« Ne vous ai-je pas choisi au nombre de douze, et l’un de vous est un démon ? » Ainsi parla le Grand Initié à ses disciples à l’heure de son épreuve.
L’histoire de la trahison du Maître Jésus illustre l’un des grands mystères de l’Initiation. En tant qu’exposé d’un fait, il ne témoigne pas seulement de ce premier événement en relation avec un groupe de douze disciples de la Grande Loge Blanche. Il nous faut chercher bien plus loin dans les annales du temps, au-delà de cette période pendant laquelle Jésus souffrit de cette trahison, pour avoir un aperçu des origines de ce profond mystère. Il nous faut évoquer les premières manifestations de l’Esprit en tant que Matière et retourner à la période où la rébellion de l’ange radieux, Lucifer, conduisit à son expulsion des cieux et à la trahison des mythiques Adam et Ève, par les aspects négatifs du serpent, pour trouver les premières révélations concernant la force négative générée et libérée par les tromperies initiales vis-à-vis de la suprématie de Dieu, parce que c’était et que c’est ce même démon que Jésus reconnut et vit particulièrement actif en Judas, un démon qui se manifeste toujours de manière très active chez l’un des membres de chaque groupe de douze disciples choisis, à tous les degrés de la Grande Loge Blanche.
Alors que la même force est plus ou moins opérationnelle en chacune des autres unités d’un groupe semblable, nous sommes plus particulièrement concernés dans l’immédiat par la seule unité du groupe dans laquelle cette force sera particulièrement active lors d’une période donnée. Le pouvoir de résistance de toutes les unités sera, pour cette période, à son niveau le plus bas. Par conséquent, l’aspect positif de cette force du mal pourra plus sûrement obtenir les résultats désirés de la cible de son attaque – celui qui est déjà préparé à recevoir la suggestion de trahison et à la mettre en œuvre.
Il ne faut pas comprendre qu’un disciple en particulier parmi les douze a été choisi par le Maître – l’organisateur du groupe – avec l’objectif de le trahir lorsque son heure finale approcherait. C’est plutôt l’utilisation des opportunités de croissance offertes, le développement ou le manque de développement de certains attributs et caractéristiques, par exemple le pouvoir de dévotion et de loyauté des disciples les uns envers les autres pendant leur période commune de discipulat, qui devaient déterminer celui d’entre les douze qui tomberait au moment de son épreuve par le feu, son dernier test apparent.
Et pourtant, la cause première de l’échec de son pouvoir de résistance se situe bien loin en arrière, au commencement des temps. Si l’enregistrement des conséquences karmiques des actes de l’Ego d’une personne depuis sa première incarnation pouvait être étudié par l’organisateur d’un groupe, de nombreuses indications de la croissance des tendances vers le manque de fidélité seraient découvertes qui le conduiraient sans aucun doute à porter une attention particulière à la sélection des unités du groupe proposé. Mais, une connaissance complète de l’ensemble de ces inégalités – les effets karmiques – dans le lointain passé de ces disciples resterait la prérogative de l’âme de groupe, le pouvoir directeur de toutes ces différentes combinaisons. La justice divine ne permettrait pas de confier une connaissance semblable à des entités inférieures. Il y a trop de choses en jeu dans l’ensemble des divisions de la Grande Loge Blanche pour risquer cette erreur vis-à-vis du plan divin.
Seuls les Maîtres de degrés supérieurs ont le pouvoir d’accéder à la connaissance des débuts de la vie sensible – les premières incarnations de l’Ego. C’est la raison pour laquelle vous pouvez être certains des erreurs, du manque de fiabilité de ceux qui prétendent révéler les mystères des premières incarnations de l’Ego. En effet, ces mystères se trouvent être trop près de ceux de la Divinité, et ce même pour la capacité de compréhension de l’humanité de l’ère et de la race actuelles.
Le cerveau humain, tel qu’il est aujourd’hui constitué, ne contient pas de centre d’action suffisamment évolué qui puisse permettre la manifestation sécuritaire des forces qui, à elles seules, pourraient éveiller la conscience personnelle d’un état de substance totalement différent et très éloigné du champ d’action dans lequel fonctionnent à présent le mental et les sens de l’être humain.
