Ceux qui ne connaissent ni le mode de fonctionnement cosmique ni la loi purement naturelle qui produit tous les phénomènes classés comme psychiques attachent une importance démesurée à la vision psychique. Un grand nombre de gens sont leurrés par des phénomènes qui leur semblent ne s’expliquer que par l’intervention « d’esprits » individuels. Il convient donc de les détromper et d’informer tous ceux que le sujet intéresse.
Toute pensée, toute parole et toute action de toute créature et de toute chose dans l’univers est inscrite par l’énergie de Fohat1 dans le grand océan de substance éthérique, laquelle peut être comparée au film d’un appareil photo, parce qu’elle peut recevoir les impressions et les conserver.
L’étude des mathématiques vous a appris qu’il y a trois grandes puissances qui apparaissent en toutes choses : le positif, le négatif et le neutre. Le positif-négatif, le Père, la grande force créatrice de l’univers, donne le pouvoir de la pensée (principe de Manas) ; le pôle négatif-positif manifeste la pensée en la concrétisant dans une forme ou une action.
Le neutre, le point central de la « ligne de vie », attire à lui la puissance de l’émetteur et du récepteur à la fois, et inscrit l’image de la pensée, de la parole ou de l’action dans la substance éthérée, qui est représentée en géométrie par le carré et en arithmétique par le chiffre « 4 ». C’est là que l’image demeure pendant tout le cycle de manifestation. C’est le «Livre du jugement» de Dieu. C’est ce processus qui fait que nos vertus et nos défauts sont enregistrés et peuvent nous confronter au moment où nous accédons à la lumière astrale ou éther.
Il semble exister beaucoup de confusion concernant ce plan ou sphère de conscience, causé par l’usage irréfléchi et sans discernement du terme «lumière astrale» par ceux qui étudient ses lois et ses phénomènes.
La lumière astrale est dotée de deux aspects ou plans de conscience. Son aspect supérieur est celui de la création et de la conservation, et il reflète, ou projette, tous les principes de forme ou d’ordre parfaits qui y sont inscrits. Ces mêmes principes, plus ce que chaque âme peut avoir acquis dans sa vie planétaire, lui sont reflétés en retour. C’est le plan de la manifestation de l’âme.
L’aspect inférieur de la lumière astrale est le plan du désordre et de la désintégration de la forme. De ce plan, nous recevons des visions éphémères de formes horribles ou grotesques et tout ce que nous connaissons de mauvais – tous les avortons de la nature – s’y reflètent. C’est le premier arrêt de l’âme à son retour du Dévachan (le paradis), mais aussi un lieu d’épuration où l’on abandonne les derniers vestiges de matière physique. Si on ne saisit pas ces deux aspects de la lumière astrale, on ne peut pas la comprendre correctement.
Avec l’apparition du principe de la forme, le péché (l’esclavage ou les restrictions) est né, et avec lui l’impulsion de se libérer de ces entraves, car un esprit enchaîné est un esprit tourmenté. Bien que le fait de lutter pour sa liberté ne fait qu’augmenter la force et la substance de ses liens, la nature de l’esprit qui s’incarne le contraint à lutter, et la force de son mouvement fait apparaître davantage de son essence primordiale.
L’affirmation « Sans effusion de sang, il n’y a point de rémission des péchés.2 » a causé plus de controverses et plus d’effusions de sang que tout autre énoncé de la Bible. Cette affirmation est aussi peu comprise que les autres profondes vérités occultes de la Bible. Mais, comme c’est le cas pour d’autres énoncés ésotériques, sa simplicité même cache son sens véritable aux yeux des profanes. Car cette vérité, comme beaucoup d’autres semblables, peut être décodée de bien des façons, avec diverses nuances et même des changements de sens. L’interprétation la plus importante illustre le fait que le sang est la première forme de vie consciente sur le plan physique. Il est en suspension, en quelque sorte latent, dans toutes les molécules de toutes les cellules que la nature utilise pour bâtir les formes et les substances. On entend souvent l’expression : « On ne peut pas tirer de sang d’une pierre ». Mais vous pourriez tirer du sang d’une pierre si vous saviez comment, car, comme je viens de dire, le sang est latent dans tout, même si on ne le voit pas. Faire couler ou détruire le sang d’un homme ou d’un animal ne produit que la destruction de la forme, qui se désagrège en ses éléments constitutifs. Si l’âme qui animait cette forme se trouve dans la courbe ascendante de son cycle de manifestation, son dépouillement la rapproche d’autant de la désintégration finale de sa forme et de son absorption dans l’infini d’où elle vient. C’est là seulement qu’elle peut être libre des limites de la matière.
Cet exposé est également valable pour toutes les formes, qu’elles soient physiques, sociales, religieuses ou politiques. Tous les grands gouvernements, les grandes sociétés ou les grandes religions ont été bâtis sur les ruines d’une forme précédente. Cette destruction a presque toujours été causée par des tueries ou les souffrances et les malheurs correspondants. Depuis que la Terre existe, son sol a été imbibé de sang d’un pôle à l’autre au cours des âges, et il le sera encore avant que sa mission ne se termine. Lorsque votre esprit saisira cette vérité, vous verrez sans difficulté l’inutilité, l’impossibilité absolue d’une «révolution pacifique pour remettre de l’ordre dans le présent chaos social» tant souhaitée par des gens qui ne tiennent pas suffisamment compte des mécanismes d’une loi irrévocable.
La fin du règne du veau d’or signalera le début des plus terribles révolutions qui aient jamais ébranlé la Terre. En effet, des forces destructrices égales à la puissance et à la grandeur de cet usurpateur des prérogatives divines seront déployées contre lui. Comme l’adoration du veau d’or est responsable de plus de maux que toutes les autres causes combinées, sa destitution sera plus difficile, et s’accompagnera de plus de souffrances.
C’est la puissance du Christ – le Fils – qui soutient la loi selon laquelle il faut verser du sang pour la rémission des péchés ou, en d’autres mots, qui requiert la destruction de la forme par la désintégration de la matière et, par voie de conséquence, la libération de l’âme. Tout comme le Père représente l’Esprit, le Fils représente la Matière. Et le Christ rachète la Matière à la fin de chaque grand Manvantara3 en sacrifiant la vie dans des formes individuelles (physiques) et en revenant à la vie en Esprit (Unité). Mais cela ne se fait pas seulement au terme de ces périodes. Du début à la fin, l’incarnation du Christ dans une forme physique (l’Âme Universelle) est un sacrifice perpétuel, comme l’est la vie de tous ceux en qui ce principe est le plus actif. Cette manifestation est née de sa Mère-Amour, et avec elle, il rend jugement suivant l’abnégation.
1 – N.D.É. Fohat est l’essence de l’électricité cosmique, la force MOTRICE de l’univers. La force vitale de propulsion, universelle, à la fois impulsion et effet.
2 – N.D.É. Épîtres de Paul, Hébreux 9 22.
3 – N.D.É. Manvantara : Période de manifestation, par opposition à la dissolution ou repos (Pralaya). On lui attribue diverses durées, notamment 4 320 000 000 d’années terrestres.
HILARION - Temple 1 - Leçon 7


