Tant que l’étudiant de la vie n’aura pas accepté, du moins provisoirement, le fait que la conscience est l’unique réalité éternelle, et que toute autre chose n’est qu’illusion – une réflexion –, il ne pourra jamais se reposer sur la certitude d’une quelconque réalisation dans les domaines de la véritable philosophie. Avec chaque augmentation de la pulsation vibratoire d’un monde, augmentation qui se produit sur l’arc ascendant d’un cycle, le mental de l’homme entre dans un champ d’aventure entièrement nouveau. Celui qui est dévoué à la science, à l’invention, à la politique ou à la sociologie est alors attiré vers quelque nouvel idéal dans son domaine de recherche ; et ce nouvel idéal – de manière tout à fait inconsciente – dominera toutes les autres idées dans l’esprit du penseur. Cet idéal est nouveau pour lui, parce qu’il ne peut se rappeler les périodes similaires de l’arc ascendant de cycles précédents, pendant lesquelles le même idéal ou quelques caractéristiques de ce dernier ont interpellé son mental. À cette époque, il a été incapable de l’atteindre parfaitement en raison des limitations, des exigences liées à la vie dans un corps physique et de l’action de la loi divine qui interdit à quelque unité d’aller trop de l’avant par rapport à la race à laquelle elle appartient. En d’autres termes, un certain minimum de développement doit avoir été atteint par toutes les unités normales et intelligentes de la race avant que les unités individuelles puissent atteindre l’état le plus avancé prévu pour ce cycle.
Il n’est pas du tout facile de garder à l’esprit le fait que c’est la conscience – l’identité personnelle – qui crée et se déplace à travers l’ensemble des champs d’activité de la vie, alors que cette conscience semble si fermement fixée dans la matière de sa propre création – et au sein de laquelle elle est uniquement capable de fonctionner au moyen des cinq sens.
Il n’est vraiment possible à l’homme d’atteindre une pleine réalisation de cette vérité que lorsque le sixième sens commence à se développer, comme c’est maintenant le cas avec les unités les plus avancées de la présente race-racine de l’humanité. La dernière moitié du siècle dernier et la première partie du présent siècle ont vu tous les domaines de la vie, matérielle, psychique et spirituelle, effectuer de grands progrès suite aux premiers battements de la force vitale dans les centres du cerveau, jusqu’alors atrophiés, de ces individus hautement développés. L’analogie et la correspondance sont en train d’ouvrir des champs de pensée qui avaient été exclus jusque-là par la superstition et l’ignorance, et qui sont maintenant utilisés pour étendre les résultats de la recherche au moyen du microscope, du télescope, de l’analyse spectrale, etc. À elle seule, la microscopie a conduit à de remarquables découvertes sur les formes de vie infinitésimales.
Les espaces comparativement grands entre les cellules, les molécules, les atomes et les électrons, qui ont été mis en évidence par les recherches récentes, ouvrent la voie à la compréhension des univers peuplés de vies conscientes que l’on nomme aujourd’hui microbes, germes, etc., ainsi que par d’autres formes de vie encore plus petites. L’analogie et la correspondance fournissent quantités de preuves au penseur, indiquant que si les espaces infinitésimaux sont peuplés de formes de vies minuscules, les plus grands espaces peuvent aussi être peuplés de formes de vies proportionnellement plus grandes ; des êtres pour qui les innombrables formes de vies plus grandes – perceptibles à la vue de l’homme – doivent paraître de manière analogue microscopiques à leurs yeux. Les nouvelles découvertes de la science sont liées à des faits connus des Maîtres de Sagesse depuis des temps immémoriaux, et nombre de ces faits ont été enseignés à leurs disciples longtemps avant d’être portés à la connaissance du public par les adeptes actuels de la science associées à ces recherches. Il existe cependant une barrière infranchissable entre les découvertes du scientifique moyen et les enseignements des Maîtres. Elle se situe au point de rencontre entre l’Esprit et la Matière, « là où l’un doit disparaître pour laisser la place à l’autre ». Le Maître enseigne que ce point réside dans le champ atomique de la vie, en d’autres termes que ni l’atome ni l’électron ne sont de la matière au sens strict du mot, mais Esprit et Âme, des états d’existence totalement différents au sein desquels les microbes de la science sont inexistants – bien que, parallèlement, ils soient créés ou formés par la conscience. Il enseigne que toutes les formes du plus grand univers, comme celles du plus petit, dont les scientifiques postulent maintenant l’existence, sont des réalités de la nature également créées et animées par la conscience. Comme ces univers résident en dehors des champs de la matière grossière et ne sont pas sujets aux lois qui gouvernent cette matière, ils ne peuvent être observés et contactés que par les sens intérieurs – les sens de l’âme.
