À ceux qui croient avoir percé les mystères de l’univers, qui vivent sans problèmes, qui ont défini, à leur propre satisfaction, les limites de toute matière, force et conscience ; à ceux qui ont brûlé, par caprice et par cruauté, l’éther vital qui coule dans les extrémités des nerfs sensitifs et reparaît – sans son enveloppe – dans les véhicules éthériques sensoriels correspondants des corps astraux d’êtres humains normalement développés ; à ceux-là, je n’ai rien à dire. Mais pour les éclairés, ceux qui ont été touchés par l’inspiration divine de la connaissance, et pour ceux qui cherchent humblement les clés des mystères qui se présentent à eux de toutes parts – pour ceux-là j’essaierai, encore et encore, de déplier quelques feuilles du grand livre de l’existence. Aucune de ces pages ne contient de renseignements d’un plus grand intérêt, d’une plus profonde vérité que celle sur laquelle sont couchés les récits de l’action tragique de certaines forces éthériques incarnées, qui habitent le plan de la forme-désir, sur l’intellect de l’homme incarné. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les démentis inconsidérés et méprisants sur la réalité des phénomènes psychiques, ainsi que pour les disciples têtus et désobéissants des premiers degrés de l’occultisme, qui se moquent des mises en garde pressantes des Initiés de la Grande Loge Blanche, ou y désobéissent, quand on les prévient de se garder des pratiques défendues de Magie Noire comme les séances de spiritisme, la nécromancie, la magie rituelle, etc.
Actuellement, comme dans les périodes correspondantes des civilisations passées, on a vu apparaître un type d’aventuriers qui ont jeté, et jettent encore, le discrédit sur certains aspects de la Religion-Sagesse au moyen des soi-disant recherches de ses adeptes et de leurs expérimentations irréfléchies sur les mystères de la nature, qu’ils sont absolument incapables de saisir. S’ils sont en mesure de comprendre intellectuellement ces mystères, ils sont trop grossiers ou immoraux pour établir les corrélations spirituelles et mentales qui seules pourraient leur donner la véritable clé des mystères. Ils pénètrent donc dans des lieux interdits et exposent à la vue les squelettes pourrissants, les débris et les déchets des laboratoires de la nature, et les remettent à des parraineurs égoïstes et curieux en les faisant passer pour des révélations véridiques de vie spirituelle et de pouvoir.
Tous les exposés, tous les efforts pour amener ces personnes à juger selon le bon sens, toute action menant à briser la coupe du vin de la vie, à rire de l’intellect, résultant de la désobéissance à la loi divine, ne font qu’apporter à une certaine catégorie de gens mondains davantage d’objets de critique satirique et de ridicule insipide. Ces gens ne saisissent pas la terrible tragédie qui sous-tend toute manifestation de ce genre, une tragédie à laquelle ils sont plus intimement liés qu’ils ne pourraient le croire. S’ils étaient capables de la comprendre, ils en frissonneraient d’horreur. Tous ces crimes contre la loi divine sont principalement imputables à leur encouragement irréfléchi et à leurs caprices, ainsi qu’à leur soutien de ceux qui, au début de cette mode, ont commis ces crimes contre le Saint-Esprit.
Dans le but de passer une heure de loisir dans un passe-temps excitant, de fouiller dans les choses cachées pour obtenir un tuyau pour une course de chevaux, pour satisfaire un désir lubrique, pour obtenir un renseignement pour la Bourse, on mobilise, en privé et en public, des diseurs de bonne aventure, des spiritualistes, des hypnotiseurs et d’autres coquilles d’âmes humaines dégénérées. Ceci a pour effet de dégrader et de corrompre les esprits d’âmes plus faibles qui se battaient de leur mieux pour rester à flot dans le monde des choses et pour gagner leur vie pour eux-mêmes et pour leur famille. Il n’est donc pas étonnant de voir qu’ils ont profité de ce qui semblait être une manière facile d’y arriver, en utilisant leurs pouvoirs psychiques à demi développés, à l’exemple de ceux qu’ils avaient appris à imiter. Ils ne réalisaient pas que lorsqu’ils seraient découverts dans leurs efforts mal déguisés d’exploiter leurs frères humains, ils deviendraient eux-mêmes des objets de mépris et de ridicule aux yeux des véritables responsables de leur chute. Les deux ont commis une grande faute, et leur punition sera également grande. Un peu d’étude attentive des principes de la Religion-Sagesse – la Magie Blanche – donnerait à tous ceux dont nous venons de parler l’occasion d’établir avec justesse la cause autant que l’effet de ces catastrophes, et éveillerait une tendre sympathie dans des cœurs qui ne sont pas brûlés par l’égocentrisme.
