Seul un embryologiste qui serait également un occultiste pourrait trouver une solution satisfaisante au mystère de la séparation des sexes dans la Troisième race-racine. Le processus de séparation des sexes a couvert de nombreux âges pendant lesquels les races androgynes et porteuses d’œufs, les « Nés-de-la-Sueur », passèrent graduellement d’un ordre d’évolution à un autre. C’est seulement parce que la théorie actuelle des âmes sœurs origine d’une reconnaissance inconsciente, c’est-à-dire d’une mémoire latente fixée dans la matière qui constituait les corps de la Troisième race-racine, que nous nous y référons pleinement dans l’étude de la théorie en question. Si nous voulons arriver à quelque conclusion certaine concernant ce sujet, nous devons d’abord prendre en considération l’Étincelle divine, ou Monade, qui contient en elle-même tous les potentiels d’Atma, de Bouddhi et de Manas, et comprendre que ces Monades – le Dieu en l’homme – des Première, Seconde et Troisième races-racines sont également les Monades de la Cinquième ou présente race-racine. Alors que ces Monades sont demeurées inchangées âge après âge, elles se sont enfermées dans des formes de matière aux nombreuses vibrations différentes – les formes astrales et physiques. Selon La doctrine secrète, la Monade – l’Étincelle divine, le Dieu en l’homme – se manifeste en tant qu’Ego lorsqu’elle s’incarne dans la forme, et un peu de chaque personnalité demeure à travers l’ensemble de ses incarnations en raison du lien avec Manas – le mental –, lorsque ce dernier s’est suffisamment perfectionné pour assimiler Bouddhi – le Christos (voir la page 255 du volume 1 de La doctrine secrète). Avec l’incarnation ou l’adombrement des « Fils du Mental » – des entités spirituelles hautement développées d’un Grand Âge précédent – dans une partie de la Troisième race-racine de l’âge actuel qui se trouvait sans mental, afin de la sauver de l’extinction, la partie de la race en question entra graduellement en possession du Mental Supérieur – jusqu’à un certain degré – et s’identifia éventuellement à ces entités spirituelles. Ce bref résumé de l’évolution des trois premières races-racines est nécessaire pour permettre au penseur de saisir le point que nous voulons souligner ici, c’est-à-dire la position occupée sur l’échelle de la vie par la race dans laquelle se fit la séparation des sexes et l’état dans lequel la race humaine pourrait tomber si la théorie moderne généralement acceptée des âmes sœurs était correcte, étant basée, ainsi qu’elle l’est assurément, sur des sexes différenciés.
Le pouvoir ou principe créateur est indivisible. Les aspects positif et négatif de ce pouvoir en différenciation, comme pour les sexes masculin et féminin, se sont manifestés durant la dernière période d’un Âge pendant lequel la partie de la Troisième race-racine mentionnée précédemment se sépara en sexes distincts, non par une séparation arbitraire d’un corps composite en deux parties, mais par un processus d’embryologie. Lorsqu’on se rappelle que même les présentes races de la Terre sont « nées-de-l’oeuf » – l’ovule développée dans les ovaires de la femelle et imprégnée par le mâle étant le centre créateur de la vie humaine et animale –, on n’est pas étonné d’apprendre que dans l’une des premières races humaines le fœtus se développait à l’intérieur d’un véhicule en forme d’œuf qui était exsudé de l’abdomen, un peu comme des gouttes de sueur perlent de la peau de la présente race-racine. On doit garder à l’esprit que ces corps « nés-de-l’oeuf » des premières sous-races de la Troisième race-racine n’étaient pas constitués d’une substance aussi dense que le furent les corps des races plus tardives. Ils étaient formés d’une substance éthérique, subtile et élastique. Cette substance se condensa et se consolida graduellement alors que l’évolution progressait. Seule une légère modification du mental caractérisait les premières sous-races de cette race-racine et, par conséquent, elles n’étaient pas aussi responsables moralement que le devinrent les races qui suivirent. Ces sous-races tombèrent dans le péché sensuel grossier.
Alors que la Monade – le véhicule du Soi-Supérieur – s’était identifiée jusqu’à un certain point à ces corps, le lien – le Manas Supérieur – n’était pas encore présent et il n’apparut que suite à l’incarnation ou l’adombrement des « Fils du Mental ». Cependant, comme l’Âme Divine est le siège de la mémoire, il existe dans celle des hommes et des femmes des présentes races de la Terre une conscience latente de la période qui a précédé la séparation des sexes. Chez les individus les plus hautement évolués de la race actuelle, on trouve également la perception intuitive d’une race et d’une période futures où les deux aspects du sexe seront de nouveau réunis au sein d’une race asexuée et hautement développée ; mais, cela ne signifie pas que deux formes physiques seront réunies. Certaines modifications organiques se produiront par un processus embryologique. La loi d’affinité, la loi qui pousse les semblables à se rechercher mutuellement, doit inévitablement conduire vers une communion plus étroite tous ces êtres qui trouvent leur origine dans quelque grande et unique âme de groupe – l’un des « Fils du Mental » auxquels il est fait référence plus haut. Le développement des principes supérieurs, qualités, etc. de la vie dans chaque unité d’une âme de groupe semblable tendrait naturellement à attirer ces unités les unes vers les autres, de même que dans la vie actuelle les personnes ayant une mentalité et des buts similaires se retrouvent naturellement en étroite association. Les aspects opposés ne seront pas réunis au sens où le conçoivent généralement les théoriciens des âmes sœurs, parce que le sexe tel qu’il est compris aujourd’hui ne se manifestera pas dans ces âmes plus hautement évoluées. L’ère de la procréation physique sera pour elles dépassée. Le pouvoir de création par la volonté et le yoga – volonté et mental – appartiendra à chacune de ces unités. Les souvenirs latents qui ont été fixés dans les âmes de l’humanité lors de la période où le principe du Père-Mère, le deux en un manifesté dans chaque unité comme ce fut le cas pendant la Troisième race-racine, attireront alors naturellement par paire (ou deux à deux) les personnes qui dans la présente incarnation auront vibrées mentalement au taux le plus proche d’une unique note clé de la matière dont elles sont constituées, qu’elles aient été dans un corps masculin ou féminin. Et cette note clé peut être découverte dans l’un des degrés de l’énergie magnétique. La loi naturelle dont il est question explique les étroites amitiés existant entre un homme et un autre, ainsi qu’entre certaines femmes et certains hommes. Elle explique aussi partiellement l’attraction qui aura poussé de nombreuses personnes à entrer dans une relation maritale totalement inappropriée, alors qu’une chaleureuse amitié réciproque aurait pu exister entre elles si ce n’eut été du pouvoir de l’aspect passionnel du sexe qui leur cache temporairement leurs qualités intérieures et qui les forcera éventuellement à se séparer.
