Blavatsky – Isis Dévoilée – Volume 1 – Introduction – DEVANT LE VOILE
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Ce sont ces doctrines qui, étudiées par analogie et d’après le principe de correspondance, amenèrent les anciens et amèneront peut-être aussi, petit à petit, les Philalètes modernes, vers la solution des plus grands mystères. La science moderne est sur le bord du gouffre sombre qui sépare le monde spirituel du monde physique ; les yeux fermés, détournant la tête, elle affirme le gouffre sans fond et infranchissable, alors qu’elle n’aurait qu’à descendre dans ce gouffre la torche qu’elle tient en main pour se rendre compte de son erreur. Mais le disciple patient de la philosophie Hermétique a jeté un pont au-dessus de l’abîme.
Tyndall, dans ses Fragments of Science, fait la triste confession suivante : « Si vous me demandiez si la science a résolu, ou s’il est probable qu’elle puisse résoudre aujourd’hui le problème de l’univers, je me vois forcé d’avouer que j’en doute. » Quand il revient, plus tard, sur cette opinion en assurant à ses auditeurs que la preuve expérimentale l’a amené à découvrir, dans la matière tant décriée, la « promesse et les potentialités de toute vie », il ne faisait que plaisanter. Il serait aussi difficile, pour le professeur Tyndall, de fournir la preuve définitive et irréfutable de ce qu’il avance, qu’il l’était, pour Job, de mettre le harpon dans la gueule du léviathan.
Pour éviter la confusion qui peut résulter du fréquent emploi de certains termes dans un sens différent de celui qui est familier au lecteur, quelques explications seront utiles. Nous désirons ne laisser aucun prétexte à malentendus ou à fausses interprétations. La Magie peut avoir une signification pour une classe de lecteurs et une autre pour ceux d’une autre classe. Nous lui donnerons donc le sens qu’elle a dans l’esprit de ceux qui l’étudient et la pratiquent en Orient. Il en sera de même des termes Science-Hermétique, Occultisme, Hiérophante, Adepte, Sorcier, etc., sur la signification desquels on est peu d’accord depuis quelque temps. Quoique les distinctions entre les termes soient très souvent insignifiantes – purement ethniques – il peut néanmoins être utile, pour le lecteur en général, de savoir au juste en quoi elles consistent. Nous en donnons donc quelques-unes par ordre alphabétique.
AETHROBATIE – ALCHIMISTES – LUMIÈRE ASTRALE – AKASA – ANTHROPOLOGIE – CHALDEEENS OU KASDIM – CRÉATION – DACTYLES – DÆMONS – DÉMIURGE OU DEMIURGOS – DERVICHES – DRUIDES – ESPRIT – ESPRITS ELEMENTAUX – ESPRITS ELEMENTAIRES – ESSÉNIENS – ÉVOLUTION – FAKIRS – HERMÉTISTES – HIEROPHANTE – INITIES – CABALISTES – LAMAS – MAGE – MAGICIEN – MANTIQUE – MANTRA – MARABOUT – MATÉRIALISATION – MAZDÉENS – MÉTEMPSYCHOSE – MYSTÈRES – MYSTIQUES – NABIA – OCCULTISTE – DIEUX PAÏENS – PITRIS – PYTHIE OU PYTHONISSE – SAMOTHRACES – SAMANEENS OU CHAMANS – SOMA – THÉOSOPHES – THÉURGISTES – YAJNA –
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AETHROBATIE est le mot grec qui désigne le fait d’être soulevé ou de se mouvoir dans l’air ; ce que les spirites modernes nomment lévitation. Elle peut être consciente ou inconsciente. Dans le premier cas, c’est de la magie ; dans le second, c’est le résultat d’une maladie ou d’un pouvoir qui nécessite quelques mots d’explication.
