LES PLANS DE RÉFLEXION

Je découvre qu’un bon nombre des étudiants les plus récemment arrivés à la science secrète se heurtent à ce qui leur semble des difficultés insurmontables lorsqu’ils tentent de réconcilier le contenu d’un exposé récent avec celui des exposés antérieurs. Dans de nombreux cas, la difficulté est causée par le fait qu’ils comprennent mal le sujet dans son ensemble, ou qu’ils se sont formé une vision imparfaite de l’importance vitale des lois qui gouvernent la réflexion, ainsi que du caractère des substances impliquées dans cette dernière.

Avant de poursuivre mes commentaires sur ce sujet, je désire faire une déclaration catégorique que vous devriez garder en mémoire. Les trois plus élevés des sept plans de manifestation sont incompréhensibles et éternels, hermétiques à toute possibilité de calcul temporel ou de compréhension intellectuelle par un être humain. Donc, en essayant de comprendre les plans, les états de conscience, les lois et tout ce qui s’y rapporte, vous allez sauver un temps et une force mentale précieuse en limitant vos efforts, pour quelque temps encore, à l’étude des quatre plans inférieurs – les plans réfléchis.

Les lois qui gouvernent l’énergie de réflexion sont immuables. C’est l’action de ces lois, qui contrôlent les mêmes forces par lesquelles une forme physique se réfléchit sur une surface polie, qui fait se réfléchir l’énergie potentielle des trois plans supérieurs – la vie spirituelle – d’abord dans l’Akasha, puis dans le plan éthérique, et finalement dans les plans plus grossiers ou matériels. L’Akasha, le plan éthérique et le plan matériel sont tous trois divisés en trois parties principales. Les trois divisions du domaine matériel sont l’Eau, l’Air et la Terre, celles de l’éthérique sont la Lumière, la Chaleur et le Son. L’éther de la science et l’éther réel, le véhicule de l’énergie électrique, constituent les aspects positif et négatif d’une seule substance homogène. Les trois divisions de l’Akasha, en langage ordinaire, sont appelées le plan astral supérieur ou plan de l’âme, le plan du dévachan et le plan du nirvana. Ce sont les trois feux supérieurs dans lesquels et desquels toutes les forces de feu émanent et s’activent, et auxquelles elles retournent finalement.

Le quatrième des sept plans, celui du centre, est une combinaison des trois divisions de l’Akasha. C’est le grand miroir cosmique double, parce qu’il reçoit finalement toutes ses propres réflexions lorsque leur mission est accomplie sur les plans inférieurs, et il les transmute. C’est le plan du Christos en opération, « dans lequel sont toutes choses et par qui toutes choses sont faites1 ». Tout comme la lumière du soleil ou de tout autre corps brillant est essentielle à la réflexion d’un objet ou à la production d’une ombre sur le plan matériel, ainsi une forme supérieure de lumière – l’énergie – est essentielle à la réflexion des potentialités des plans akashiques sur les plans ou états inférieurs ou en eux, et cette lumière est identique à l’amour spirituel – l’amour Christique. Tout comme la lumière du soleil doit être bloquée pour qu’un corps puisse projeter son ombre sur une autre chose ou un autre objet, ainsi la lumière Christique – l’Amour – doit être interceptée, le courant doit être interrompu et coupé du cœur de tout être humain pour démontrer l’action du mal, c’est-à-dire projeter une ombre astrale négative sur l’âme. Notez que la même lumière est nécessaire pour les deux. C’est l’usage qui est fait de cette lumière qui détermine la nature de son action, à savoir si elle se manifestera comme du bien ou comme du mal, de la même façon que l’action libre de l’amour humain, ou son interception comme je viens de le décrire, détermine si cet amour sera une bénédiction ou une malédiction pour celui qui le reçoit et celui qui le donne.

Il est difficile pour un homme moyen de visualiser dans son esprit l’amour comme une forme définie d’énergie qui peut être utilisée de façon positive ou négative, selon le pouvoir et le désir de la volonté humaine, et d’après un code de lois définies, aussi sûrement et aussi scientifiquement que toute forme d’électricité connue par l’homme.

Certains étudiants prétendent que ce qu’on appelle l’amour sexuel n’est aucunement relié à l’amour spirituel – l’amour Christique – ou que l’un est l’antithèse de l’autre. Ici encore, c’est une grave erreur, car c’est l’interception, l’interruption du courant d’amour spirituel par la passion aveugle qui crée l’ombre que l’on appelle amour sexuel (passion). Ce n’est jamais l’amour qui devrait être éliminé pour élever la vibration de l’homme : c’est plutôt la passion qui doit être élevée.

L’amour divin, l’énergie créatrice en action, lorsqu’il est réfléchi sur le plan éthérique, devient le principe actif de la gravitation.

On dit souvent que le Soleil visible génère la chaleur et la lumière. En fait, le Soleil est comme un miroir concave, qui intercepte et rassemble les vibrations éthériques du son, de la chaleur et de la lumière et les renvoie vers le coussin réceptif, c’est-à-dire l’aura de la Terre et des autres planètes de sa chaîne d’évolution. La correspondance entre cette action des forces cosmiques les unes sur les autres et l’influence d’une personne humaine sur une autre est parfaite, parce que les radiations magnétiques d’une aura particulière se réfléchissent sur l’aura des autres, par l’action de la même grande lumière cosmique. Si cette dernière est interceptée par une émanation antagoniste, ce qui aurait dû être, pour l’émetteur et le récepteur, une puissance élévatrice et positive pour le bien, devient une influence perturbatrice et mortelle, c’est-à-dire une ombre, qui bloque le passage de la lumière, et à travers laquelle chacune des deux parties doit regarder l’autre. Par conséquent, il y a de la friction et de la haine là où il devrait y avoir de l’harmonie et du pouvoir.

