ISIS DÉVOILÉE – DEVANT LE VOILE – partie 11

Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Introduction – DEVANT LE VOILE

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MYSTIQUES – Les initiés. Toutefois, au moyen âge, et à des époques ultérieures, ce terme fut appliqué à des personnalités tels que Boehme le Théosophe, Molinos le Quietiste, Nicolas de Bale, etc. qui croyaient à la possibilité d’une communion intérieure et directe avec Dieu, communion analogue à l’inspiration des prophètes.

NABIA – Clairvoyance, divination ; le plus ancien et le plus considéré des phénomènes mystiques ; Nabia est le nom que donne la bible au don de prophétie ; il est, à juste titre, rangé au nombre des pouvoirs spirituels tels que : divinations, visions clairvoyantes, extases, oracles. Alors qu’enchanteurs, devins, astrologues mêmes sont rigoureusement condamnés dans les livres de Moise, le don de prophétie, la voyance et nabia y paraissent être des dons du ciel. Autrefois, on les appelait tous Epoptaï, mot grec signifiant voyants, clairvoyants ; ils furent plus tard désignés sous la dénomination de Nebim, « pluriel de Nebo, dieu babylonien de la sagesse ». Les cabalistes font une distinction entre voyant et magicien l’un étant passif, l’autre actif. Nebirah est celui qui regarde dans l’avenir, c’est le clairvoyant ; Nebi-poel est celui qui possède des pouvoirs magiques. Nous constatons qu’Elie et Apollonius eurent recours aux mêmes procédés pour s’isoler des influences gênantes du monde extérieur ; ils s’enveloppaient la tête d’un châle de laine, sans doute parce que ce tissu est mauvais conducteur de l’électricité.

OCCULTISTE – Celui qui étudie les diverses branches de la science occulte. Le terme est employé par les cabalistes français. (Voir les œuvres d’Eliphas Levi). L’occultisme, embrasse toute la série des phénomènes psychologiques, physiologiques, cosmiques, physiques et spirituels. Il est dérivé du mot occulte caché, secret. Il s’applique par conséquent à l’étude de la Cabale, de l’astrologie, de l’alchimie et de toutes les sciences secrètes.

DIEUX PAIENS – Cette expression de Dieux est faussement comprise par la plus grande partie des lecteurs, comme s’appliquant aux idoles. L’idée qui y est attachée n’est pas celle de quelque chose d’objectif ou d’anthropomorphe. À l’exception des cas où le mot : « dieux » s’applique à des entités planétaires divines (des anges), ou à des esprits désincorporés d’hommes purs, ce mot porte dans l’esprit du mystique, Hotarh Indou, Mage Mazdéen, hiérophante Égyptien, ou disciple des philosophes Grecs – l’idée d’une manifestation visible ou reconnaissable d’une puissance invisible de la nature. Ces diverses puissances occultes sont invoquées sous le nom de divers dieux qui personnifient ces pouvoirs à ce moment-là. C’est ainsi que chacune des innombrables divinités des Panthéons Indou, Égyptien et Grec, est tout simplement une des forces de « l’Univers Invisible ». Lorsque le Brahmane officiant invoque Aditya qui, dans son rôle cosmique est la déesse-soleil, il commande simplement à cette puissance (personnifiée en un dieu) qui, selon lui, « réside dans le Mantra comme Vâch sacrée ». Ces dieux-forces sont allégoriquement envisagés comme les Hotars divins du Suprême, tandis que le prêtre, le Brahmane, est le Hotar humain qui officie sur terre, et représentant cette puissance particulière, il devient une sorte d’ambassadeur, investi des pouvoirs de celui qu’il représente.

PITRIS – On croit généralement que le terme Hindou Pitris s’applique aux esprits de nos ancêtres directs, de personnes désincarnées. De là, l’argument de certains spirites pour qui les fakirs et autres thaumaturges de l’Orient sont des médiums ; les spirites avouent être incapables de produire quelque chose sans le secours des Pitris, dont ils sont les dociles instruments. C’est une erreur à plus d’un point de vue. En premier lieu, les Pitris d’abord ne sont point les ancêtres des hommes actuellement vivants, mais bien ceux du genre humain ou race Adamique ; ce sont les esprits de races humaines qui, sur la vaste échelle de l’évolution descendante, ont précédé nos races d’hommes, et qui, tant au point de vue physique qu’au point de vue spirituel, étaient de beaucoup supérieurs à nos modernes pygmées. Dans le Manava-Dharma-Sastra ils sont appelés les Ancêtres Lunaires.

PYTHIE OU PYTHONISSEWebster écarte très rapidement ce mot en disant que c’était le nom donné à la personne qui rendait les oracles dans le temple de Delphes et à toute femme supposée douée de l’esprit de divination – une sorcière – ce qui n’est ni flatteur, ni exact, ni juste. Une pythie, d’après Plutarque, Jamblique, Lamprias et autres, était une sensitive nerveuse ; elle était choisie jeune et pure dans les classes les plus pauvres. Attachée au temple, dans l’enceinte duquel elle était logée à l’écart de tous, et chez elle n’était admis que le prêtre ou voyant. Elle n’avait aucune communication avec le monde extérieur, et sa vie était plus stricte et plus ascétique que celle des nonnes catholiques. Assise sur un trépied de bronze placé au-dessus d’une fissure du sol à travers laquelle montaient des vapeurs enivrantes, ces exhalaisons souterraines pénétraient tout son organisme et produisaient en elle le délire prophétique. Dans cet état anormal, elle rendait des oracles. Elle était quelquefois appelée ventriloqua vates (43), prophétesse ventriloque.

Les anciens plaçaient l’âme astrale de l’homme ψuγχη, ou sa soi-conscience dans le creux de l’estomac. Les Brahmanes partagent cette croyance, avec Platon et d’autres philosophes. Ainsi, nous trouvons dans le quatrième verset du second Hymne Nabhanedishtha ce qui suit: « Écoutez, ô enfants des dieux (esprits), celui qui parle par son nombril (nâbhâ) car il vous salue dans vos demeures ! »

Bien des Sanscritistes reconnaissent que cette croyance est une des plus anciennes parmi les Hindous. Les fakirs modernes, aussi bien que les anciens gymnosophistes s’unissent à leur Atman, et à la Divinité, en restant immobiles, en concentrant toute leur pensée sur leur nombril. Comme dans les phénomènes somnambuliques modernes, le nombril était regardé comme le « cercle du soleil », le siège de la lumière divine interne (44). Le fait que de nombreux somnambules modernes sont capables de lire des lettres, d’entendre, de sentir et de voir par cette partie du corps, doit-il être  considéré comme une simple coïncidence, ou devons-nous en fin de compte admettre que les sages de l’antiquité en savaient un peu plus que nos modernes Académiciens sur les mystères physiologiques et psychologiques ? Dans la Perse moderne, lorsqu’un « magicien » (souvent tout simplement un magnétiseur), est consulté à propos de vols ou d’autres circonstances embarrassantes, il se fait des manipulations sur le creux de l’estomac et se met ainsi en état de clairvoyance. Des Parsis modernes, remarque un traducteur des Rig vedas, croient encore que leurs adeptes ont dans le nombril, une flamme qui dissipe pour eux toutes ténèbres et leur fait découvrir le monde spirituel aussi bien que les choses invisibles ou éloignées. Ils l’appellent la lampe du Deshtour ou grand-prêtre, la lumière du Dikshita (l’initié) qu’ils désignent encore par une foule de noms.

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