LES ÉCRANS ÆTHÉRIQUE ET ÉTHÉRIQUE

La littérature moderne présente de nombreux aspects des diverses formes de recherche, mais ce sont les résultats des travaux effectués dans le domaine du mental qui offrent le plus grand intérêt. Toutes les distinctions nécessaires entre le « principe de Manas », le « Mental Divin », et le « mental humain », de même qu’entre les opérations diversifiées du principe de Manas dont on trouve des exemples dans les instincts des animaux, des plantes ainsi que dans toutes les formes de cristallisation, sont rarement citées comme exemples, exception faite des travaux philosophiques d’un certain caractère dont on ne peut assurer la fiabilité. Et pourtant, sans ces distinctions et différenciations, l’étudiant se trouve bientôt au beau milieu d’une mer de débris théoriques. Alors qu’il n’y a en essence qu’un Esprit, ce Mental unique est identifié à la Trinité « Désir-Volonté-Mouvement » – les Trois en Un. C’est seulement lorsque cette Trinité s’est différenciée en forme sur le quatrième plan, ou état de vie, qu’une distinction telle que l’individualité apparaît, et cette dernière opère alors dans un médium aethérique dans et par lequel l’Âme de l’univers et l’âme de l’homme se développent. Avec la différenciation de la forme et du nombre apparaît également la différenciation du « Mental » en deux aspects couramment appelés « Manas Supérieur » et « Manas inférieur ».

Quelques uns parmi les savants les plus distingués dans les domaines de la recherche scientifique en sont arrivés à certaines déductions conséquemment à la poursuite de longues expérimentations qui seront d’un grand bénéfice pour les personnes qui ne sont pas si bien équipées pour de semblables investigations ; mais, ceux-ci ne se sont pas aventurés suffisamment loin dans les mystères du mental pour satisfaire le véritable étudiant de l’occultisme.

Différentes théories et vérités partielles basées sur les résultats de ces recherches ont été utilisées pour soulever un grand enthousiasme dans le monde, en raison de leur application aux maladies physiques et mentales en croissance rapide. Ceci est particulièrement vrai dans le cas des maladies qui se sont développées suite à une tension nerveuse, ou cérébrale, ou encore suite à l’épuisement de la force vitale, parce qu’elles sont plus ou moins susceptibles d’être traitées par suggestion.

Parmi les théories et vérités partielles mentionnées plus haut se retrouvent celles que l’on peut associer à la Science chrétienne, à la guérison mentale, à la psychothérapie et à la psychanalyse. Ce dernier système de guérison appartient à un champ de recherche qui est resté bloqué pendant de nombreux siècles en raison de deux aspects peu connus de ce domaine, exception faite de l’occultiste avancé. Je me réfère à la « loi du symbolisme » et à la « loi des correspondances ». La psychanalyse appartient à cette phase du champ manasique qui se classe dans la catégorie des rêves ou du diagnostic d’une maladie au moyen des rêves du patient.

Alors qu’il est partiellement vrai que les désirs insatisfaits et les ambitions inassouvies de l’homme peuvent être relégués dans le domaine subconscient pour être rappelés à la conscience extérieure sous forme de maladie, l’homme moyen est incapable de faire un diagnostic de cette maladie et d’en comprendre la cause première qui demeure à l’arrière-plan du désir et de l’ambition, dans un domaine dont il ne connaît rien. Les skandhas ou qualités ramenées des incarnations passées sont les causes premières de la gamme de ces désirs et ambitions suffisamment puissants pour influencer durablement l’écran éthérique (ou écran astral) – la contrepartie éthérique du corps physique. La qualité particulière qui a donné naissance au désir ou à l’ambition doit être supprimée ou transmutée avant que les rêves en question puissent être dépassés de façon permanente et que le processus de guérison puisse être mené à bien. Alors que je ne peux nier l’efficacité du traitement pour certaines formes de maladies au moyen de la méthode en question, l’ensemble du sujet est d’une importance secondaire comparativement à un autre caractère de la vie onirique qui concerne plus particulièrement le développement supérieur de l’Âme, le corps permanent de l’Ego, que l’homme élabore à travers la ligne de l’ensemble de ses incarnations.