Quel homme d’intelligence moyenne pourrait être amené à accepter que les réincarnations de son Ego s’appuient sur une chose aussi immatérielle que les nombres ? Pourtant, c’est manifestement le cas.
Posez-vous la question. Pourquoi le Maître Jésus a-t-il choisi douze disciples plutôt que huit ou neuf ? Pourquoi doit-il y avoir sept états distincts de la conscience plutôt que cinq ou six ? Pourquoi certains nombres sont-ils considérés comme secrets et sacrés par les sages de toutes les époques, alors que d’autres ne possèdent pas cette signification ? Ces questions et de nombreuses autres similaires ne peuvent avoir de réponse pour l’homme, même d’intelligence normale, à moins qu’il ne devienne un étudiant avancé de l’occultisme. Elles ne peuvent avoir de réponse parce qu’elles demandent une connaissance qui ne s’obtient qu’au moyen d’une étude longue et intense d’un certain système de philosophie, à l’aide d’un sens psychique hautement développé. Et même alors, elles ne conduisent qu’à une hypothèse de travail au moyen de laquelle une solution du mystère peut être atteinte. En outre, l’homme ordinaire se contente d’accepter les déclarations d’enseignants reconnus des crédos et dogmes exotériques plutôt que de dévouer son temps et sa force exclusivement à cette étude ou à remplir les conditions qui lui seraient imposées par un instructeur compétent.
Cherchez où vous le pouvez dans les domaines de la nature ou de la surnature, et à chaque fois que vous trouverez un groupe distinct de douze unités, vous y trouverez l’organisateur et le désorganisateur, le constructeur et le destructeur, des points, des aspects ou des personnes par lesquels les aspects positif et négatif d’une force créatrice sont particulièrement actifs. Quel que soit le niveau d’activité de ces forces dans toutes les unités du groupe, leur action est toujours intensifiée en deux points de la figure géométrique formée par la combinaison de ces douze unités, et ces deux points sont représentés par deux des douze unités.
Il est vraiment utile que chaque unité d’un groupe similaire de douze pose la question « Est-ce moi ? » à son propre Soi Supérieur lorsque la traîtrise pèse sur la conscience du groupe, car qui peut affirmer être entièrement innocent ? Qui peut dire : « Je connais si bien mon propre cœur que je suis persuadé d’être incapable de cette bassesse. » Le sérieux d’une offense semblable faite à la loi est rendu manifeste par le suicide de Judas qui suivit sa trahison.
Comme le laisserait paraître une étude informelle du sujet, il est malheureux pour les humains qu’on puisse trouver dans l’histoire de chaque race de nombreuses références à une certaine classe d’individus soutenus par des chansons ou des histoires, pour l’admiration de leurs semblables ou de leur nation, une classe d’espions, de détectives, de diplomates, etc., des vampires profitant des faiblesses de leurs semblables, attirant ainsi l’attention sur le péché le plus mortel de la nature humaine : le péché de trahison. Le fait que les membres de cette classe d’individus dans une quelconque nation soient dédaignés et méprisés par les gens d’une autre nation, et même mis à mort dans de nombreux cas, devrait être suffisant pour définir la position réelle sur l’échelle de la vie de ceux qui ont accepté cette tâche, aussi nécessaire qu’elle puisse paraître pour la sécurité extérieure d’une population. Aucun croyant véritable dans les lois du karma et de la réincarnation ne pourrait justifier l’utilisation d’individus de la dite classe. Le mal ne détruit jamais le mal, quel que soit son déguisement. C’est soit la vengeance soit la haine qui incite à employer ceux qui sont tombés dans ces abîmes.
Le grand but global de la vie humaine est d’atteindre la maîtrise, et le premier et le dernier ennemi à être tué par le disciple accepté de la Loge Blanche est le démon personnel – la force qui incite à la trahison.
Alors qu’une personne peut ne pas être capable d’atteindre le même degré de fidélité qu’une autre, notre respect et notre estime pour cette autre personne vont de soi, en dépit de sa faillibilité dans d’autres domaines. Tandis que l’absence de cette même vertu, dans le cas d’une personne qui aurait acquis toutes les autres vertus possibles, pourrait susciter froideur et insensibilité.
HILARION - Temple 2 - Leçon 205


