LES ÉPREUVES

Toute vie est une série d’épreuves. Nous sommes placés dans la balance et soupesés jour après jour, heure après heure. Un petit événement qui par nature semble sans importance est souvent le petit point sur lequel oscille le résultat final de toute une incarnation. Le poids d’un cheveu peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, et ce poids est fréquemment ajouté par négligence ou par étourderie, et le résultat est évident même pour l’observateur le moins attentif. Le caractère entier de l’homme se détériore et personne, pas même lui-même, ne peut dire pourquoi. Il a simplement échoué à un test de son Soi Supérieur.

La Loi, reconnaissant qu’il n’est pas prêt à avancer plus loin, juge, condamne et exécute la sentence. Ce qui est vrai pour toute vie est aussi vrai pour toute phase distincte de la vie, et cela est vrai également pour chaque degré de la Grande Loge Blanche.

Aucun individu ne peut faire le moindre pas sur le sentier sans subir une épreuve visant à vérifier sa capacité de se tenir sur cet échelon. Il s’agit d’une loi miséricordieuse, parce que s’il doit tomber, il vaut mieux pour lui que ce soit d’un échelon plus bas plutôt que plus haut, car ainsi il ne se blesse pas et ne blesse personne d’autre qu’il aurait pu faire tomber avec lui. Si sa chute se fait à partir d’un degré inférieur, il peut en être inconscient sur le plan physique ou mental, mais la vérité reste : il a été dépassé par ses compagnons qui ont réussi l’épreuve et qui sont menés vers un autre degré.

Dès que l’homme est mis en contact et est associé à un Maître, un changement survient dans chaque fibre de son être. Sa note dominante est élevée et tout ce qu’il porte en lui de bon ou de mauvais monte à la surface.

Le travail qui consiste à séparer les moutons et les chèvres dans sa nature commence alors : l’épreuve servant à déterminer s’il peut se tenir sur un plateau élevé et respirer cet air plus raréfié, spiritualisé, sans perdre l’équilibre et sans que le vertige ne l’attire vers le vortex qui s’ouvre sous lui. S’il peut endurer cette épreuve, il est prêt à entrer dans un degré supérieur.

Ce n’est pas le Maître qui décide de son sort, mais l’homme lui-même.

Aucun homme ne peut se tenir à côté d’un géant sans avoir l’air d’un nain, et cette vérité s’applique sur tous les plans de l’être. Si l’homme a affaire à un géant intellectuel, sa faiblesse intellectuelle devient manifeste. À côté d’un géant spirituel, il semble tellement petit qu’il n’est même plus capable de se reconnaître lui-même, car plus le géant est monté haut dans l’échelle du développement, plus l’homme ordinaire semble diminuer, dans la même proportion. Chaque défaut, chaque tache ou imperfection devient manifeste, et il ressemble vraiment à un pygmée par comparaison.

Nous avons un exemple de ceci dans le cas de Jésus et de ses disciples. La figure du Maître ressort et domine au-dessus de toutes les autres : Matthieu, Pierre, Marc, Luc, Jean, Judas, comme ils sont petits en comparaison, et comme l’épreuve fut rapide. À partir du cercle extérieur, chaque pas les rapprochait du sanctuaire intérieur où seul Jean a pu poser sa tête sur la poitrine du Maître et prendre dans ce grand cœur les graines de vie et d’amour qui ont depuis ce jour conféré la même essence vitale à des millions de personnes.

HILARION - Temple 3 - Leçon 511
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