Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Chapitre V – L’AETHER OU LA « LUMIERE ASTRALE »
« Je suis l’esprit qui nie toujours. »
Méphistophélès dans Faust.
« Je suis l’esprit de vérité que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne Le voit pas, et parce qu’il ne Le connaît pas. »
(Évangile selon saint Jean, XIV, 17).
« Des millions de créatures spirituelles parcourent la terre, invisibles pour nous, que nous soyons éveillés ou endormis. »
MILTON.
« La simple lumière intellectuelle ne suffit point pour reconnaître ce qui est spirituel. Comme le soleil fait pâlir la flamme, l’esprit éblouit les yeux de l’intelligence humaine. »
W. HOWITT.
II y a eu confusion infinie dans les noms désignant une seule et même chose.
Le chaos des anciens, le feu sacré de Zoroastre, l’Antusbyrum des Parsis, le feu d’Hermès, le feu de Saint-Elme des anciens Germains, l’éclair de Cybèle, la torche d’Apollon, la flamme sur l’autel de Pan, l’inextinguible feu du temple de l’Acropole et celui de Vesta, la flamme du casque de Pluton, les étincelles brillantes de la coiffure des Dioscures, celles de la tête de Gorgone, le casque de Pallas et le Caducée de Mercure, le πuρ άσβεστος, le Phta ou Ra Égyptien, le Zeus Cataibatès (231) (celui qui descend) des Grecs, les langues de feu de la Pentecôte, le buisson ardent de Moise, la colonne de feu de l’Exode, et la « lampe allumée » d’Abraham, le feu éternel du « puits sans fond », les vapeurs de l’oracle de Delphes, la lumière Sidérale des Rose-Croix, l’AKASA des adeptes hindous, la lumière Astrale d’Eliphas Levi, l’aura nerveuse et infinie dans les noms désignant une seule le fluide des magnétiseurs, l’od de Reichenbach, le globe de feu ou chat météorique de Babinet, le Psychode et la force ecténique de Thury, la force psychique de Sergeant Cox et de Crookes, le Magnétisme atmosphérique de quelques naturalistes, le galvanisme et, enfin, l’électricité, sont, simplement, des noms divers s’appliquant à des manifestations différentes, ou effets de la même cause mystérieuse qui pénètre tout, l’Archeus ou Aρχαĩος ; des Grecs.
Sir Bulwer Lytton, dans son roman The Coming Race la décrit comme le VRIL (232) dont se servent les populations souterraines, et qu’il laisse ses lecteurs considérer comme une fiction. « Ces peuples, dit-il, sont persuadés qu’avec le vril ils sont arrivés à posséder l’unité des agents naturels de l’énergie. » Il continue en montrant que Faraday a fait connaître ces agents « sous le nom plus prudent de corrélation », quand il a dit :
« C’est depuis longtemps pour moi une opinion, presque une conviction, partagée, je crois, par bien d’autres fervents des connaissances naturelles que les diverses formes sous lesquelles les forces de la nature se manifestent ont UNE ORIGINE COMMUNE. En d’autres termes, elles ont une corrélation si directe, elles dépendent si naturellement les unes des autres qu’elles sont pour ainsi dire convertibles entre elles et possèdent, dans leur action, des équivalents de puissance. »
Il peut paraître absurde et peu scientifique de comparer le vril imaginaire du grand romancier anglais et la force primordiale du non moins grand expérimentateur avec la lumière astrale des cabalistes, et pourtant, c’est la vraie définition de cette force. Les découvertes qui se succèdent confirment cette audacieuse déclaration. Depuis que nous avons écrit le début de cette partie du présent ouvrage, plusieurs journaux ont annoncé que M. Edison, l’électricien de Newark, N.J., avait découvert une nouvelle force. Elle semblerait différer beaucoup de l’électricité et du galvanisme sauf dans ses propriétés de conductibilité. Si la chose est démontrée, cette force restera, peut-être, longtemps cachée sous un pseudonyme scientifique. Cependant elle appartiendra tout simplement à la famille nombreuse enfantée, depuis le commencement des âges, par notre cabalistique mère, la Vierge Astrale. En fait, l’inventeur prétend que cette force « est aussi distincte, et a des formes aussi précises que la chaleur, le magnétisme ou l’électricité ». Le journal, qui publie le premier compte rendu de l’invention, ajoute que « M. Edison estime qu’elle a une certaine relation avec la chaleur mais qu’elle peut aussi être générée par des moyens inconnus, encore ignorés. »
