On attribue aux patriarches et aux prophètes presque toutes les prophéties au sujet du Christ. Si quelques-uns de ces derniers ont réellement existé, tous les premiers ne sont que des mythes. Nous allons essayer de le prouver par l’interprétation occulte du Zodiaque, et la relation des signes zodiacaux avec les hommes antédiluviens.
Si le lecteur veut bien se rappeler ce que nous disions au chapitre VI, il comprendra mieux la relation qui existe entre les patriarches antédiluviens, et cette énigme des commentateurs – la « Roue d’Ezechiel ». Rappelons, donc :
1° que l’univers n’est pas une création spontanée, mais bien l’évolution d’une matière pré-existante ;
2° qu’il n’est qu’un univers dans une série infinie d’autres ;
3° que l’éternité se divise en grands cycles, dans chacun desquels ont lieu douze transformations de notre monde, à la suite de sa destruction partielle, alternativement par le feu et par l’eau. De sorte que lorsque commence une nouvelle période mineure, la terre est changée, même géologiquement, au point d’être pratiquement un monde nouveau ;
4° qu’à la suite de ces douze transformations, la terre est la plus grossière après chacune des six premières, tout ce qui y vit, y compris l’homme, est plus matériel, qu’après la transformation précédente : tandis qu’après les six autres le contraire a lieu, la terre et l’homme deviennent de plus en plus raffinés et spirituels avec chaque changement terrestre ;
5° que lorsque le sommet du cycle a été atteint, une dissolution graduelle a lieu, et chaque être vivant et chaque forme objective sont détruits. Mais lorsque ce point est atteint l’humanité est devenue propre à vivre la vie subjective aussi bien qu’objective. Et non seulement l’humanité, mais aussi les animaux, les plantes et chaque atome. Après une époque de repos, disent les Bouddhistes, lorsqu’un nouveau monde se reforme de lui-même, les âmes astrales des animaux, et de tous les êtres, sauf ceux qui ont atteint le Nirvâna le plus élevé, reviennent sur la terre pour terminer leurs cycles de transformations et devenir des hommes à leur tour.
Pour l’instruction des masses, les anciens synthétisaient cette merveilleuse idée, en une seule conception imagée, le Zodiaque ou ceinture céleste. Au lieu des douze signes employés aujourd’hui, il n’y en avait, à l’origine, que dix connus du public en général ; ce sont : le bélier, le taureau, les gémeaux, le cancer, le lion, la vierge-scorpion, le sagittaire, le capricorne, le verseau et les poissons (151d). C’étaient les signes exotériques. Mais on y ajoutait deux signes mystiques, que seuls les initiés comprenaient, à savoir au point médian, à la jonction où aujourd’hui se trouve la Balance et le signe aujourd’hui appelé le Scorpion, qui vient après celui de la Vierge. Lorsqu’on fut obligé de les rendre exotériques, ces deux signes furent ajoutés sous leurs dénominations actuelles, comme un masque pour cacher leurs véritables noms qui donnaient la clé de tout le secret de la création, et divulguaient l’origine du « bien et du mal ».
La véritable doctrine astrologique sabéenne, enseignait secrètement, que l’explication de la transformation graduelle du monde, de son état spirituel et subjectif, en un état sub-lunaire « bisexuel », était renfermée dans ce double signe. Les douze signes étaient, par conséquent, divisés en deux groupes. Les premiers étaient appelés la ligne ascendante, ou ligne du Macrocosme (le grand monde spirituel) ; les six derniers, la ligne descendante, ou le Microcosme (le petit monde secondaire), qui n’est, pour ainsi dire, que la réflexion du premier. Cette division porte le nom de Roue d’Ezechiel et se complète de la manière suivante : en premier lieu viennent les cinq signes ascendants (évémérisés en patriarches) le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion et le groupe se terminait avec la Vierge-Scorpion. Puis venait le point tournant, la Balance. Après cela, la première moitié du signe de la Vierge-Scorpion se dédoublait et était transféré pour servir de chef au groupe inférieur, ou descendant, du Microcosme qui continuait jusqu’au signe des Poissons, ou Noe() (le déluge). Afin de le rendre plus clair, le signe de la Vierge-Scorpion qui était représentée par ♍, devint simplement la Vierge, et la duplication ♏, ou Scorpion, fut intercalée entre la Balance, le septième signe (lequel est Enoch, ou l’ange Metatron, ou le Médiateur entre l’esprit et la matière, ou entre Dieu et l’homme). Il devint alors, le Scorpion (ou Cain) lequel signe ou patriarche conduisit l’humanité à la perdition, suivant la théologie exotérique ; mais d’après la véritable doctrine de la religion sagesse, il dénote la dégradation de l’univers tout entier au cours de son évolution depuis la condition subjective à la condition objective.
