L’UNIVERS EN ÉVOLUTION

« Des cieux on combattit. De leurs sentiers, les étoiles combattirent contre Sisera.1 »

Les étoiles sont les notes de force harmonieuses jouées sur le clavier cosmique de la vie. L’harmonie persistante éteint la discorde ou convertit la discorde – qui est chaos – en ordre. « Une seule suffira à en faire fuir mille » et un rayon de vraie lumière transforme le chaos – quel que soit le plan où il se situe – en autant de formes d’harmonie ou de vie véritables.

L’univers, dans toutes ses sphères, est éclairé par l’amour radieux de Dieu – cet Amour qui est Lumière et Vie. Et la douce lumière d’amour des vies étoilées qui touche délicatement la Terre, ère après ère, porte des courants de forces inouïes pour aider au travail d’évolution du monde.

L’interdépendance de tous les mondes, êtres et atomes est la loi de la nature, intérieure et extérieure. Rien ne peut-être extérieur à l’univers, lequel est un seul tout interdépendant, actions et interactions se produisant continuellement entre toutes ses parties, de la molécule au soleil, du plus minuscule protozoaire à Dieu – jusqu’à ce que, dans le plan divin, le « grand équilibre » soit à nouveau atteint au sein de l’Amour infini.

Sisera, dont il est question dans le « Livre des Juges » de la Bible, illustre un certain type de bureaucratie ou des chinoiseries administratives – l’instrument dont se sert le pouvoir égoïste pour opprimer –, la griffe de la bête, toujours rouge du sang du peuple. Si « des cieux on combattit », c’est que les forces de la vérité, de l’ordre et de la vertu s’étaient liguées contre tout ce que Sisera, le capitaine des hordes, représentait. Et les étoiles elles-mêmes étaient des canaux pour les forces envoyées par les sphères intérieures.

L’un de ceux qui savent a dit fort à propos, au sujet de l’ère actuelle, que « même les étoiles dans leur course rassemblent leurs forces pour la destruction de ce monde, à moins que son peuple ne puisse être purifié et élevé ». Il peut être intéressant de regarder comment l’élévation des gens peut sauver la planète ou détourner les catastrophes.

Des crises, sinon des cataclysmes, se produisent à intervalles réguliers dans la vie d’un homme et des mondes. La naissance et la croissance d’une planète et d’un être humain sont soumises aux mêmes lois correspondantes.

Dans l’utérus, l’embryon humain passe par tous les changements évolutifs que la matière a connus depuis que la vie organique a fait son apparition sur Terre. En d’autres mots, la matière et la force, par une longue utilisation et, pour ainsi dire, à force d’entraînement, sont devenues si marquées et adaptables que la tâche que la nature – par étapes évolutives et de nombreux échecs – a mis des centaines de milliers d’années à accomplir peut maintenant être faite à l’intérieur d’un petit cycle de huit ou neuf mois.

À différents stades du développement de l’embryon humain, certaines conditions ou crises marquées surviennent, correspondant aux stades critiques apparus il y a des éons dans la carrière évolutive des premières races-racines de la Terre, et dont l’homme est le point culminant actuel. Ainsi à certains stades de son développement embryonnaire, l’être humain adopte la ressemblance extérieure de divers types d’animaux inférieurs. Puis vient le stade bisexuel des races-racines de la cosmogonie occulte – avec la fusion finale, déterminée par une qualité prépondérante, en un sexe ou l’autre.

Le développement naturel et normal de l’embryon en un type humain plus évolué dépend de sa capacité de recevoir et d’assimiler de façon naturelle les forces de vie qui lui sont fournies. L’incapacité de recevoir et d’assimiler adéquatement a pour conséquence des défauts congénitaux, des anomalies ou même la production d’une monstruosité si cela va assez loin. La Terre et ses peuples sont assujettis à ces mêmes lois de la croissance et du développement.

L’humanité n’est pas encore née. Elle est en train de naître. Elle est en gestation dans la matrice de la matière, moulée dans le creuset de l’expérience par les succès et les échecs, par le plaisir et la douleur.

La Terre, aussi bien que l’humanité qu’elle porte, est une entité qui évolue. À certaines périodes cycliques, elle reçoit un déversement plus important qu’à l’habitude de forces d’évolution en provenance du Soleil et des autres grands centres cosmiques. Au cours de son effort pour assimiler ces forces et s’y ajuster, des perturbations, sismiques ou autres, sont inévitables. L’humanité est affectée mentalement, moralement et physiquement en raison des vibrations différentes qui en résultent. Les pensées et les idéaux changent ; des révolutions, des guerres et des épidémies surviennent et reviennent, jusqu’à ce qu’un cycle d’équilibre soit établi.

Plusieurs, dans toutes les parties du monde, voient actuellement dans la lumière intérieure de la Terre le reflet de changements imminents à sa surface, et en conséquence on entend beaucoup d’avertissements prophétiques.

« Les événements à venir projettent toujours d’abord leur ombre », et si beaucoup des énoncés prophétiques qui sont repris par la presse sont dans bien des cas des interprétations erronées de signes intérieurs vus ou ressentis par l’âme, le fait que tant de ces prophéties parlent de grandes catastrophes dont la nature est susceptible de concerner plusieurs pays – si on laisse de côté les détails – est en soi prophétique.

C’est l’âme qui sait, et lorsqu’un état de conscience similaire ou un fait reconnu est excité dans le mental cérébral de plusieurs personnes en même temps, ceci est la preuve que sur le plan de l’âme cette connaissance est du domaine public et que le Soi Intérieur essaie d’établir la corrélation entre cette connaissance et le monde extérieur.

Les forces normales de l’évolution ne peuvent pas agir lorsque la vie mentale, morale et sociale du monde est si pervertie et si peu naturelle comme c’est le cas actuellement. Il semble que rien d’autre que de terribles calamités pour la Terre ne seront capables d’écarter ces formes distordues de vice, de haine et d’inhumanité qui font obstruction au vrai progrès sur tous les fronts – car un malheur commun engendre l’égalité, une sympathie commune avec tous les niveaux de la vie.

Le souffle impur de la luxure et de l’égoïsme a assombri la splendeur de l’âme du monde – a détrôné le rouge pur de la rose de la vie en le mélangeant avec la fange de la nature inférieure et, dans les donjons des sens, l’a changée en des formes de matière visqueuse. Mais ceci ne durera pas toujours, car les cœurs purs partout dans le monde sont animés par la force sainte de la fraternité véritable dont les rayons sont seuls capables d’éclairer les lourds nuages de l’égoïsme qui assombrissent actuellement le monde et de les transmuter de façon qu’ils rayonnent et reflètent la gloire de la passion purifiée – de l’égocentrisme changé en altruisme – et du service désintéressé envers l’humanité.

1 – N.D.É. Juges 5 20.

HILARION - Temple 3 - Leçon 543
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