LES SCIENCES OCCULTES

Les sciences occultes, ou l’occultisme, comme les étudiants appellent généralement aujourd’hui la philosophie de l’aspect spirituel des trois sciences en une, indique sa nature par sa terminologie.

Demandez-vous la raison de ce secret ? Les choses faites en secret ne sont-elles pas condamnées ? Le mot ouvrir, l’inverse du secret, ne communique-t-il pas à l’esprit humain, en relation avec toute forme de vie, une idée plus élevée, et plus noble ? Je réponds : Oui, à moins que l’étudiant ne soit suffisamment avancé dans sa recherche sur la nature des sciences dont il est question pour avoir appris que les deux mots « secret » et « ouvert » expriment les deux pôles de la même chose ou de la même idée. Toute idée peut être développée secrètement, mais, à l’instant où l’idée trouve son expression, elle devient ouverte. Et lorsque cette idée est ouverte assez largement, elle devient à nouveau secrète. Elle disparaît de l’usage commun parce qu’elle est trop utilisée et devient dépassée. Elle est, pour ainsi dire, intériorisée. En d’autres mots, l’idée devient secrète ou ouverte selon son effet sur l’esprit humain et la période de son cycle de manifestation.

Les sciences occultes sont secrètes uniquement parce que le moment correct de leur pleine révélation dans le Maha Yuga (grand âge) actuel n’a pas encore été atteint. Nous sommes à mi-chemin entre le début et la fin du cycle qui a donné naissance à ces sciences. Pour la majorité de la race humaine, elles ne sont encore que partiellement nées. Nous trouvons chaque jour des indications d’un nouvel intérêt, dans l’esprit d’un grand nombre de gens, pour les profonds mystères de la vie liés aux sciences secrètes, les mystères partiellement résolus dans d’autres cycles, pour les sciences du mysticisme, de la psychologie, de la médecine, de l’art, de la littérature, de la musique, etc. Mais les profanes n’ont pas encore sondé les plus grandes profondeurs de ces mystères, et ils ne pourront pas le faire non plus actuellement, ni dans un avenir proche.

Ceux, peu nombreux, qui ont sondé ces profondeurs, les géniteurs ou les précurseurs des races à venir, sont forcés par leur connaissance même des résultats de spéculations ignorantes ou mal avisées de conserver ces secrets, sauf à l’égard des âmes, qui s’incarnent une à une, et qui peuvent recevoir ces secrets en toute sûreté, sont préparées pour cette connaissance et ont gagné dans une incarnation antérieure le droit et la capacité de la comprendre et de l’utiliser.

Vous voyez presque quotidiennement des exemples des terribles résultats de la communication prématurée de fragments d’une science occulte, comme dans l’abus des pouvoirs du mesmérisme, de l’hypnotisme ou d’autres forces spirituelles, qui auront des conséquences karmiques terribles pour l’opérateur inconscient. À l’esprit de l’observateur ignorant, ces conséquences peuvent paraître disproportionnées par rapport au mal commis, mais elles ne le sont pas en réalité, car le crime est grand.

Le Temple est parfois critiqué violemment parce qu’il semble conserver le secret, alors qu’en vérité, il n’y a pas un seul secret dans les leçons qui sont données ou dans la fondation et la formation de l’organisme, en entier ou en partie.

Dans le sens le plus étroit du terme, le secret est l’inverse absolu de l’occultisme. Le véritable Initié vous dira que la clarté, la clarté de vie, d’objectif, d’action, constitue la condition fondamentale pour être disciple. L’homme ou la femme qui possède un secret doit être évité, comme on le ferait pour un serpent ou une grave maladie contagieuse. L’homme ou la femme qui peut volontairement tromper un ami en gardant secret quelque chose que l’ami devrait savoir se trompe davantage lui-même en même temps, parce que la blessure infligée à la substance de l’âme de cet ami exigera une douloureuse rétribution, qui sera payée dans sa totalité absolue. Il ne peut pas y avoir d’amitié entre ceux qui permettent à un secret de se placer entre eux. Un occultiste authentique est avant tout un véritable ami de l’humanité dans son ensemble, et aussi de ceux qui sont les plus proches de lui dans les aspects mineurs de la vie. Mais une vérité spirituelle profonde ne peut pas être largement diffusée, parce qu’il y a très peu de gens dont l’évolution a atteint le point où ils peuvent comprendre cette vérité. L’Initié est donc forcé par la nature de cette vérité de protéger ceux qui ne peuvent pas la comprendre et qui pourraient par conséquent, dans leur ignorance, en abuser.

