L’Ego dont la dernière incarnation sur cette planète s’est faite dans le corps de Jésus de Nazareth est le même Ego qui s’est incarné dans chaque sauveur racial et national depuis le début du présent grand cycle de 200 000 ans. Chacun de ces sauveurs annonçait le début d’un âge, d’un cycle mineur dans le grand cycle. Le doigt de Dieu trace un petit cercle à l’intérieur du grand cercle et y installe un nouvel ordre de vie. Lorsque le grand cercle se fermera, l’Ego qui a construit les expressions corporelles de ces sauveurs individuels prendra une mission plus haute, peut-être sur une autre planète. Ses responsabilités retomberont sur les épaules de l’Ego qui est le suivant en terme de développement, et qui commencera dans le premier cycle mineur du grand cycle à construire les véhicules – les personnalités – qui serviront à ses incarnations. L’Ego incarné des sauveurs de tout grand cycle est le Grand Initiateur, le « Gardien du Seuil » pour ce cycle. Ce n’est que dans la mesure où l’être humain peut comprendre ce qu’impliquent les mots « âme de groupe » qu’il peut comprendre exactement ce que Jésus était et est. La réflexion du Soleil que vous voyez dans un étang n’est pas le vrai Soleil, mais elle partage certaines caractéristiques et certaines qualités du Soleil. En voici une illustration : si le Soleil pouvait fixer toutes ses réflexions d’une façon permanente, et les doter d’un esprit, les échanges continuels de vibrations entre le Soleil et sa réflexion pourraient graduellement produire une âme de groupe. Le Soleil serait la figure centrale, il y aurait une interaction continuelle de forces et de principes à mesure que le temps passerait, et le Soleil et ses réflexions deviendraient une entité inséparable sur un plan supérieur.
De la même façon, la personnalité de Jésus était une réflexion du Père – le Soleil spirituel. Il s’est installé entre eux une parfaite interaction de forces et de principes qui les a fait un, en action et en vérité, comme il en a également été le cas avec les sauveurs précédents.
Lorsque nous comprenons parfaitement cette vérité importante, il devient facile de comprendre la justesse des exigences qui nous sont faites concernant la vénération, le service et l’obéissance absolue aux ordres de Jésus.
C’est une énorme erreur que d’essayer de reléguer Jésus à une position inférieure, et de mettre une abstraction à la place qu’il tenait auparavant. Nous entendons souvent l’expression : « Il y a autant du Christ en moi qu’il y en avait en Jésus. », mais ce n’est pas vrai. Il peut y avoir potentiellement autant du principe divin dans cette personne, mais il n’y en a pas autant en actualité.
C’est dans la mesure où les principes et les pouvoirs qui constituent le Christos, le Fils de Dieu, sont développés dans un être humain qu’il est lui-même devenu un Christ, un Sauveur, et qu’il est digne du même genre d’amour et de vénération. Mais nous ne devons pas oublier le fait de la perfection mathématique de l’action de toute loi naturelle. Si nous n’occupons pas de droit divin une position particulière dans l’échelle cosmique de toute la vie manifestée, les forces et les principes qui sont particulièrement actifs dans cette position ou cet état ne peuvent pas agir sur nous aussi puissamment qu’elles peuvent le faire sur la personne qui a atteint cette position karmique. Par conséquent, nous ne pouvons pas autant mériter l’amour, le service et le respect de ceux qui sont karmiquement dans des positions inférieures sur la même échelle. Ce ne serait pas en ce cas une question de valeur potentielle, mais de valeur en actualité. Ce n’est pas non plus une question de compétence ou de manque de compétence en ce qui concerne les forces et les principes cosmiques reliés à la position. La première considération est la position elle-même.
Dieu ne peut pas, pourrait-on dire, faire fleurir l’humanité d’un seul coup. C’est feuille par feuille, pétale par pétale, que le bouton divin produit par la loi s’entrouvre. Le Maître Jésus était un des pétales, qu’un aspect de la loi cosmique, en conjonction avec ses efforts individuels, avait libéré des contraintes imposées par un autre aspect de la même loi, avant les autres pétales fermés de ce bouton. C’est ce simple acte qui avait rendu possible l’ouverture du reste des pétales. En effet, aussi longtemps que le premier pétale demeure fermé, le bouton ne peut pas s’ouvrir parfaitement. Si tout autre pétale devait s’ouvrir avant le premier, la symétrie et la beauté du bouton seraient perdues, et le résultat final serait une monstruosité au lieu d’une fleur parfaite.
L’idée du grand sacrifice généralement associée à Jésus est basée sur de fausses prémisses. Elle s’attache à l’abandon du corps physique, qui n’est qu’un aspect de ce sacrifice. La libération de ce premier pétale – la séparation d’avec le Père – et le cri touchant « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ! » indiquent l’aspect positif de ce grand sacrifice, alors que les mots « Tout est consommé » indiquent l’aspect négatif de ce même sacrifice. Nous ne devons pas perdre de vue le fait que l’accomplissement de ce grand sacrifice n’était pas plus nécessaire au perfectionnement final de Jésus qu’il ne l’est au perfectionnement de tout disciple de la Grande Loge Blanche.
Les étoiles du matin chantent ensemble lors de la naissance d’une âme, tout comme les étoiles du soir pleurent à sa mort. Mais ceci ne se voit que sur les plans intérieurs. La naissance d’une âme sur les plans matériels est, d’une certaine façon, sa mort sur le plan spirituel (c’est-à-dire son obscurcissement temporaire). Mais il est bon que toute la Terre se réjouisse pour commémorer cet événement, parce que dans ces réjouissances, l’âme qui passe de la mort à la vie trouve une grande compensation pour les douleurs qu’elle a supportées. Ceux qui se réjouissent trouveront dans leurs réjouissances la force qui leur permettra d’endurer les souffrances inévitables qui suivent la renonciation finale.
Les pierres de l’autel du sacrifice et les fagots pour le feu sont trouvés et mis en place dans la joie. La victime sacrificielle est attachée et meurt dans la tristesse, mais le feu qui allume les fagots et consume le sacrifice est la force de recuit qui combine l’autel, les fagots et la victime, et élève le résultat, le géant spirituel, jusqu’au trône de puissance, où ni la joie ni la douleur ne peuvent le dominer – où le service, et le service seul, est sa vie. C’est alors, et seulement alors, que l’âme de l’homme découvre le but de la vie et réalise sa propre divinité, c’est seulement alors que « la mort a été engloutie par la victoire1 » et que la Loi est accomplie dans l’amour parfait.
«Réjouissez-vous, enfants de la Terre, parce qu’aujourd’hui est né parmi vous un roi », un «prince de la maison de David », ont chanté jadis les Séraphins. Mais vous-même et les vôtres, vous entonnerez ce chant encore et encore dans les jours à venir, et chacun de ces chants vous rapprochera de la réalisation de votre désir le plus élevé.
1 N.D.É. Épîtres de Paul, I Cor. 15 54.
HILARION - Temple 1 - Leçon 71


