L’AIR FRAIS

Aucun étudiant de la vie sous ses nombreux aspects ne peut manquer d’observer l’action des cycles dans chacune des phases de ses opérations. À travers la loi, l’éthique, la politique et la religion, l’action et la réaction se déroulent cycliquement. Les lois sont faites lors d’une période uniquement pour être abrogées ou ignorées la période suivante. Une école de médecine ou d’architecture, une méthode d’éducation, une mode laisse la place à une autre qui, après une période définie, revient de manière plus ou moins accentuée. Une période de réforme prononcée le long de lignes éthiques donnera lieu à l’indifférence et à la licence, puis viendra de nouveau une vague de vertu excessive. Peu importe que cette phase de la vie paraisse triviale à l’observateur, la loi cyclique gouverne sa venue, sa disparition et de nouveau son apparition.

C’est seulement dans une période de temps relativement courte de l’ère actuelle que l’importance de l’air pur dans la cure et la prévention des maladies a été universellement acceptée ; et déjà de nouvelles découvertes en science sont, dans une certaine mesure, responsables du renversement des idées les plus généralement acceptées. Alors que les nouvelles théories prennent racine, la peur des effets de l’air impur ou dévitalisé diminuera et d’autres remèdes pour ces maladies qu’on suppose ne pouvoir guérir qu’au moyen de l’air frais seront trouvés puis dépassés à leur tour. Mais l’homme sage ne sera pas pris par cette vague réactionnaire, parce que derrière la vérité apparente des dernières découvertes scientifiques se trouve une vérité spirituelle dont on peut prendre connaissance en observant la loi des correspondances. On trouvera alors que cette vérité est la plus valable de toutes celles qui ont été découvertes par la science moderne.

Les effets curatifs autant que préventifs de l’air frais pur dépendent à l’origine de l’humidité de l’air qui agit comme un véhicule pour l’une des forces les plus subtiles de la nature. L’humidité est le résultat de la combinaison de l’hydrogène, de l’azote et de l’oxygène, des gaz dont les bases fondamentales sont le magnétisme et la chaleur. Dans l’air surchauffé, l’humidité décroît et le magnétisme ainsi que la chaleur électrique sont inhibés en grande proportion, ce dont dépend l’ensemble de la vie physique. Il suffit de voir comment les objets matériels s’assèchent en raison du chauffage excessif d’un appartement pour avoir une idée de l’effet de l’air artificiellement surchauffé sur le corps humain. Une quantité supplémentaire d’humidité en provenance du corps est attirée à sa surface et, même si elle n’apparaît pas sous la forme de sueur, elle peut – dans les conditions appropriées – être perçue comme une éjection constante de minuscules particules (véhiculant l’énergie magnétique) par lesquelles le principe de vie même échappe à l’emprise de la peau et des surfaces muqueuses. Cela rend ainsi l’ensemble du corps plus enclin à subir l’intrusion des germes de maladie et détruit graduellement son pouvoir de résistance.

Le principe de vie est une force électrique subtile au moyen de laquelle le magnétisme et la chaleur du corps sont maintenus et par lequel les gaz hydrogène et oxygène sont combinés dans les fluides du corps. Lorsque l’air est chauffé artificiellement ou vicié, et par conséquent lorsque la température du corps est modifiée ou perturbée par l’action du chauffage artificiel ou par l’action des germes de vie déjà mentionnés, la dispersion des dépôts carbonés laissés dans le cerveau et le sang (par l’action normale de la combustion des éléments délétères ou de leurs sous-produits dans le sang) est perturbée, et ces sous-produits ne peuvent quitter le corps. Ces dépôts carbonés sont quelquefois tellement considérables qu’avec de l’entraînement on peut les voir à l’œil nu.

Voilà pour ce qui concerne les effets physiques d’une chaleur artificielle et d’un air lourd, mais il nous reste à parler d’un effet plus important qu’on ne peut modifier ou détruire aussi facilement que dans le cas de l’air.

Ainsi que nous l’avons indiqué précédemment, la loi des correspondances fournira à l’homme sage une certaine mesure de connaissance impossible à obtenir pour ceux qui ignorent la loi en question. Vous êtes sans doute au courant des effets de la chaleur excessive sur le mental. Les processus de pensée sont tristement perturbés pendant une période de chaleur excessive, même naturelle. Elle conduit dans de nombreux cas à un état proche de la condition comateuse. Les corps mentaux de ceux qui sont ainsi affectés se voient dépossédés de leur principe vital (cette forme plus subtile d’énergie qui est à son tour la base de la chaleur et du magnétisme corporel) tandis que le corps physique subit dans le même temps une privation identique et qu’il s’affaiblit. L’accommodation délibérée du corps à ces conditions qui énervent et rendent ce corps malade est une forme de suicide. L’âme, le véhicule de l’esprit, peut ainsi être contrainte de cesser son activité normale sur le corps mental et l’homme tout entier, corps et âme, est ainsi rendu à un état d’incapacité plus ou moins grand.

Vous direz que des résultats semblables peuvent être obtenus par d’autres moyens, mais je vous assure que tout effet comparable aura été produit par des moyens similaires, aussi éloignées que puissent en paraître les causes. Le sang est le véhicule du principe de vie et ce sang dépend entièrement du véhicule de forces plus subtiles – l’air – pour sa purification, parce que ces forces doivent posséder un véhicule de transmission. Quelle que soit la forme de maladie ou la blessure dont le corps peut souffrir, le rétablissement dépend du degré de pureté maintenu dans le sang.

La colère excessive, la haine et toutes leurs engeances mauvaises surchauffent également le sang et mettent le corps et le mental dans des conditions similaires à celles produites par des appartements mal aérés ou excessivement chauffés.

HILARION - Temple 2 - Leçon 162
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