Depuis que les Initiés ont diffusé leur première leçon, ils ont fait des efforts sans précédents pour transmettre une certaine idée des vérités décrites dans les leçons. Mais si l’étudiant qui essaie de déchiffrer leur relation interne avec la vie ne saisit pas intuitivement les idées exprimées dans les leçons, ces efforts sont vains dans la plupart des cas. Comment pourrait-on transmettre à quelqu’un l’idée d’une espèce d’énergie ou de force qui n’a pas de forme, pas de substance, et qui est consciente mais ne peut manifester sa présence matériellement à l’homme parce qu’elle n’a aucun véhicule qui puisse lui permettre de fonctionner sur le plan d’activité que l’homme est capable de reconnaître ? Et pourtant, il s’agit là d’une chose très simple en comparaison avec certains des mystères les plus profonds de la vie.

L’homme ne peut pas apprécier la nécessité ou la réalité de ces mystères, à moins que ses sens de la vue, de l’ouïe, du toucher et de la compréhension ne soient développés à un degré qui leur permet de devenir des centres de contact et d’activité pour les espèces de force et d’énergie qui sont les bases des mystères, et qui ne peuvent opérer qu’à travers les formes les plus fines de la matière. Pourtant, ce sont les choses les plus réelles de toutes les choses réelles.

Certains hommes de science exotérique commencent à comprendre qu’il existe un médium dans lequel et à travers lequel ils dérivent personnellement, comme pourrait le faire une goutte d’huile dans les veines ou les molécules d’une pierre, un médium tellement plus dense et plus solide que la matière qu’ils connaissent actuellement, qu’il ne peut y avoir aucune comparaison. Pourtant, le médium éthérique qui pénètre ou est interpénétré par tous les atomes de matière est exactement de cette nature. Il ne peut pas être vu, ni touché, ni entendu par les sens physiques, mais pourtant l’âme est doublement consciente de lui après la mort, lorsqu’elle entre dans une autre phase de sa vie, l’astral inférieur, et qu’elle devient capable de se déplacer sans obstacle à travers les avenues qui traversent cet éther, des avenues qui correspondent aux veines ou aux interstices de la pierre dont je viens de parler. L’âme est alors consciente d’un poids, d’une lourdeur et d’une densité dont elle n’était pas consciente lorsqu’elle était confinée au véhicule qui ne permet qu’une seule forme de locomotion.

L’oiseau peut voler parce qu’il est moins dense et plus élastique que la base éthérique de l’air à travers laquelle il se déplace, et non parce qu’il est plus léger qu’elle. Si ce n’était du pouvoir d’attraction qui retient toutes les formes de matière non élastiques à la surface de la Terre pendant que celle-ci tourne sur son axe et se déplace dans son orbite, l’homme pourrait lui aussi se déplacer facilement dans l’air en utilisant les courants d’air qui correspondent aux avenues éthériques.

Comme il n’est pas aussi entièrement sujet au même pôle de la force de gravitation que le sont les autres formes de vies physiques qui sont attirées et retenues à la surface de la Terre, l’étudiant illuminé des sciences secrètes peut renverser l’action de ce pôle de gravitation dans son propre corps astral et se déplacer à sa guise à travers le médium astral ou éthérique. Cela n’est pas un secret, mais l’homme moyen ne croira même pas à la possibilité de ce pouvoir. Il est tellement esclave de la suggestion qui domine les races humaines depuis longtemps, c’est-à-dire qu’il est impossible de s’élever de la Terre, qu’il ne peut même pas contrôler son corps astral suffisamment pour quitter consciemment son corps physique.

Comme l’éther est le principe de base de l’air et de toutes les formes plus denses de matière, ainsi l’Akasha est le principe de base de l’éther. Mais celui qui n’a pas atteint la connaissance des mystères de la réflexion ou de l’ombre ne peut comprendre ni l’un ni l’autre.

L’imagination permet de jeter un peu de lumière sur la nature de chacun de ces principes.

Si l’Ego incarné dans un corps physique était capable de donner la vie, l’intelligence et l’être à chaque atome d’une réflexion produite sur un miroir par son corps physique, et que la lumière qui constitue la réflexion traversait aussi les interstices et était visible entre les atomes de ce corps physique, exerçant ainsi une pression qui lierait ensemble les atomes de l’image réfléchie, ce phénomène constituerait un exemple de la relation entre l’Akasha et l’éther. L’éther est le fond sur lequel et dans lequel l’Akasha, la volonté spirituelle, envoie ses réflexions au moyen de sa lumière inhérente, et ces réflexions deviennent finalement les diverses formes de vie sur les plans visibles de l’univers.