Aucun être humain ne peut passer d’un des extrêmes de la vie à l’autre. Il faut une longue période de temps et l’action de grands pouvoirs psychiques et mentaux pour transformer un saint en pécheur et vice versa. Tout voyant pourrait vous dire qu’au début de sa carrière de médium, son cœur était rempli de désirs saints et d’images d’amour, de générosité et d’altruisme à l’égard de toute la race humaine. Et cela serait vrai. En effet, le pouvoir qui est leur don – ou leur malédiction, – ils l’ont gagné grâce à des aspirations et des efforts dans la ligne du bien.
Les idées orthodoxes du ciel et de l’enfer sont responsables de la chute d’un grand nombre de voyants. Leurs esprits ont été saturés de la croyance que tout état de vie qui produit ou reproduit les choses que leurs instincts mortels désiraient – la gratification des désirs sensuels et sexuels – doit nécessairement appartenir au ciel, et que tout ce qu’ils détestaient ou craignaient, à l’enfer. Ils ne se sont pas arrêtés à réfléchir qu’il pourrait y avoir des plans intermédiaires de vie dans lesquels seraient représentées les principales formes de ce que sont ou pourraient être les plaisirs terrestres et la satisfaction des sens ; des images remplies de vitalité ; des formes incarnées, qui n’existent que comme forces inconscientes, et seulement aussi longtemps que leur énergie inhérente dure, mais qui, tant qu’il leur reste de cette énergie, sont soumises aux demandes et aux appels de ceux qui peuvent contrôler leurs mouvements. Lorsque la volonté de leur maître a été satisfaite et son énergie retirée, ces formes sont abandonnées dans l’astral où elles ne font que flotter de-ci de-là, et elles utilisent souvent la sphère de l’intellect des hommes incarnés comme terrain de jeu. Ces étudiants pourraient également apprendre qu’il existe un nombre incalculable de déchets humains, qui ont quitté la vie physique par le suicide, le meurtre et la mort violente, qui demeurent enragés face à leurs tentatives futiles de gratifier leurs désirs personnels et qui dépendent entièrement de médiums incarnés pour gratifier ces désirs. Ils murmurent, ils murmurent sans cesse dans l’oreille d’une personne faible : « Fais ceci, et tu auras la puissance et la richesse. », ou « Fais cela, et tu posséderas tous les royaumes de la terre. » C’est la vieille histoire qui est pourtant toujours nouvelle. Et finalement, ces étudiants apprendraient avec quelle subtilité et avec quelle persistance ces malheureuses victimes ont été tentées et poussées à commettre les actions que leur âme détestait au début de leur développement psychique.
Comment pourrait-il y avoir autre chose que de la pitié dans les cœurs de ceux qui sont vraiment grands et bons pour de misérables humains comme ceux que je viens de décrire ?
Comment pourrait-il y avoir autre chose que de la compassion et une pitié profonde dans les cœurs de «ceux qui savent » pour toutes les personnes en cause, pour le tentateur et le tenté, pour toutes les victimes de la plus grande de toutes les tragédies. Ah ! vous ne savez pas ce que vous faites, conducteurs aveugles des aveugles, vous, administrateurs de la loi humaine, qui vous gardez vous-mêmes volontairement ignorants. Puisse la miséricorde infinie vous couvrir tous des ailes d’un grand Aigle.
HILARION - Temple 1 - Leçon 52