Une autre découverte, sensationnelle et récente, est la possibilité de supprimer les distances pour la voix humaine grâce au téléphone, instrument inventé par le professeur Graham Bell. Cette possibilité fut d’abord suggérée par le petit télégraphe des amoureux. II consistait en deux petits cornets de fer blanc tendus de parchemin, reliés par un fil, et permettait de converser d’une manière suivie à cent mètres de distance. Ce jouet est devenu le téléphone qui sera la merveille de notre siècle. On a déjà tenu une longue conversation entre Boston et Cambridgeport : « Chaque mot était entendu distinctement, parfaitement compris et les inflexions des voix, d’après le rapport officiel, étaient reconnaissables. » La voix est, pour ainsi dire, prise sur le vif, maintenue par un aimant. L’onde sonore est transmise par l’électricité agissant à l’unisson de l’aimant et coopérant avec lui. Tout le succès dépend du parfait contrôle des courants électriques et de la puissance de l’aimant employé avec lequel ils doivent collaborer.
Le journal s’exprime ainsi : « L’invention peut être sommairement décrite. Figurez-vous une sorte de trompette, à l’embouchure de laquelle est tendue une membrane délicate. Quand la voix est émise dans le tube, la membrane s’enfle proportionnellement à la force dont fut animée l’onde sonore. À sa partie extérieure est fixée une feuille de métal qui prend contact avec un électro-aimant dès que la membrane est poussée au dehors. Aimant et courant électrique sont aux ordres de l’opérateur. En vertu d’un principe encore mal défini, le courant électrique transmet l’onde sonore telle qu’elle est émise par la voix dans la trompette et l’auditeur, placé à l’autre extrémité de la ligne, en portant à son oreille une trompette analogue, entend distinctement chaque mot et saisit immédiatement les inflexions de la voix de son interlocuteur. »
Les prodigieuses découvertes actuelles dans le domaine de la nature et les possibilités magiques latentes encore inconnues – surtout si, comme il est fort probable, la force d’Edison et le téléphone de Graham Bell modifient, et peut-être renversent toutes les notions que nous possédons sur les fluides impondérables – n’inciteront elles pas les personnes portées à contredire nos assertions à mieux attendre pour voir si les nouvelles découvertes les confirment ou les réfutent ?
Seulement, à propos de ces découvertes, nous pourrions, peut-être, utilement rappeler à nos lecteurs les allusions nombreuses qu’on peut trouver dans les annales de l’antiquité concernant certain secret que possédaient les prêtres Egyptiens qui, pendant la célébration des mystères, pouvaient, instantanément, communiquer d’un temple à un autre, le premier fût-il à Thèbes et le second à l’autre extrémité du pays. Les légendes attribuent ce pouvoir, naturellement, aux « tribus invisibles de l’air qui portent des messages aux mortels. L’auteur de l’Homme Pré-Adamique cite un exemple qui, donné simplement de sa propre autorité, doit être pris pour ce qu’il vaut. D’autant plus que l’écrivain semble ne pas savoir positivement si l’histoire est empruntée à Macrin ou à un autre écrivain. Pendant son séjour en Egypte, il dit avoir découvert la preuve « qu’une des Cléopâtres (?) transmit des nouvelles, par un fil métallique, à toutes les villes, depuis Héliopolis jusqu’à Eléphantine, sur le Haut-Nil (233) ».
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