Un autre point que vous devriez noter et dont vous devriez vous souvenir est le fait de l’inversion de toutes les formes ou forces réfléchies, lorsqu’elles sont projetées sur l’aura de la Terre. Vous remarquerez que dans une forme réfléchie de vous-même, vous êtes face à face avec la forme réfléchie. Vous ne pouvez pas voir votre dos sans l’aide d’un autre miroir. En conséquence, vous ne pouvez pas voir la personnalité entière d’une autre personne en observant l’image réfléchie dans votre esprit, sans l’aide d’un autre réflecteur, c’est-à-dire sans l’énergie claire et pure de l’amour Christique, qui projette une réflexion tellement forte que vous êtes en mesure de percevoir l’être intérieur aussi bien que l’être extérieur de cette personne.

C’est le fait de ne pas être capable de comprendre ces grandes vérités qui cause tellement d’incompréhension des motifs, des pensées et des actions des autres. Vous voyez une caractéristique que votre tournure d’esprit trouve repoussante, et cela produit immédiatement en vous une sensation de haine ou de dégoût, et finalement, une condamnation. Celle-ci intercepte la lumière et produit de profondes ombres qui troublent votre esprit et vous empêchent totalement de voir la chose que vous avez condamnée chez un autre prête à agir chez vous-même – la cause finale de la caractéristique désagréable que vous avez trouvée chez votre frère. En d’autres mots, avant de vous permettre de juger votre frère ou votre sœur, vous devez nettoyer votre propre esprit et vous assurer que les réflexions que l’amour divin projette sur lui ne sont pas bloquées par des ombres de votre propre fabrication. En agissant ainsi, vous deviendrez un véritable réflecteur des vibrations divines.

L’homme paie cher pour chaque occasion que la vie lui offre – pas un iota, pas un sou de moins que la valeur totale de l’occasion. Plus ses exigences sont grandes, plus il y investit de force et d’énergie, plus ce qu’il souhaite obtenir – ou qu’un autre pourrait vouloir tirer – de cette occasion ou d’une autre semblable est important, plus le prix qu’exigera la loi pour l’occasion sera élevé. Si l’homme comprenait mieux cette loi, il serait moins rapide à demander de la grandeur lorsqu’il n’est pas disposé à en payer le prix ou capable de le faire.

En faisant ce commentaire sur les causes et les effets de la réflexion, je désire attirer votre attention sur les leçons précédentes concernant la centralisation. La désobéissance aux lois de la centralisation est la principale cause de la confusion que l’on trouve actuellement dans tous les secteurs de l’activité humaine.

Il est couramment accepté que le rejet d’un facteur dominant dans la vie religieuse, sociale et matérielle pour une raison quelconque, qui est en réalité seulement un sujet de controverse, est une façon désirable et efficiente d’améliorer sa situation.

Ainsi, le meurtre d’un roi impopulaire ou une attaque vicieuse sur les qualités morales ou physiques d’un dirigeant de moindre niveau ou sur le directeur de tout groupe organisé, en agissant sur l’opinion publique, ont pour effet d’enlever définitivement son pouvoir à cet individu (que ce soit mérité ou non). Ces actions, si elles sont faites pour un motif égoïste, se voient sanctionnées par un grand nombre de justifications et d’excuses, et les résultats immédiats semblent souvent les justifier. Mais si on prenait en considération leurs effets ultimes sur les personnes en cause, on verrait que ce raisonnement est incorrect. En effet, peu importe la force ou la faiblesse de la ligne de vie qui descend dans les groupes religieux, nationaux, sociaux ou familiaux, en ce qui concerne cette division naturelle, les forces d’évolution ne peuvent fournir une croissance normale qu’à travers cette seule ligne. Par conséquent, la blessure d’un seul est la blessure de tous.

Le fait que cette vérité ne soit pas reconnue est imputable aux conditions vraiment déplorables qui existent actuellement dans la société et le monde des affaires.

« Il ne pourrait jamais se produire dans la cellule centrale (le noyau) de tout organisme, une condition nuisible aux meilleurs intérêts des autres parties constituantes, si cet organisme avait fourni au noyau le soutien nécessaire pour occuper son poste et remplir ses devoirs. En effet, les lois de la croissance et de la manifestation ne le permettent pas. Ce noyau, s’il n’avait pas été suffisamment fort et suffisamment viril pour supporter et appliquer les forces d’évolution, aurait été détruit à la naissance. S’il a dégénéré par la suite, c’est parce qu’il n’a pas reçu du côté matériel de la vie la nourriture dont il avait besoin. »

L’humanité ne peut pas obtenir et conserver dans un département fonctionnel un dirigeant qui est très en avance sur les autres lignes constituantes. La raison en est sa tendance à négliger ou à détruire ce qu’elle ne peut pas comprendre ou apprécier. Dans ce cas, le même pouvoir qui fait de la cellule centrale le véhicule de transmission des impulsions d’évolution fait aussi de cette cellule une quantité incompréhensible pour la grande majorité, et qu’il faut donc rejeter. Par conséquent, au lieu de supporter et de soutenir ce dirigeant, au sens figuré évidemment, on l’arrache à son poste, on le bat et on le rejette. En fait, il devient le Fils rejeté, le sacrifice.

Si vous comprenez cet énoncé de faits, vous comprendrez que si les membres du Temple veulent être jamais en mesure de constituer le noyau à travers lequel la Grande Loge Blanche pourra atteindre le monde et enseigner la révolution des méthodes actuelles de gouvernement et de vie, ils doivent absolument centraliser leurs efforts.

1 –  N.D.É. Épîtres de Paul, I Cor. 8 6.

HILARION - Temple 1 - Leçon 66
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