Il est nécessaire de faire une distinction entre l’écran æthérique (ou médium æthérique) et l’écran éthérique (aussi appelé écran astral ou contrepartie éthérique du corps physique), sinon la confusion s’installera dans l’esprit du penseur moyen. Cette distinction est bien plus qu’une simple différence, parce que le développement de l’âme s’accomplit largement par le caractère des images – les résultats de l’action – projetées sur l’écran æthérique. Par contre, si le caractère de l’image projetée sur l’écran éthérique (le corps éthérique qui est aussi le siège du mental subconscient de l’homme) est de nature à réagir sur les organes physiques de l’homme et à produire une action non harmonieuse au sein des cellules des organes en question, il produira une maladie.

D’un certain point de vue, l’écran éthérique est l’aspect négatif de l’écran æthérique positif.

L’écran æthérique enregistre les images des actes provenant d’idées et pensées concentrées et bien définies, tandis que l’écran éthérique enregistre, quant à lui, les images formées par les désirs et souhaits qui passent dans le mental de l’homme physique – en d’autres mots, l’écran éthérique est la mémoire des pensées et des souhaits qui produisent uniquement des impressions temporaires sur les cellules du cerveau de l’homme. Les résultats de l’action fixés par la volonté et calqués dans une forme correspondante par l’énergie æthérique peuvent ou non resurgir dans la conscience extérieure comme incitations à l’action subséquente, soit sous la forme d’un rêve, d’une vision ou encore d’une intuition. Dans tous les cas, ce sont les bornes qui marquent le sentier pour le développement de l’âme, et les reléguer au domaine du corps physique revient à les placer dans la mauvaise catégorie, ce qui peut s’avérer désastreux pour beaucoup de gens.

Pour celui qui a l’avantage d’avoir des rêves ou des visions dans les ordres ou degrés supérieurs de la Vie universelle et qui a, par conséquent, contacté des formes et des modes de vie qui se trouvent bien au-delà des conceptions possibles du mental inférieur, l’idée de mettre ces rêves ou visions en relation avec quoi que ce soit qui ressemble à de la matière grossière ou aux phases transitoires de la vie matérielle est hautement insupportable. Le temps n’est pas si éloigné – selon notre manière de le mesurer – où une humanité préparée sera capable de saisir ces grandes réalités cosmiques et de tirer avantage de la connaissance ainsi gagnée ; mais, comme on l’a laissé entendre, elles doivent être interprétées par le symbolisme et la correspondance pour le mental moyen, étant donné qu’elles se situent en dehors du domaine de la matière grossière.

En utilisant des mots ou des images pour décrire les impressions faites sur l’un ou l’autre des écrans mentionnés, nous risquons de transmettre une idée erronée, car il est difficile de transmettre une idée claire de ces impressions en quelques mots.

Si vous pouviez imaginer toutes les scènes d’un tableau rassemblées en une image composite, assumant finalement la forme d’une étoile ou d’une autre figure symbolique, et saviez que toutes les scènes de cette animation sont le résultat d’un acte ou d’une série d’actes, vous pourriez avoir quelque idée du phénomène que la vision spirituelle révèle au voyant. Et pourtant, cette illustration est très incomplète parce que le symbole mentionné peut n’être apparent qu’à l’Ego de l’acteur de cette pièce. Il est tout simplement impossible de revêtir une réalité spirituelle par les mots d’un langage quelconque. Ces réalités peuvent seulement être saisies par l’intuition et, même alors, uniquement en partie parce que l’intuition doit s’exprimer en termes courants.

HILARION - Temple 2 - Leçon 171
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