La découverte très intéressante d’un fameux scientifique du domaine de la microscopie nous dit que la limite ultime du pouvoir de résolution optique pour l’observation de la vie infinitésimale sous le microscope est de 1 / 1 140 000 de pouce [1 / 2 895 600 de centimètre], et que cette limitation est causée par la réfraction1. Cela signifie que le rayon de lumière qui entre dans la lentille du microscope par son axe est dévié de l’objet et retourne à l’œil exactement comme si l’objet n’avait pas d’existence2.
Cette découverte ne veut pas dire que la vie organisée n’existe pas en formes infinitésimales dépassé ce niveau, mais qu’elle nécessite pour l’occultiste l’existence de rayons lumineux qui ne seraient pas déviés, même dans un microscope de plus grande taille, et qui par conséquent permettraient à l’objet étudié d’être visible pour l’œil – si cet œil pouvait supporter la lumière en question. Ces rayons seraient transmis directement du Soleil Spirituel Central au travers du Soleil de notre système solaire, mais ne pourraient être observés au moyen du sens physique de la vue. Cette lumière serait visible pour le sens psychique de la vue. Lorsque les rayons de lumière sont réfractés – déviés d’un objet –, une fenêtre s’ouvre sur le plan astral, à l’endroit où se produit la réfraction, au travers de laquelle un homme pourrait voir l’image astrale de n’importe quel objet matériel présent dans son champ de vision, si l’œil physique était construit différemment.
Tant que le scientifique ne pourra pas accepter le fait que la lumière qui provient de notre Soleil physique, contre toute apparence, n’est que la réflexion de certains rayons issus d’un plus grand Soleil Central, ses recherches selon cette ligne resteront insatisfaisantes. On peut appliquer toute la force d’un certain produit chimique à quelque forme de matière grossière sans risque de la modifier, mais ce produit pourrait devoir être dilué si on veut le mettre à la disposition de l’homme en toute sécurité, et encore plus à celle d’un enfant. De même, l’énergie du Soleil Central est libérée au moyen de certains rayons proportionnellement à la nature de la substance qui les a attirés, qu’il s’agisse d’un soleil, d’un monde ou d’un homme. Avec l’évolution du sixième sens, la conscience possédera un véhicule au moyen duquel l’Ego de l’homme sera capable de résoudre nombre des mystères de la lumière sans l’aide du microscope ou de tout autre intermédiaire matériel. L’œil humain aura atteint à ce moment-là son plein développement et sera la seule chose requise pour l’observation microscopique3. L’homme pourra alors regarder à travers la fenêtre mentionnée précédemment – fenêtre ouverte par les rayons réfractés de la lumière – et qui sont actuellement opaques à sa vue.
En général, le mental de l’homme est tellement limité par ses théories concernant la constitution de la matière, qu’il lui est difficile d’accepter de bonne foi le fait que cette dernière n’a pas d’existence réelle.
1 N.D.É. Réfraction : On sait qu’un rayon de lumière, rencontrant la surface de contact entre deux milieux transparents, pour une part se réfléchit dans le premier et pour une part se réfracte dans le second, en subissant une déviation ou « réfraction ».
2 N.D.É. Le pouvoir de résolution est défini comme la distance minimale à laquelle deux points peuvent être vus comme deux images distinctes et non comme une image fusionnée. Pour un microscope, la limite de résolution dépend de la longueur d’onde de la lumière utilisée et de la qualité des lentilles. Avec des lentilles parfaites, la meilleure résolution possible est égale à approximativement la longueur d’onde de la lumière. La lumière visible possède une longueur d’onde d’environ 0,5 micromètre (μm).
3 N.D.É. Voir les méthodes d’observations des atomes et des éthers dans Occult Chemistry, C.W. Leadbeatter et Annie Besant, 1951
HILARION - Temple 2 - Leçon 182