L’aspect supérieur du sexe ne les aurait pas autant aveuglés si leurs relations avaient eu simplement une base amicale, et cette dernière les aurait aidés à dépasser leurs qualités négatives s’ils en avaient ou elle les aurait aidés à développer des qualités bien supérieures et à établir ainsi une amitié durable, ce qui ne devient possible que lorsque la sexualité est sous contrôle. Ce lien les aurait ainsi unis de manière bien plus vraie et bien plus forte dans le cours de leur évolution et ce, jusqu’à ce qu’ils deviennent plus tard dans les faits et en vérité un seul être, par la pensée et la sensation.
Le fait de l’évolution et de l’involution de la matière en spirales indique qu’une vibration bien plus rapide pour toute forme de vie existe au point culminant de chaque spirale d’une période involutive plus qu’en tout autre point de cette même période. Par conséquent, ceci montre à quel point il est impossible pour l’homme de retourner aux mêmes états et conditions de vie qui étaient ceux des androgynes de la Troisième race-racine, alors que le principe du sexe n’était pas si différencié. Il est donc très improbable que la théorie des âmes sœurs, aujourd’hui basée sur le contact sexuel, puisse avoir un réel fondement spirituel.
C’est un truisme couramment accepté qu’une moitié de vérité est bien plus dangereuse que la pire espèce de mensonge, et nulle part ailleurs ces mots ne s’appliquent avec autant de force que dans le raisonnement erroné concernant l’impureté et l’immoralité du sexe pour le sexe. Les idées généralement acceptées concernant la nécessité du célibat dans le cas d’un aspirant au développement spirituel avant qu’il ait atteint un certain degré défini de vie sont également basées sur un raisonnement tout aussi erroné, et cette erreur est elle-même le résultat d’une mauvaise présentation de la loi naturelle, pour autant que les masses de l’humanité soient concernées.
Il n’y a rien d’impur ou de mauvais dans le sexe ; l’impureté et le mal sont le résultat de l’abus du privilège sexuel et de l’ignorance du fait que ce qui peut être normal et juste dans certaines circonstances peut devenir anormal et mauvais dans d’autres.
L’exigence du célibat dans le cas du néophyte accepté de certains Ordres de la Grande Loge Blanche est basée sur la nécessité de conserver les forces créatrices et de les transférer des organes de génération vers les organes générateurs de certains centres du cœur et du cerveau. Les néophytes masculins et féminins des dits Ordres sont séparés principalement parce que l’association constante entre eux rendrait la tâche de conservation plus difficile qu’elle ne l’est autrement.
Le sujet du sexe n’est pas une question d’impureté, ni par conséquent de « mal ». Le raisonnement fallacieux mentionné plus haut est basé sur la croyance maintenue par certaines Églises orthodoxes que seul le sexe masculin peut atteindre les hauteurs du discipulat. Qu’il soit plus difficile pour le sexe féminin d’atteindre ces mêmes degrés de développement le long de certaines lignes que pour l’homme d’un même niveau d’intelligence est dû à l’instinct maternel qui, chez une femme normale, cherche toujours à s’exprimer. Si on lui refuse l’expression individuelle, des qualités défavorables pourront se développer qui auront pour résultat de causer beaucoup de malheur à cette femme et de la rendre totalement inapte à tout degré supérieur de discipulat. D’un autre côté, le même instinct maternel peut tellement s’accroître que la femme pourra devenir, pour ainsi dire, une mère spirituelle pour l’ensemble de l’humanité et être capable de s’élever à n’importe quel niveau de développement. Les qualités négatives d’égoïsme et d’apitoiement sur soi ne se développent pas dans ce deuxième exemple. Le sexe en lui-même n’est pas un obstacle au discipulat.
Il n’y a pas de sexe dans la substance divine de l’âme et, par conséquent, il ne peut y avoir d’âmes sœurs dans le sens où ces mots sont utilisés en général.
L’ignorance totale de ce qu’est l’âme – en fait de ce que sont ses fonctions et de l’endroit où elles sont localisées – de même que la mémoire latente d’un précédent état androgyne de l’humanité sont responsables de la théorie moderne des âmes sœurs.
HILARION - Temple 2 - Leçon 201