Une explication symbolique de l’aéthrobatie est donnée dans un vieux manuscrit Syriaque, traduit au XVème siècle par un alchimiste nommé Malchus. Au sujet du cas de Simon le Magicien, on lit :
« Simon prosterné face contre terre murmura à son oreille : Ô terre, ma mère, donne-moi, je te prie, un peu de ton souffle et je te donnerai le mien ; « libère-moi, ô mère, pour porter tes paroles aux étoiles, et je reviendrai fidèlement vers toi ». Et la Terre concentrant son énergie sans qu’elle eût à en souffrir, envoya son Génie insuffler de son souffle à Simon, pendant qu’il lui donnait du sien ; et les étoiles se réjouirent d’être visitées par le Puissant. »
Ici, le point de départ est le principe électro-chimique, d’après lequel les corps semblablement électrisés, se repoussent mutuellement, tandis que ceux électrisés différemment s’attirent. « La notion la plus élémentaire de la chimie, dit le professeur Cooke, montre que, tandis que des radicaux de nature opposée se combinent avec avidité, deux métaux ou deux métalloïdes proches ne montrent que très peu d’affinité l’un pour l’autre. »
En fait, la terre est un corps magnétique ; ainsi que plusieurs savants l’ont constaté, elle est un vaste aimant, comme l’affirmait Paracelse il y a trois cents ans. Elle est chargée d’une forme d’électricité – (appelons-la positive) – qu’elle développe continuellement par une action spontanée dans sa partie intérieure ou centre de mouvement. Les corps humains, comme toutes les autres formes de matière, sont chargés de l’autre électricité (négative). C’est-à-dire que les corps organiques et inorganiques, abandonnés à eux-mêmes, se chargent constamment et involontairement et dégagent l’électricité de nom contraire à celle de la terre elle-même. Or, qu’est-ce que le poids ? Simplement la force d’attraction de la terre. « Sans l’attraction de la terre, vous n’aurez point de poids », dit le professeur Stewart (30), et si vous aviez une terre deux fois plus lourde, l’attraction serait double. » Comment se soustraire à cette attraction ? D’après la loi mentionnée plus haut, il y a une attraction entre notre planète et les organismes terrestres, qui retiennent ces derniers à sa surface. Mais la loi de gravitation a été contrariée dans bien des cas, par des lévitations de personnes ou d’objets inanimés. Comment l’expliquer ? Les conditions de notre organisme physique, disent les philosophes théurgistes, dépendent largement de l’action de notre volonté. Bien réglée, elle peut produire « des miracles », et, entre autres, un changement de cette polarité électrique, en transformant par exemple l’électricité négative en positive. Dès lors, les relations de l’homme avec la terre-aimant, d’attractives deviennent répulsives, et la gravitation cesse pour lui. Il devient, par conséquent, aussi naturel, pour l’homme, de s’élever dans les airs, autant que dure cette force répulsive, que ce l’était auparavant de demeurer rivé au sol. La hauteur de sa lévitation, dans ces conditions, sera proportionnelle à la plus ou moins grande faculté qu’il possède de charger son corps d’électricité positive. Ce pouvoir d’agir ainsi sur les forces physiques une fois acquise, la modification de son poids serait aussi facile que de respirer.
L’étude des affections nerveuses a permis de constater que, même dans le cas de somnambulisme ordinaire, aussi bien que dans les phénomènes de somnambulisme provoqué, le poids du corps paraît diminué. Le professeur Perty fait mention d’un Somnambule, Koehler, qui, étant dans l’eau, ne pouvait point s’enfoncer, mais flottait. La voyante de Prevorst s’élevait à la surface de son bain, et ne pouvait y être maintenue assise. Il parle aussi d’Anna Fleisher, qui, étant sujette à des attaques d’épilepsie, fut souvent vue par le surintendant de l’établissement s’élevant dans l’air ; une fois, en présence de deux témoins dignes de foi (deux doyens), elle s’éleva à une hauteur de plus de deux mètres au-dessus de son lit, dans une position horizontale. Un cas analogue, celui de Marguerite Rule, est cité par Upham, dans son « History of Salem Zvitchcraft (31) » « Chez des sujets extatiques, ajoute le professeur Perty, l’élévation dans l’air a lieu beaucoup plus fréquemment que chez les somnambules. Nous sommes si habitués à considérer la gravitation comme quelque chose d’absolu et d’immuable, que l’idée d’un soulèvement complet ou partiel, en opposition avec cette loi, paraît inadmissible ; néanmoins, il y a des phénomènes où la gravitation est surmontée au moyen de forces matérielles. Dans plusieurs maladies, comme, par exemple, la fièvre nerveuse, le poids du corps humain semble augmenter, tandis que, dans tous les cas des extatiques, il paraît être diminué. Il peut y avoir, de même, d’autres forces que matérielles pour contrecarrer cette puissance.
Un journal de Madrid, El Criterio Espiritista, d’une date récente, rapporte le cas d’une jeune paysanne, près de Santiago, qui offre un intérêt tout spécial à ce propos. « Deux barres de fer aimanté, tenues horizontalement au-dessus d’elle à un demi-mètre de distance, suffisaient à tenir son corps suspendu en l’air. »
Si nos médecins expérimentaient sur de tels sujets lévités, ils les trouveraient fortement chargés de fluide électrique de même nature que celui du lieu qui, suivant la loi de la pesanteur, devrait les attirer ou plutôt empêcher leur lévitation. Si quelques cas de désordres physiques nerveux, aussi bien que l’extase spirituelle, produisent sur le sujet ces mêmes effets inconsciemment, cela prouve que si cette force dans la nature était convenablement étudiée, elle pourrait être réglée à volonté.
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