Dans chaque ville ou chaque agglomération de tous les pays peuplés par la race blanche, ou par les nombreuses autres races, tous les jours ou presque toutes les heures on peut entendre quelques unes des paroles du Nazaréen. Ces dernières sont acceptées comme une vérité divine, et d’innombrables croyants basent leur espoir en une rédemption future sur leur concrétisation. Pourtant, alors qu’elles sont littéralement enfoncées dans les tympans et le mental des auditeurs par le clergé, utilisées comme base de prière vers un Dieu tout-puissant, comme textes pour parer les murs des lieux de culte, et mises à contribution encore de bien d’autres manières, leur réelle signification a été perdue. Elles ne sont que des fétus de paille lâchés dans le vent lorsqu’il s’agit de les appliquer à des objectifs tels que ceux pour lesquels elles furent suscitées à l’origine. Aucune de ces nombreuses paroles ne devrait être plus intelligemment observée ni promptement acceptée que celle prononcée à l’égard de la femme qui demande une démonstration des pouvoirs de guérison du Maître : « Vas ton chemin, tes péchés sont pardonnés ». Si ces mots avaient été pleinement compris et acceptés à leur juste valeur, on ne trouverait plus de prisons ni de cachots dans le monde, parce qu’on n’en aurait plus besoin. La maladie serait reconnue comme un péché et le péché comme une maladie. L’homme ou la femme qui a enfreint la loi, l’enfant piégé par son hérédité seraient traités comme des invalides et recevraient chaque bienfait que la science pourrait leur fournir jusqu’à la fin de leur guérison et, du point de vue ésotérique, de leur pardon. L’incohérence de traiter comme des criminels ceux qui nécessitent une attention médicale – même par ceux qui prétendent être guidés par les paroles du Maître – est largement due à l’ignorance de l’action des forces subtiles de la nature.
La violation des lois de la nature, qu’elle soit faite consciemment ou inconsciemment par une nation ou un individu, déplace de la substance animée d’un certain mode de mouvement et lui fait perdre son équilibre. La substance ainsi déplacée se situe dans la sphère aurique de celui qui est responsable de l’action. Au lieu de se déplacer dans une direction, et par conséquent dans le mode de mouvement de masse que la loi naturelle lui a donné, cette substance est stoppée, pour ainsi dire, et réorientée dans une autre direction. Il en résulte qu’elle doit s’ajuster à la nouvelle vibration et, dans cet ajustement, les atomes physiques, les molécules et les cellules qui sont les expressions extérieures de la force intérieure ou substance déplacée sont mis en déséquilibre et doivent souffrir jusqu’à ce que cet ajustement soit fait sur le plan où la perturbation a été générée. Si la loi de mentalité a été enfreinte, l’ajustement devrait d’abord se faire sur ce plan.
En envoyant un homme en prison pour un soi-disant crime, qui est en partie le résultat de quelque perturbation dans sa sphère mentale, vous augmentez considérablement la perturbation déjà créée, et vous ne ferez qu’élargir son champ d’opération. Par contre, si vous pouviez faire un diagnostic correct de son cas au moyen de l’observation intérieure et de l’étude du crime commis, et ainsi savoir quelle méthode ou moyen utiliser pour guérir la zone affectée – en augmentant le pouvoir de résistance de cet homme et en accélérant ainsi l’ajustement à réaliser dans la zone perturbée –, vous en feriez bientôt un homme normal.
Une étude de la cristallisation de la matière donnera une idée des différentes formes dans lesquelles est précipitée la substance intérieure. Il y a entre les deux une correspondance parfaite. Imaginez que vous arrêtiez le processus de cristallisation d’un cube alors que l’une des faces est déformée. Vous changeriez ainsi complètement la forme qui, par la loi naturelle, aurait dû devenir un cube. Vous pouvez également imaginer le résultat de la condition perturbatrice sur tous les cubes adjacents. Si la substance d’un organe quelconque du corps humain est au départ cristallisée en cubes et qu’un changement comme celui mentionné plus haut se produit subséquemment, des conditions anormales s’établissent alors dans l’organe construit avec cette substance, et la maladie se développe inévitablement dans celui-ci.
La cause de ce changement peut être liée à l’hérédité de l’individu, ou même être l’effet de l’activité des skandhas qui se perpétuent d’une incarnation à l’autre.
Mais, quoi qu’il en soit, rien sinon une modification de la vibration qui a produit le changement lors de la cristallisation ne pourra guérir la maladie du dit organe. Le changement de vibration peut provenir soit du résultat d’une suggestion mentale, soit d’un traitement médicamenteux. Cela dépend de l’organe affecté et par conséquent de la formation de la substance cristallisée – la substance de base des cellules.
HILARION - Temple 2 - Leçon 172


