QUI EST RESPONSABLE ?

Lorsque le but est atteint, le pouvoir acquis et le travail effectué, alors vient la récompense, jamais avant. Et la récompense est toujours à la mesure du but poursuivi. Ceci est aussi vrai pour le développement spirituel que pour le développement matériel.

Il est nécessaire d’accepter le fait que le pouvoir psychique est une chose qui se développe au même titre que les sens physiques. Par conséquent, si nous ne l’avons pas encore atteint et que, de ce fait, nous ne pouvons pas vérifier la réalité des autres phases de l’existence – sauf celle que nos sens extérieurs nous permettent d’appréhender –, nous devrons pour le moment exclure cette possibilité de notre esprit, tenter de découvrir l’équipement spirituel et matériel à notre disposition, puis l’utiliser pour atteindre le but que nous avons en vue.

Tous, nous ressentons le sentiment naturel qu’il est possible de créer un état meilleur et plus élevé de la vie humaine que celui que nous connaissons, et nous avons toutes les raisons de croire qu’un être humain serait capable de s’ajuster à une pareille vie. Nous pouvons aussi percevoir les limitations, les faiblesses et le manque de pouvoir pour surmonter les obstacles sans aide ou assistance – autant d’attributs qui maintiennent l’homme dans son état limité.

Si nous nous donnons la peine d’étudier les lois de la nature et les connaissances acquises ayant fait consensus et qui ont été transmises par les races qui ont précédé la nôtre, nous verrons que dans tous les cas il a dû exister un point central, une combinaison de forces ou d’êtres en avance sur toutes les familles, tribus ou nations qui existaient alors, afin de rendre possible la naissance et l’évolution d’une race ou d’une famille plus élevée. En d’autres mots, nous accepterons l’idée de l’évolution avec toutes les manifestations qui l’accompagnent.

Une fois ce fait accepté, la Loge des Maîtres devient une nécessité logique. Aussi, si nous admettons que tout ce que nous sommes maintenant ou que nous sommes capables de devenir est le fruit du labeur, de la victoire sur de grandes difficultés, de l’instruction, de la dévotion et des soins constants de nos ancêtres, alors il devient évident que l’humanité possède une dette collective et individuelle envers ceux qui nous ont précédés, de même que des obligations envers ceux qui nous suivront.

Si le plus grand besoin du monde – un type d’humanité plus élevée – est reconnu par la race humaine actuelle et que la preuve de l’existence d’une humanité semblable peut être obtenue, alors il s’ensuit raisonnablement que ceux qui ont quelque intérêt dans l’évolution de la race actuelle ne rateront aucune occasion d’acquérir cette preuve. Ils vont suivre toutes les méthodes disponibles susceptibles de les amener à placer au moins quelques étudiants préparés sous la gouverne et l’instruction de ceux qui sont des exemples de cette race supérieure. Et, avec l’assurance que ceci est possible, il va sûrement se développer un sentiment de révérence, d’honneur et d’amour qui incitera ces étudiants à chercher de tout leur cœur une méthode permettant d’orienter toutes leurs forces et toutes leurs énergies vers l’unité, et à rejeter avec autant de force tout ce qui tend vers la séparation.

Lorsque tout est dit, c’est une question de faim intérieure et de possibilité d’assouvir cette faim qui pousse l’humanité à résoudre ces grandes questions.

Lorsque la personne acquiert une reconnaissance personnelle de la force divine que nous nommons habituellement « amour », et qu’elle est prête à s’offrir comme canal impersonnel par lequel cette force pourra s’écouler vers ceux qui ne l’ont pas encore reconnue, la première exigence du discipulat authentique a été remplie.

Oh ! quelle terrible punition tombera dans un avenir rapproché sur l’âme de l’homme ou de la femme égoïste et suffisant qui, imprudemment, avec indifférence ou égoïstement s’érige en juge des faiblesses ou des défauts du frère ou de la sœur à qui le karma l’a lié dans un lien de discipulat et qui pense (qu’il l’exprime ou non) « Je suis plus saint que toi. » en refusant d’acquitter sa propre part d’une obligation mutuelle sur laquelle pourrait reposer le salut final de l’accusé ou du condamné. Beaucoup parmi les meilleurs hommes et femmes sont tombés dans les profondeurs de la déchéance parce qu’un pharisien a perdu confiance en leur honnêteté naturelle.

Ne vous est-il jamais venu à l’esprit que votre obligeance devrait être proportionnelle au besoin de votre frère, et non pas à votre prétendu besoin ? Je dis « prétendu » en connaissance de cause, car si le besoin est réel, il ne sera jamais contraire à l’honneur, à la morale ou à la compassion, car ce sont là des choses fondamentales. La facilité avec laquelle une âme humaine non développée se convainc que ses besoins supérieurs ou les incitations de son Soi Supérieur sont en danger, afin de justifier à ses propres yeux sa lâcheté et sa désertion de son devoir ou son manque de sens des responsabilités envers d’autres âmes, suffit à rendre malade le cœur de l’Initié à qui les motifs réels, quoique souvent cachés, sont révélés.

Jamais le Soi Supérieur d’un homme ne l’a incité à se soustraire à un devoir envers l’humanité ; il n’a jamais été l’instigateur d’une désertion, d’une lâcheté ou d’une compétition égoïste. Mais la rapidité avec laquelle le soi inférieur peut accomplir une chose pareille et la vêtir des atours du Soi Supérieur est proverbiale.

Si vous êtes jamais placés sur la ligne de feu, qu’il s’agisse d’un combat avec des géants matériels ou spirituels, vous pouvez être sûrs d’une chose : jamais vous ne recevrez du trône du Soi Supérieur l’ordre de déserter votre poste, de faire trébucher un camarade à vos côtés, ni de désobéir à votre officier supérieur. Vous pouvez être tout aussi certain d’un autre fait : que jamais vous ne serez placés sur la ligne de feu sans avoir été éprouvés à la limite de votre force quant à votre capacité de tenir votre position jusqu’à ce que la cause à laquelle vous vous êtes identifié soit gagnée ou perdue. C’est de cette façon que les soldats de la grande armée des âmes purifiées, que nous appelons la « Grande Loge Blanche », sont mis à l’épreuve.

Bien des estomacs fragiles, bien des conditions anormales d’autres organes physiques sont responsables de l’échec d’un soldat prometteur. Or, avec cet échec disparaît sa dernière chance de jamais renforcer ses points faibles ou de surmonter un état anormal dans cette vie. Dans l’un et l’autre cas, la chose essentielle et la plus importante pour la sécurité est un effort incessant pour atteindre « un état d’unité », état où une différenciation comme la maladie ne peut pas se produire.

Chaque fois qu’un disciple cède aux forces de séparation, lorsqu’une épreuve de force se présente, il sera acculé au mur et deviendra un objet de moqueries pour ses ennemis, et de profonde tristesse pour ses amis.

N.D.É. Deux variantes de cette leçon sont présentées: la leçon 360 et la leçon 274.

HILARION - Temple 3 - Leçon 498
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