« SA LIGNE A ÉTÉ DÉFORMÉE »

C’est seulement au moyen de la « ligne de Dieu », la ligne droite et véritable, que peut être construit le profil1 de la forme parfaite et que cette forme peut devenir permanente.

Chaque forme physique ou objet matériel fut construit à l’origine sur le modèle parfait existant sur les plans éthériques. Quel que soit le degré auquel l’homme est parvenu dans son édification des attributs divins, c’est seulement conformément à ce degré qu’il peut reconstruire toute ligne correspondante qui a été brisée ou déformée dans le profil du corps physique ou dans l’un de ses organes. À moins que ces lignes ne puissent être reconstruites selon les lignes parfaites de la forme qui tient lieu de modèle, peu importe les apparences ou les sensations promises, un organe et un corps malade ne pourront pas être reconstitués de façon permanente et parfaite. Le fait qu’il soit possible d’appliquer les lois mathématiques et géométriques – dans tous les sens envisageables – à la guérison d’un organe malade ne viendrait pas à l’esprit de l’homme ordinaire. Toutefois, un Initié de la Grande Loge Blanche appliquerait ces lois, quel que soit le degré requis, afin de guérir un organe malade, à condition que la loi karmique lui permette d’entreprendre cet acte de guérison.

Le modèle parfait, la première réflexion d’une forme, est indestructible. C’est de cette forme parfaite dont parle La Genèse. « Dieu fit l’homme à son image. » Il s’agit là du profil du corps de l’âme. Mais, la seconde réflexion de cette forme qui existe sur l’un des plans du mental inférieur est sujette au changement et, de même que le corps physique est une réflexion plus dense du modèle mental, les lignes, les courbes et les angles du corps physique doivent suivre les lignes, les courbes et les angles du modèle mental.

Comme seul un Maître peut visualiser intelligemment les profils du modèle parfait et percevoir également les profils similaires du modèle mental, il est le seul à pouvoir être absolument sûr de la position et de la condition de la partie abîmée ou déformée d’un profil, et être ainsi certain qu’il ne causera pas un plus grand mal à l’organe en essayant de reconstruire cette même partie du profil.

De même que le magicien blanc aurait le pouvoir de reconstruire ces lignes, le magicien noir aurait non seulement le pouvoir de les reconstruire, mais il l’utiliserait le plus souvent pour abîmer ou déformer ces lignes de manière temporaire, en favorisant les conditions qui rendent possible le développement des germes de la maladie dans l’organe physique, la correspondance de la forme fondamentale de l’organe matériel. Mais, comme tout mal est éphémère et illusoire, il n’aurait pas le pouvoir de rendre permanentes ces conditions. Il arriverait inévitablement un moment, dans une incarnation ou une autre, où le modèle d’origine réfléchirait encore un fois le modèle parfait sur le plan mental. Les effets du mal seraient alors neutralisés.

Le pouvoir de changer ou de déformer ce qui était auparavant dessiné en lignes parfaites existe à un moindre degré dans chaque ego humain. Mais, sans intention délibérée et sans pouvoir de volonté, ces changements sont variés, particulièrement en ce qui concerne les effets produits sur autrui ; ils peuvent se prolonger sur une durée indéterminée ou encore le temps du cycle de vie de la personnalité, si les forces de pensée destructrices ont été orientées avec grande intensité dans cette direction.

Vous avez tous, sans nul doute, rencontré des personnes qui avaient ce qu’on appelle communément un « œil juste », c’est-à-dire des personnes qui ont le pouvoir de visualiser ou de dessiner une ligne droite de façon parfaite, ou encore d’estimer le degré de courbure ou l’angle de toute forme visible d’un seul coup d’œil. Sans le savoir, cette personne doit posséder quelque chose de plus qu’un « œil juste ». Métaphysiquement parlant, elle possède en effet « le bâton de mesure de Dieu ». Ce bâton est un aspect de l’attribut de vérité. Dieu ne peut en aucune manière être faux, et plus l’homme approche la Divinité, c’est à-dire plus il développe les attributs divins, plus il sera vrai à tous les égards. Cependant, un homme peut être dans le vrai en ce qui concerne un idéal ou un principe, et dans l’erreur vis-à-vis d’un autre. Il peut avoir développé une vision parfaite, physique et mentale, même la vision spirituelle, et par conséquent être capable de percevoir intuitivement la vérité – qu’il s’agisse d’une figure géométrique parfaitement proportionnée ou encore de la conception juste d’un problème mental –, et être encore totalement dans l’erreur relativement à l’ensemble des relations de la vie. Il n’aurait par conséquent développé qu’un seul aspect de l’attribut de vérité.

Tous les aspects de l’attribut de vérité sont développés dans l’Homme-Dieu, un Maître d’un degré élevé. Par conséquent, le « bâton de mesure de Dieu » est sien et peut être utilisé à volonté. Il sait que chaque angle, ligne ou courbe des différents organes et divisions du corps humain est tracé selon des mesures exactes, et il connaît les unités de ces mesures. Si une certaine partie du profil d’un organe était déplacée ou déformée, il saurait avec exactitude le nombre d’unités d’os ou de substance tissulaire qu’il devrait changer pour remettre cette partie du profil dans son état de perfection initiale. C’est à ce moment là qu’un miracle pourrait se produire, pour autant qu’il soit possible, parce qu’aucun moyen extérieur ne saurait ramener le profil à son exacte forme d’origine. L’Initié doit rassembler les éléments constitutifs de ces unités, il doit réellement créer la substance qu’il utilise pour reformer ou remplacer le profil abîmé sur le plan de la seconde réflexion. Il agit par conséquent au moyen de la Kriyashakti et du pouvoir mental.

Si un objet étranger entre dans l’organe d’un corps physique à travers l’ensemble des couches du cuticule et s’incorpore à la chair, le profil est coupé ou modifié, même si la blessure est minuscule. Il n’existe aucun moyen chirurgical, ni aucun autre moyen externe, qui puisse faire revenir le profil à sa perfection première. À chaque endroit où le cuticule est scarifié, le profil est brisé ou modifié, et le profil similaire dans le corps mental ou astral porte la même marque. Si ce dernier pouvait être ramené à sa perfection d’origine, le profil physique correspondant retrouverait son apparence précédente. C’est par conséquent sur cette contrepartie astrale ou mentale que le Maître doit opérer pour qu’un organe malade puisse être parfaitement soigné sans conserver aucun signe extérieur du procédé utilisé. La capacité de réaliser ce qui semble être un miracle est due en premier lieu au développement de son pouvoir de volonté, deuxièmement à sa connaissance des constituants de la substance que nous nous accordons à nommer « les choses du mental » et, troisièmement, à sa connaissance des mathématiques et de la géométrie supérieures. Ceci vous donne une indication de la raison pour laquelle le Maître insiste sur l’importance de ces sciences.

1 N.D.É. Le terme « profil » signifie ici une forme subtile à partir de laquelle s’élabore une forme plus dense.

HILARION - Temple 2 - Leçon 192
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