On prétend que le signe, la Balance, est une invention postérieure des Grecs, mais on ne dit pas que ceux parmi eux qui étaient initiés, n’avaient fait qu’un échange de noms, pour exprimer la même idée que le nom secret pour ceux « qui savaient », en laissant les masses dans la même ignorance qu’auparavant. Leur idée toutefois, était fort belle, car cette Balance exprimait tout ce qu’il était possible de faire, sans dévoiler cependant la vérité ultime tout entière. Ils voulaient faire entendre par là que lorsque le cours de l’évolution avait amené les mondes au point le plus bas de la matérialité, où les mondes et leurs produits étaient les plus grossiers et leurs habitants les plus bestiaux, le point tournant était atteint et les forces également équilibrées. Au point le plus bas, l’étincelle divine de l’esprit, encore latente en eux, commençait à donner l’impulsion pour les faire remonter. La Balance est le symbole de l’équilibre éternel, qui est une des nécessités d’un univers harmonieux, de justice parfaite d’équilibre des forces centripète et centrifuge, des ténèbres et de la lumière, de l’esprit et de la matière.
Ces signes additionnels du Zodiaque nous autorisent à affirmer que le livre de la Genèse, tel que nous le voyons aujourd’hui, est d’une date plus récente que celle de l’invention du signe de la Balance, par les Grecs ; car nous constatons que les chapitres de généalogies y sont remodelés pour cadrer avec le nouveau Zodiaque, au lieu de faire correspondre celui-ci avec la liste des patriarches. Et c’est cette addition, et la nécessité de cacher la véritable clé, qui ont amené les compilateurs rabbiniques à répéter deux fois les noms d’Enoch et de Lamech, comme nous le voyons maintenant dans le tableau Kénite. De tous les livres de la Bible, seule la Genèse appartient à une antiquité très éloignée. Tous les autres sont des ajoutures plus ou moins récentes, dont les plus anciens apparurent avec Hilkliah, qui, évidemment, les confectionna avec l’aide de la prophétesse Huldah.
Comme plus d’une signification se rattache à l’histoire du déluge et de la création, nous maintenons, donc, que le récit biblique ne peut être séparé de la version babylonienne de la même histoire ; et que ni l’une ni l’autre ne seront parfaitement claires sans l’interprétation ésotérique des Brahmanes, au sujet du déluge, telle qu’on la trouve dans le Mahâbhârata et la Sathapatha Brahmana. Ce sont les Babyloniens, auxquels les « mystères », le langage sacerdotal et leur religion, furent enseignés par les problématiques Akkadiens – lesquels suivant Rawlinson vinrent d’Arménie – et non ceux-là qui émigrèrent en Inde. Voilà oh la preuve devient évidente. Movers nous fait voir le Xisuthros babylonien représentant le « soleil » dans le Zodiaque, dans le signe du Verseau, et Oannés, l’homme-poisson, le demi-démon, c’est Vichnou dans son premier avatar ; nous avons, ainsi, la clé de la double source de la révélation biblique.
Oannès est le symbole de la sagesse ésotérique sacerdotale ; il sort de la mer, parce que le « grand abîme », l’eau, symbolise, nous l’avons déjà dit, la doctrine secrète. Pour cette même raison, les Egyptiens déifiaient le Nil, outre qu’en vertu de son inondation périodique, il était considéré comme le « Sauveur » du pays. Ils allaient jusqu’à tenir les crocodiles pour sacrés, parce qu’ils avaient leur demeure dans la « profondeur ». Les prétendus « Chamites » ont toujours préféré s’établir dans le voisinage des rivières et des océans. D’après certaines anciennes cosmogonies, l’eau fut le premier élément créé. Ce nom d’Oannès est tenu en grande vénération, dans les annales chaldéennes. Les prêtres chaldéens portaient une coiffure en forme de tête de poisson et un vêtement couvert d’écailles imitant le corps d’un poisson (152d).
« Thales, dit Ciceron, affirme que l’eau est le principe de toutes choses ; et que Dieu est ce Mental qui façonna et créa toutes choses de l’eau (153d). »
« Au commencement l’ESPRIT intérieur donne force au Ciel, à la Terre, à la mer, au globe brillant de la Lune puis aux astres, Titan et le mental répandu dans les membres anime toute la masse et se mêle à la GRANDE MATIERE » (154d).
L’eau représente la dualité tant du Macrocosme que du Microcosme, uni à l’Esprit vivifiant, et l’évolution du petit monde venant du cosmos universel. A ce point de vue, le déluge appelle l’attention sur la lutte finale entre les éléments opposés, qui termina le premier grand cycle de notre planète. Ces périodes graduellement s’interpénétrèrent, l’ordre naissant du chaos, ou du désordre, et les types successifs d’organismes n’étant évolués qu’à mesure que les conditions physiques de la nature étaient prêtes pour leur apparition ; car la race actuelle n’aurait pas pu respirer sur notre globe pendant cette période intermédiaire, puisqu’elle n’avait pas encore le vêtement de peau allégorique (155d).
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