LE FEU

La colonne de feu qui a conduit les Hébreux dans la nuit, le buisson ardent au moyen duquel Jéhovah a communiqué avec Moïse, les langues de feu qui ont enveloppé les disciples de Jésus, et d’innombrables autres expériences, dans lesquelles l’énergie du quatrième plan de manifestation a pénétré la matière grossière et est devenue objective pour la vision astrale, n’étaient pas des illusions de cerveaux surexcités ainsi que l’ont proclamé ceux dont les sens psychiques sont encore scellés ; il s’agissait de messages directs de Dieu aux hommes. La réalité de ces visions s’imposera de plus en plus à l’esprit alors que le temps passe et que la signification du baptême de feu par lequel passe cette époque (1916) deviendra plus évidente. L’utilisation, ou plutôt le mauvais usage des forces ardentes maintenant libérées pour la guerre n’aurait pas été possible même dix années auparavant. Les agents karmiques de la « loi » n’auraient pas permis l’invention ni l’usage abusif de ces moyens au degré où ils le sont actuellement. L’énergie qui se manifeste en tant que feu sur le plan physique est mise en action sur le quatrième plan, et sa manifestation est contrôlée dans une large mesure par les Seigneurs du Karma. La destruction partielle ou complète de la vie sur le plan physique se produit alternativement au moyen du feu et de l’eau, et dans un cycle de feu les moyens pour extérioriser l’action des élémentaux dans leurs manifestations ardentes sont obtenus bien plus facilement que dans un cycle d’eau. Ce qu’on appelle le feu spirituel, le premier voile de l’énergie spirituelle, ne consume pas la matière grossière. Pour l’œil intérieur de la personne développée psychiquement, il apparaît comme une intense lumière blanche. Pour utiliser une expression courante, la lumière doit exploser sur le plan astral, libérant ainsi les âmes atomiques qui procurent la substance à la lumière sur le plan matériel, avant de devenir le feu du plan de la matière grossière.

Il ne vient pas à l’esprit de ceux qui utilisent l’expression « la lumière du mental » en tant que pure figure de style qu’ils expriment la réalité et que le premier voile du Manas Supérieur – l’Akasha – est réellement un feu spirituel, la lumière ou l’énergie per se.

La transmutation s’accomplit par l’action du feu spirituel et par un processus ressemblant à l’explosion. Une fois le point le plus inférieur d’un Manvantara atteint, une vibration plus rapide s’établit dans la matière en manifestation. Et, au lieu de l’action des aspects positifs de l’expansion et de l’expulsion, se mettent en place les aspects positifs de la cohésion et de la concentration, dont l’action devient prépondérante par rapport à celle des aspects négatifs. Les atomes de matière sont réunis de manière cohérente et, à la fin du Manvantara, la substance atomique redevient l’unité qu’elle était au commencement. Nous utilisons les mots « explosion » et « expansion » dans un sens relatif ; le mot « développement » exprimerait mieux le processus de l’évolution, tandis que le mot « enveloppement » exprimerait mieux celui de l’involution.

On doit comprendre que ce processus est en fait celui par lequel se font la régénération et la résurrection de l’âme humaine. Le feu – la lumière spirituelle – réalise son but au moyen de deux contraires de la nature : la souffrance et la joie. Il est bon de se rappeler que ce feu – ou lumière – n’est pas une illusion. Il produit sur la nature de l’homme le même effet que le feu objectif sur la matière : soit il purifie, soit il consume.

HILARION - Temple 2 - Leçon 179
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