Esprit et la Matière, le lien entre le Créateur et le créé.
Comme toutes les choses et créatures manifestées sont septuples dans leur nature et leur constitution, ainsi en va-t-il pour le Joug. Et comme toutes les choses et créatures manifestées possèdent trois aspects ou énergies – positif, négatif et neutre –, l’homme doit s’impliquer dans une ou plusieurs caractéristiques de sa septuple constitution. Il est conduit à se placer – ou se place lui-même – sous le contrôle des énergies ou qualités positives ou négatives, à l’exclusion des neutres. C’est l’ignorance des masses relative à ces grandes lois et principes fondamentaux qui les empêche d’appliquer ces mêmes lois et principes à la résolution de leurs problèmes de vie, que ces derniers soient d’ordre spirituel, mental, moral ou physique. C’est la même ignorance qui maintient les races de la Terre dans un état de continuel changement depuis des âges, à l’exception de courtes périodes pendant lesquelles une ou plusieurs races ont, par comparaison et de manière temporaire, gagné le droit de traverser une période de tranquillité, mais ces périodes ont duré jusqu’à ce qu’une ou plusieurs races plus fortes et plus dominantes y mettent fin.
Je sais que j’ouvre la porte à la critique et à la négation lorsque je dis que chaque révolution, chaque effort commun de l’humanité, pour rejeter les chaînes d’un pouvoir dirigeant uniquement pour en établir un autre qui en son temps sera également renversé, est avant tout un effort pour faire tomber les barrières apparentes entre Dieu et l’homme. Il s’agit d’un effort pour mettre en action soit les principes ou pouvoirs positifs soit les principes ou pouvoirs négatifs des énergies créatrices universelles, à l’exclusion ou en opposition aux énergies neutres de la triade universelle – la substance même du Joug, la loi divine de Paix.
Je ne dis pas que ceci est en accord avec la compréhension générale de la loi évolutive. J’affirme simplement ce que je sais être un fait.
Le penseur profond et impartial de l’ère présente peut difficilement éviter de percevoir la rapidité avec laquelle une large proportion de personnes aux États-Unis, de même que dans d’autres pays, prépare le chemin pour renverser ce que la nation a su maintenir depuis le commencement de sa vie en tant que nation, c’est-à-dire la liberté individuelle, la liberté de religion, la liberté politique. C’est une chose qui se met en place subtilement et secrètement, sous un masque de moralité, de droiture et de désintéressement, par des Judas que le peuple a lui-même placés au pouvoir, à qui il a confié richesse et influence, et ce grâce aux lois qu’il a contribué à établir. Depuis le début, des plans élaborés pour contrecarrer la volonté des gens sont tranquillement et secrètement formés. Mais leur présentation finale à l’ensemble du monde s’accompagne d’un si grand déferlement de trompettes, de sons de cloche et de discours d’équité que le pouvoir de prévision du peuple s’en trouve obscurci. À leur insu, le ver dans la pomme a grandi en force, dans des proportions sans précédent, et il aura bientôt consommé le cœur du fruit – la liberté individuelle. Sous peu, ses ravages sauteront aux yeux. L’un des Initiés de la Grande Loge Blanche a chargé ses disciples de ne pas s’unir à ceux qui ne sont pas croyants. On pourrait bien demander la même chose, mais à une plus grande échelle, à ceux qui luttent dans l’ignorance ou de manière volontaire pour empêcher la confirmation du lien entre Dieu et l’homme. Les incroyants de notre époque ne croient pas en l’existence, en la réalité, ou dans le Joug qui a relié l’homme à l’homme et l’homme à Dieu depuis le commencement des temps. L’homme considère l’idée de l’existence d’un état de substance ou d’énergie comparable à un lien, ou Joug, comme une chimère indigne de la considération d’un homme sain d’esprit. Il ne fait par conséquent aucun effort pour supporter sa part du Joug, ou pour atteindre l’état de substance ou l’état neutre de paix – la liberté parfaite –, la liberté de l’âme régénérée, la liberté qui empêche l’exercice du mal, pour la simple raison que le mal n’existe plus pour cette dernière. Les lois faites par l’homme – qui restreignent sa propre liberté – servent à obstruer le courant de la force évolutive dont il dépend pour son développement supérieur. Cela ne signifie pas que l’homme devrait être exempté de châtiment ou qu’il devrait lui être permis de faire le mal sans contrainte. On devrait le laisser parfaitement libre de choisir le cours individuel de son action en toute chose. S’il choisit le mal, il doit en subir les conséquences, mais une loi qui ne lui donne aucun choix l’emprisonne proportionnellement au degré d’inhibition de sa liberté d’action. Et ce sont les efforts d’une classe ou race humaine pour dépouiller une autre classe ou race de sa liberté qui ont motivé chaque révolution depuis le commencement de l’humanité.
Dieu, le Père Infini de la race humaine, a créé et établit le « Joug », mais l’homme, l’âme humaine, doit prendre sur lui sa part du Joug – il doit abandonner sa liberté de faire le mal en s’alliant si puissamment au Père – le Soi Supérieur, l’Âme Divine – qu’aucun pouvoir extérieur ne pourra briser ce « Joug ». Il s’en libère uniquement lorsqu’il entre dans le Nirvana, c’est-à-dire lorsqu’il devient « un » en conscience avec Dieu. L’impatience, l’indolence, l’intolérance et toutes ces qualités qui empêchent l’homme de rechercher avec sagesse les causes demeurant à l’arrière-plan des phénomènes, le culte du héros mal appliqué, l’égotisme et l’affirmation de soi sont certains des aspects positifs et négatifs de la barrière que l’homme érige contre le Joug.
L’aspect neutre de la même triade, la substance du Joug elle-même, est une combinaison d’Amour, de Vérité, de Beauté et de véritable Liberté.
HILARION - Temple 2 - Leçon 210