La grande majorité des enseignants de la Chrétienté ont soupçonné bien peu de choses des profondes vérités scientifiques révélées dans une quantité de déclarations de son fondateur ! Des siècles ont passé depuis que les paroles suivantes ont été prononcées : « Ô homme de peu de foi, pourquoi doutes-tu ?1 » Avec ces simples mots, l’Initié a donné la clé d’un des plus grands secrets de la nature, un secret qui, quand il sera complètement résolu, révolutionnera un grand nombre des plus profondes théories scientifiques de l’humanité.

Vous pouvez demander pourquoi, si ce que je dis est vrai, cet Initié n’a pas expliqué davantage ses paroles s’il avait vraiment à cœur le bien de l’humanité. Je réponds que c’est simplement parce qu’il était incapable de le faire, et pas uniquement à cause de son obligation envers le degré de la Grande Loge Blanche qu’il représentait, mais parce qu’à l’époque l’homme était incapable de comprendre l’idée dont il était question. L’heure cyclique appropriée n’était pas encore arrivée. Le sens particulier qui seul permet de comprendre des vérités profondes de ce genre était à cette époque à peine conçu, et n’avait pas encore reçu le développement nécessaire pour solutionner ce mystère. Ce n’est qu’au cours du dernier quart de siècle que l’humanité a vu et reconnu le fait qu’un nouveau sens, qu’on appelle le sixième sens, était en train de se développer. Et pourtant, il n’y a encore que de rares personnes qui sont capables de s’en servir.

Les termes « foi » et « croyance » sont devenus synonymes, alors qu’il s’agit en fait des deux pôles d’une même force puissante. La foi fait perdre la croyance. Lorsque la foi disparaît, la croyance est rapidement remplacée par l’incroyance. Le possesseur de la foi peut faire beaucoup plus que soulever la proverbiale montagne. Il peut construire ou détruire un monde. Mais ces expressions, tout comme d’autres expressions également puissantes utilisées par les Initiés, sont généralement classées comme des platitudes, des lieux communs, par ceux qui cherchent sans cesse la clé du grand mystère de l’énergie cosmique, que l’Initié et ses disciples ont révélée plusieurs fois. Mais ces chercheurs ne trouveront pas cette clé tant qu’ils n’auront pas fait évoluer davantage chez eux le sens qui seul la rend perceptible, et qui en est donc une partie particulièrement importante. Aussi étrange que cette dernière déclaration peut sembler, lorsque vous aurez atteint le point où le reproche et l’injonction du même Initié : « Quelle importance cela peut-il avoir pour toi ? Viens et suis-moi.2 » tomberont avec suffisamment d’intensité et exigeront une obéissance immédiate, le point où tous les soucis des autres, toutes les petites préoccupations de la vie quotidienne, les défauts et les faiblesses de vos condisciples ne compteront plus pour vous, vous ne mériterez pas le reproche contenu dans la première partie de cette expression. Sans la foi, vous ne pouvez pas « suivre le Christ » que l’Initié représente dans le sens qu’il indique, et par conséquent, vous ne pouvez pas saisir l’indice du grand secret que le principe christique exprime dans et par le sixième sens, parce que la foi est la substance-force qui permet d’obtenir la base éthérique de tout pouvoir.

Il semblerait qu’il y a une très grande distance entre le principe christique tel qu’on le comprend généralement, et l’énergie qui fait mouvoir le Soleil et les étoiles dans leurs orbites et qui permet à un insecte minuscule de voler, mais il s’agit pourtant du même principe.

L’incapacité de l’homme d’accepter le fait que la foi, la volonté et l’esprit sont des formes de substance, bloquent ses recherches. Il demande à grands cris la connaissance, la justice, la vérité, et pendant que ce cri est encore sur ses lèvres, il rejette volontairement au visage des dieux les occasions qu’ils font pleuvoir sur lui de satisfaire ses besoins, et puis il gémit comme un chien battu devant les résultats inévitables de sa révolte ou de son indifférence.

Est-il étonnant pour un observateur que cette personne s’écrie souvent comme les prophètes d’autrefois : « Combien de temps, Seigneur, combien de temps souffriras-tu ce peuple ? »

1 N.D.É. Évangile de Matthieu 14 31.

2 N.D.É. Évangile de Jean 21 22.

HILARION - Temple 1 - Leçon 97
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