L’HOMME SAGE

L’homme sage sait qu’une période de manifestation sans difficultés et sans changements est une impossibilité totale pour l’être humain dans son état actuel. Il sait que l’histoire se répète périodiquement au cours d’une éternité tout comme le jour suit la nuit. Il sait que la démocratie d’une époque sera remplacée par la monarchie de l’époque suivante, aussi sûrement que les marées pousseront l’eau de l’océan sur les rivages et la ramèneront en un rythme parfait.

Il sait aussi que chaque marée de la vie, tout comme chaque marée de l’océan, doit être prise à son sommet si elle doit apporter sa précieuse charge de trésors ou d’expériences au port auquel elle est destinée. Par conséquent, il tire avantage de chaque marée haute dans les affaires des hommes et des nations pour faire progresser ses idéaux, et revient ensuite, lorsque la marée a baissé, dans un havre de sécurité où il peut conserver ses énergies. Mais l’homme sage sait aussi que derrière chaque marée, chaque mouvement du Soleil, des étoiles et des planètes, derrière chaque cycle de manifestation, se trouve un pouvoir suprême qui gouverne le tout, un pouvoir logé dans un endroit paisible au centre de toutes choses – le point où le mouvement s’arrête et où l’unité règne. L’homme sage sait qu’il doit être en harmonie avec ce pouvoir s’il veut avoir du succès. C’est le point où le Père ne peut pas devenir le Fils, et où le Fils ne peut pas devenir le Père. C’est un état d’existence où le Père règne éternellement, et le Fils sert éternellement – où la Mère et le Père sont « un » dans le Fils, et chacun partage la grandeur de l’autre.

L’homme sage voit que même si le Fils aîné peut se retrouver dans un grand nombre de fils, dans le cours du temps, même si la nuit suit toujours le jour, même si les marées de la vie finissent toujours par baisser – et peu importe le nombre de fois que les forces de contestation ont créé une démocratie en cherchant à améliorer la situation, les gens reviendront toujours à la forme originale, la forme paternelle – la forme royale de gouvernement. En conséquence, au lieu de dépenser ses énergies dans tout ce qui bouge dans une vie changeante, il s’efforce de les réserver pour les formes de vies plus stables, plus durables, celles par lesquelles commence et se termine un Manvantara.

C’est à cause de sa connaissance du flux et du reflux des forces de vie que le Maître – l’Initié – de la Grande Loge Blanche forme toutes ses créations dans les lignes qui gouvernent cette Loge – la forme paternelle de gouvernement et de contrôle, même si le parent de ces créations peut sembler inefficace dans les premiers stades de leur formation. Ceci semblerait aller à l’encontre des directives et des avis que nous avons donnés suivant des lignes communistes, mais ce ne l’est pas en réalité. En effet, plus tôt la marée haute d’une démocratie ou d’une collectivité socialiste est atteinte, plus tôt les meilleurs membres de l’humanité de cette période et de la nation atteignent l’apogée de leur développement au moyen de leur expérience, et méritent d’être transportés dans une autre sphère d’action où ils auront de plus grandes possibilités de développement.

Croyez-moi lorsque je vous dis qu’il n’existe pas de civilisation décadente, quoi qu’en disent les économistes politiques.

Le fait que les fils et les filles d’un grand homme soient devenus des dégénérés ne prouve pas que la tendance vers la dégénérescence a commencé chez le parent, ou qu’il peut être tenu responsable de la dégénérescence de ses enfants et qu’il mérite de partager les résultats. Si ce parent est vraiment un grand homme, il passe, au point le plus élevé de son développement, dans une autre sphère d’activité, où les enfants de son corps ne sont pas plus importants pour lui que les enfants du corps d’un autre homme. À ce moment-là, il s’approche de la sphère de Paternité divine.

L’homme moyen ne comprend pas que la race qui semble décadente peut tout simplement être composée des âmes montantes d’une race plus matérielle, plus animale, dont les membres doivent apprendre la nature horrible du mal par un contact conscient avec le mal, comme l’ont fait ceux qui sont rendus plus loin. Mais lorsque je parle de ceux qui se trouvent à marée haute, je ne parle pas nécessairement des riches, des puissants, des grands, comme le monde définit les grands, mais des riches, des puissants, des grands de l’esprit, de la nature, de l’âme, peu importe leur situation matérielle.

