Il existe malheureusement un étudiant occasionnel de l’occultisme qui a développé tellement de préjugés vis-à-vis de la Bible, ou vis-à-vis d’une bonne partie de son contenu, qu’il en est devenu incapable d’apprécier le fait que certaines des vérités les plus importantes et les plus fondamentales de la Religion-Sagesse peuvent y être trouvées, cachées sous différentes formes de langage. Parmi ces vérités fondamentales, il en est une qui est en relation avec la « Guérison divine ». Les étudiants de la Bible s’y réfèrent fréquemment comme à l’un des dons du Saint-Esprit.
L’électricité cosmique et Fohat sont pratiquement semblables, et Fohat et le Saint-Esprit sont identiques dans leur action, bien que cela puisse sembler blasphématoire à bon nombre de personnes.
Les fils de Fohat sont le son, la lumière, la flamme, le magnétisme (la chaleur), l’attraction, la répulsion et la cohésion. En dernière analyse, les dons du Saint-Esprit sont les énergies cosmiques mentionnées plus haut, et le magnétisme est le pouvoir qu’utilisent les moyens occultes pour guérir. La guérison dépend de la capacité du praticien d’élever la vibration de l’organe malade ou de la partie du corps affectée au moyen du fluide magnétique qui se trouve en lui et dans son patient. L’augmentation des vibrations permet aux cellules malades d’attirer le pouvoir positif des élémentaux constructeurs, ou la force vitale (Jiva), et de repousser le pouvoir négatif des élémentaux destructeurs de la même force vitale, et ainsi guérir la maladie. C’est un processus similaire à l’utilisation de la puissance électrique pour démarrer un moteur à essence. L’être humain, qui s’est allié aux forces élémentales positives constructrices de vie par un effort persistant et une vie normale, peut devenir capable de diriger consciemment l’énergie magnétique vers une partie définie du corps d’une autre personne et utiliser sa force vitale pour y élever le niveau des cellules endormies. Il peut mettre cette énergie en action par la prononciation d’une formule de mots (sons) et par la volonté, et aider ainsi à chasser les élémentaux nuisibles de l’organe malade. Mais, si lui ou son patient ne savent pas comment ni où diriger ces forces élémentales qui ont été chassées, ces dernières pourront regagner à nouveau le corps d’où elles ont été expulsées, mais avec une fureur considérablement accrue. Et, ce qui est infiniment pire, s’il ne connaît pas le karma de l’âme habitant le corps auquel il a apporté son aide pour se débarrasser des dits élémentaux, ni la cause fondamentale dont souffre ce dernier, le mal qu’il peut faire à la fois à sa propre âme et à celle du patient peut être plus grand que le bien suscité dans le corps. Il est juste de dire que « les idiots se précipitent là où les anges craignent d’aller ».
D’une manière générale, les guérisseurs de la Science chrétienne et de la Science mentale fondent le pouvoir de leurs actes de guérison sur les exemples donnés par le Maître Jésus. Mais, ces guérisseurs ne prêtent pas attention à ce qui est consigné dans le récit où Jésus chasse les « démons » – les élémentaux – qui affligeaient un malade vers un troupeau de porcs, pas plus qu’ils ne perçoivent dans ce récit la nécessité de faire quelque chose d’équivalent avant de soigner quelqu’un. Ils ne prétendent pas non plus tenir compte de la question posée par les disciples de Jésus, « Qui a péché, cet homme ou ses parents ? », lorsqu’on sollicite leur volonté pour guérir un malade. Cette question, dans la bouche des disciples de Jésus, montre pleinement leur croyance dans le karma et la réincarnation. De la réponse reçue semblait dépendre leur pouvoir ou volonté de guérir, parce qu’il faut se souvenir que Jésus avait enseigné les secrets de l’occultisme à ses disciples.
Tout disciple sincère a parfaitement le droit de prier, d’étendre ses mains au-dessus d’un malade, ou de procéder autrement pour donner des soins. Ce faisant, il s’aligne avec les forces spirituelles ou les êtres qui peuvent l’utiliser comme véhicule afin d’éveiller les forces constructives ou de guérison chez le patient, à la condition qu’il fasse précéder son action d’un élan d’aspiration et d’un acte de renonciation, lesquels soumettront entièrement sa volonté à la Volonté divine. Sa responsabilité personnelle sera ainsi limitée. Dans un cas semblable, il n’a rien à gagner en retour qui soit de nature égoïste et est ainsi indifférent aux résultats de son action, dans le sens le plus élevé du terme. Il ne peut connaître les causes réelles de la maladie ou de la guérison, pas plus qu’il ne peut accepter de paiement pour ce service, ni essayer consciemment de chasser ou de disperser les forces élémentales qui sont les causes de cette maladie sans savoir comment en disposer. Celui qui ignore complètement ou défie les effets karmiques d’une action semblable n’est pas loin de pratiquer la magie noire.
Dans des conditions appropriées, et si elle est formée pour un service de ce genre, toute personne est parfaitement libre d’utiliser les remèdes qu’offre la nature pour soigner la maladie, parce que ces remèdes et les corps physiques traités appartiennent au même plan de vie ou états de matière grossière. Les forces élémentales constructrices ou destructrices qui ont produit à la fois les remèdes et les corps physiques appartiennent à des degrés de vie similaires à ceux qui ont causé la maladie. Elles agissent et réagissent sur les mêmes plans de vie. Ce ne sont pas, comme on les appelle souvent, des « forces spirituelles » et, par conséquent, le résultat karmique de leur utilisation est complètement différent.
La culpabilité de l’homme réside dans son ignorance du bon ou du mauvais usage des forces spirituelles à des fins matérielles. D’une manière générale, l’homme moyen ignore totalement les effets secondaires de ces méthodes. Un Maître serait capable d’utiliser ses forces spirituelles pour obtenir de justes résultats, parce qu’il sait exactement dans quelles limites il peut le faire en toute sécurité, à la fois pour lui-même et pour les autres. Mais, aucun Maître ne permettrait qu’on lui fasse une publicité de « guérisseur divin ». S’il utilise son pouvoir, c’est parce que lui-même et son patient appartiennent à la même âme de groupe, et qu’il a été consciemment ou inconsciemment dirigé vers ce patient pour le règlement de quelque dette karmique équivalente. Il a par conséquent le droit d’utiliser son pouvoir si les conditions et les circonstances le justifient.
Si la vie a permis qu’il y ait des qualités de la nature humaine qui ne peuvent être maîtrisées que par le chagrin et la souffrance, et qu’un réel besoin existe d’inhiber ces qualités afin de permettre à l’évolution de s’effectuer sur des lignes supérieures, il ne devrait pas être difficile de comprendre qu’une prescience divine est nécessaire afin de déterminer, pour chaque cas particulier, dans quelles proportions il est justifiable de réduire les souffrances ou encore de guérir une maladie. L’apparente nécessité actuelle de souffrir n’entre pas non plus en conflit avec la nécessité encore supérieure de cultiver la compassion et toutes les béatitudes. La première est transitoire, les dernières sont éternelles.
Lorsque tout a été dit, la règle fondamentale de l’occultisme, « Faites la chose juste au moment opportun et au bon endroit », s’applique à la guérison comme à toute autre forme d’action.
HILARION - Temple 2 - Leçon 181


