Le Pouvoir, l’Amour, la Justice et la Miséricorde, généralement considérés comme des attributs de Dieu, sont, en dernière analyse, des réflexions de la Trinité Divine et des forces qui en émanent. L’homme a le droit de réclamer et de saisir ces forces et toutes les autres forces qui proviennent de la même source, et de les utiliser pour son propre développement. Cependant, ce droit n’existe qu’en vertu de sa relation avec tous les autres hommes. Son désir de croissance personnelle doit être asservi à un désir que tous les autres hommes en obtiennent autant. Sinon, son désir est purement égoïste, et son droit de rechercher et de saisir ces forces devient alors discutable à tout le moins. Que nous considérions Dieu comme une personnalité, un Jéhovah, ou une grande puissance évolutive, Il est le Père-Mère, le Créateur et le Conservateur de tous les atomes manifestés.
La Loi des Correspondances est une des lois les plus exactes de la vie universelle. Tous les atomes de force, de substance et de matière renferment, potentiellement ou activement, la capacité de produire tout ce qui a été ou peut être produit par chacun des autres atomes. Tout rassemblement fortuit d’atomes, de même que tout événement qui se produit sur un plan quelconque d’existence, causera directement la manifestation d’un rassemblement similaire d’atomes ou d’événements, non seulement sur tous les autres plans, mais aussi dans toutes les divisions de force, de substance et de matière sur tous les plans qui sont en vibration synchrone avec l’accord dominant de ces atomes ou événements.
Lorsqu’on enseigne la Loi des Correspondances, plus l’exemple employé est simple, plus les étudiants ont de chances de comprendre. En effet, l’esprit de l’étudiant occidental s’embrouille lorsqu’on le force à emprunter des modes de pensée qui ne lui sont pas familiers, comme la métaphysique abstraite. Lorsqu’on tente d’expliquer l’action de la loi, il devient incapable de saisir la correspondance entre celle-ci et les signes et les sons familiers des phénomènes naturels. Le mystique oriental, pour sa part, comprendrait facilement, parce que l’action de la loi et la substance active lui sont parfaitement familières.
Dans ce domaine de recherche, comme dans tous les autres, nous observons l’action des pôles positif et négatif de la vie. Si nous gardons ce concept en tête, il est plus facile de comprendre le sujet à l’étude.
La meilleure façon peut-être de montrer les droits que l’homme détient sur toutes choses, de même que les soins dont celui qu’on appelle Dieu entoure probablement sa progéniture par l’action de sa volonté divine sur les forces évolutives de la vie, serait de considérer les comportements probables d’un père et d’une mère ordinaires envers leurs enfants. Dans cette analogie, nous trouvons une des correspondances les plus parfaites avec les actions de Dieu dans et envers ses créatures. Des parents ordinaires ne considéreront jamais leurs biens comme leur appartenant à eux seuls ; tout ce qu’ils ont, tout ce qu’ils sont est à la disposition de leurs enfants, si ceux-ci en font un bon usage. Ils accèdent automatiquement à toutes leurs demandes pourvu qu’elles soient justes. Ces parents ne penseraient pas à priver leurs enfants du gîte et du couvert, de vêtements ou d’éducation avant que ceux-ci ne soient parfaitement aptes à subvenir à leurs besoins. Même à ce moment-là, l’Amour qui les a mis au monde et les a soutenus, l’Amour qui est la réalisation de toute loi, les envelopperait éternellement, car l’amour ne peut mourir.
Un parent serait dans son droit de reprocher à un enfant de s’affamer volontairement s’il avait dû s’absenter et que l’enfant pouvait atteindre la boîte à pain ; ou si le parent s’était caché pour voir comment l’enfant s’y prendrait pour couper la miche, ou s’il en grignoterait un peu et jetterait le reste, au lieu de le donner à un enfant affamé. L’enfant serait tout à fait dans son droit de prendre le pain dans ces circonstances, ou à tout le moins d’en prendre assez pour satisfaire sa faim. Il n’aurait toutefois pas le droit d’en prendre plus que nécessaire, par négligence ou intentionnellement, s’il pouvait ainsi priver un autre enfant de sa part légitime, ou, en mangeant trop, se rendre malade. Dans ce cas, l’action bienfaisante de la loi se ferait sentir, soit que les parents lui infligeraient une punition appropriée ou qu’il souffrirait d’avoir trop mangé. D’une façon ou d’une autre, l’expérience acquise serait bénéfique.
Un enfant de Dieu – le résultat vivant de l’action des forces évolutives sous forme humaine – dont l’âme est avide de tout pouvoir ou toute force particulière qui appartient à Dieu ou qui en fait partie, a parfaitement droit à cette force ou à ce pouvoir, s’il a acquis la capacité de l’obtenir et de le garder, même si le visage de son Père semble détourné de lui. Mais sa première tâche est d’acquérir cette capacité. À cette fin, il doit d’abord faire ce que ferait un enfant humain qui a faim et dont les parents sont à portée de voix, c’est-à-dire demander, exiger, se concentrer ou prier pour recevoir la capacité de saisir le pouvoir ou la force nécessaire. Il existe de nombreuses formes de demande – de prière – mais la plus efficace est sans conteste d’obéir parfaitement aux lois établies, de développer, par le sacrifice de soi, la volonté inhérente qui domine la personnalité de tout homme, et d’unir cette volonté personnelle au moteur de la volonté toute-puissante de Dieu.
Il vous paraît insignifiant que vos actions rendent un autre homme à moitié fou parce que vous avez profité de son ignorance ou de sa faiblesse pour vous enrichir, ou seulement pour vous amuser, vous faire plaisir ou vous venger. L’incident vous sort rapidement de l’esprit ; vous ne connaissez pas les effets intérieurs de votre action. Vous ne pouvez pas voir que vous avez changé la couleur de vos auras – la vôtre et celle de votre adversaire. Il est possible que peu de temps après, vous commenciez à ressentir une grande faim et une grande insatisfaction de l’âme, et que vous vous mettiez à chercher quelque chose pour apaiser cette faim. Peut-être trouverez-vous à redire sur l’instructeur qui tente de vous indiquer le sentier du pouvoir et de la croissance, ignorant ou négligeant le fait que le changement de couleur et de vibration de votre aura a placé votre moi dans une vibration étrangère pour lui. Cette nouvelle couleur ne s’accorde pas avec les couleurs dominantes de votre état normal ni avec les couleurs manifestées du Rayon qui est, d’une certaine façon, votre Père-Mère. Je ne cite l’effet de cette action possible que pour démontrer l’effet probable de la désobéissance à la loi de la fraternité et pour accentuer la nécessité pour le chéla d’obéir à toutes les lois établies, s’il tient à acquérir la capacité de saisir et de conserver les forces qui gouvernent l’univers et qui lui appartiennent de droit.
Qu’il suive le sentier de la main droite ou de la main gauche, un Maître a acquis tous ses pouvoirs en obéissant aux lois que j’ai mentionnées. Que le Maître de la main gauche soit tombé de hauteurs que vous êtes loin d’avoir encore atteintes et qu’il possède toujours une part du pouvoir qu’il a acquis dans des ères passées n’affecte en rien la vérité de mes propos.
HILARION - Temple 1 - Leçon 41