Lorsqu’un peuple désire un gouvernement par le peuple, cette race ou cette nation est près d’atteindre l’apogée du développement qu’elle pouvait atteindre comme groupe. Elle prépare la séparation « des brebis et des boucs1 » dans cette ronde cyclique, comme l’a indiqué le prophète – les brebis retirées renaîtront dans une forme plus élevée de civilisation, possiblement sur une autre planète, au sens figuré, la « main droite » de Dieu. Les boucs – les descendants brutaux, liés par la passion – prennent, dans leur montée vers la connaissance, la route de la « main gauche », la route de la souffrance, afin qu’à leur tour ils puissent atteindre un point semblable à celui qu’ont atteint « les brebis ». Un grand nombre de nations se trouvent actuellement en train d’effectuer cette préparation, d’où la vague de démocratie qui se répand sur la Terre. L’homme sage prend du recul, regarde et écoute, car il connaît le résultat inévitable.

Lorsqu’on a donné des indications menant à la formation du Temple de l’Humanité et de sa filiale, l’Association des familles du Temple, j’ai demandé que ces deux divisions soient dirigées respectivement de façon paternaliste et de façon communautaire, parce que je savais très bien que ce dernier groupe ne pourrait pas survivre longtemps à la perte de l’influence paternelle qui vient de moi-même et de mes frères, par l’intermédiaire de l’agent que nous nommons, si les deux groupes devaient un jour se séparer. Ils sont fondés sur la loi qui gouverne l’univers et la Grande Loge Blanche – la loi de la centralisation. Dès le début, j’ai expliqué ceci clairement. Malgré ces indications, certaines personnes ont fait des tentatives répétées, bien qu’infructueuses, pour séparer ces deux organismes, qui sont liés par les liens les plus profonds, en tentant de paralyser l’un ou l’autre de diverses manières.

Lorsque les démons de l’avarice, de l’orgueil ou de la haine pénètrent le cœur humain, ils aveuglent l’esprit à un point tel que leurs victimes ne pensent pas aux torts qu’ils peuvent causer à la collectivité, à l’organisme ou au groupe dont ils font partie, et ne s’en préoccupent pas. Si les masses d’un groupe politique pouvaient comprendre que chaque coup qui frappe ce groupe doit inévitablement blesser chacun de ses membres, elles seraient moins portées à encourager un membre à frapper le coup qui reviendra sur eux. Les masses d’une race ne peuvent pas atteindre les possibilités les plus élevées de cette race tant qu’elles n’obéissent pas parfaitement aux lois qui gouvernent actuellement certaines des classes inférieures de vie, et qu’elles acceptent avec joie le fait qu’une obéissance parfaite à la loi divine, telle qu’elle se traduit dans ces classes inférieures, leur a permis de se multiplier et de continuer à exister quand l’homme a été éliminé de la Terre.

Une piqûre d’aiguille ou une petite coupure dans le corps d’un homme ou d’un animal constitue un appel pour une quantité innombrable de défenseurs – les globules blancs du sang – qui se rendent au point attaqué. Ils sont mobilisés par une seule impulsion du cerveau. Toutes les forces de récupération du corps se tournent vers la blessure jusqu’à ce que le danger ait disparu.

Si l’homme respectait les lois qui gouvernent ces micro-organismes semi-conscients, aucun groupe dont il ferait partie ne pourrait être grandement mis en danger par les actions d’un membre ou d’une minorité de ses membres.

C’est parce que les membres de la Grande Loge Blanche obéissent parfaitement à cette loi que la Loge a reçu et conservé le pouvoir de guider et de contrôler la vie manifestée. L’élément de désintégration – le destructeur individuel – qui peut pénétrer un niveau inférieur d’un degré de la Loge est rejeté par ses propres limites. Le front uni qu’on lui oppose le force à s’éliminer lui-même.

Ses associés n’ont même pas à prendre d’action positive à son égard – à l’attaquer. L’action négative de la résistance calme et ferme – l’opposition collective – le force à quitter ceux qu’il a mis en danger par ses actions. Lorsque les yeux internes de l’humanité s’ouvriront aux grandes lois fondamentales, la vie prendra un nouvel aspect.

L’objectif principal de la formation du Temple de l’Humanité par les Initiés était une assimilation plus rapide des vérités spirituelles sur lesquelles les lois naturelles sont fondées, par le plus grand nombre de personnes possible.

Chaque nouveau membre reçoit ce qu’il demande en acceptant ou en rejetant les lois en question. Il peut profiter pleinement de l’occasion qui lui est offerte, ou subir un échec et être placé par la Loge dans une autre sphère d’expérience ou d’activité. Mais quel que soit l’instrument utilisé pour l’évaluer, la force de contrôle de cet instrument sera la loi naturelle. En effet, il est divinement vrai qu’aucun moineau ne tombe sur le sol sans que le Père n’en soit informé. Il n’y a aucun cheveu de votre tête qui ne soit compté. Et si le Temple n’était qu’un moineau, soit dit au sens figuré, aucune plume de son corps ne pourrait être ignorée ou oubliée par ses fondateurs originaux – la Grande Loge Blanche.

1 N.D.É. Évangile de Matthieu 25 32.

HILARION - Temple 1 - Leçon 128
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