Dans un sens, il est navrant que quelques-uns des plus grands esprits de notre époque semblent incapables de saisir à quel point sont absurdes leurs arguments à l’appui de leurs théories sur l’imagination humaine, ou qu’ils refusent d’admettre la vérité par peur de s’exposer aux critiques défavorables de leurs collègues à l’esprit plus matériel. Cela les conduit à étouffer ou ridiculiser la faculté qui leur a permis d’obtenir du succès dans le domaine de la recherche scientifique.
Sans la fonction de formation des idées, c’est-à-dire l’imagination, il aurait été impossible de faire les merveilleuses découvertes apparemment modernes dans le domaine de la recherche biochimique. En effet, on doit reconnaître qu’avant que le cerveau humain puisse concevoir une expérience (de n’importe quelle nature) et la réaliser, il faut toujours commencer par créer le modèle idéalisé ou imaginé d’après lequel ou dans lequel on construira ensuite la forme matérialisée. Lorsqu’un acte d’imagination a créé la forme idéalisée d’un état de la matière, très supérieur à tout état actuellement observé par l’humain, cet effort de l’imagination éveille la volonté de le présenter à d’autres. Le pouvoir ou l’énergie contenu dans la volonté éveille ou soutire une forme de force des sphères internes de l’éther potentiel. Cette force peut se manifester sous diverses formes, semblables à celles de l’électricité. On peut utiliser un galvanomètre pour démontrer la présence de formes de matière plus fines que ce que l’œil humain peut percevoir, mais cela n’invalide aucunement les déclarations des vrais prophètes à l’effet que l’homme développera un jour les organes nécessaires pour percevoir cette forme particulière de matière et d’autres encore plus subtiles. On a avancé comme argument contre la manifestation possible de corps spiritualisés ou astraux que ces manifestations ne peuvent pas être vraies, car même si l’œil physique ne peut voir ces corps, leur présence ou substance devrait faire réagir un galvanomètre. Cependant, l’abîme qui existe entre l’électricité et l’instrument de mesure par lequel l’homme l’observe, même si l’homme actuel ne peut le franchir, est beaucoup plus étroit que le gouffre entre l’instrument de mesure et les formes plus subtiles de cette même force qui existent dans les plans intérieurs. Pour comprendre la vraie nature et les fonctions véritables de l’électricité, l’homme doit développer un instrument de nature électrique. De même, pour percevoir l’esprit, l’homme doit développer un œil spirituel. Nous ne pouvons pas comprendre une chose ou un état de matière avant d’être devenus cette chose ou cet état de matière. Nous ne pourrions rien connaître du plan physique si nous n’avions, maintenant ou auparavant, possédé un instrument physique, un corps. Un grand nombre de chercheurs refusent de reconnaître et d’accepter l’aide qu’ils pourraient recevoir s’ils utilisaient leur imagination pour faire progresser leur recherche de l’ignis fatuus, la source de la vie. En adoptant une attitude de mépris envers ce qu’ils considèrent comme des « abstractions » , ils soumettent leur propre esprit à une suggestion puissante à l’effet qu’il est inutile de tendre leurs efforts dans cette direction. Cela les empêche d’utiliser la faculté de l’imagination à leur avantage.
La science moderne a prouvé ce que les sciences occultes avaient depuis si longtemps démontré : toute vie résulte d’une fermentation. En outre, l’action des petites vies qui génèrent la fermentation est réversible, c’est-à-dire que la polarité des petits corps électriques, les « étincelles » des sciences occultes, est variable. La science moderne n’a toutefois pas encore constaté que cette action est soumise à la volonté et à l’esprit, et aussi, dans une large mesure, à l’utilisation du type et de la puissance appropriés d’électricité, comme pour certaines inventions modernes. Pour soigner une maladie, il faut d’abord poser le bon diagnostic. Pour appliquer le courant ou le type d’électricité appropriée à l’organe malade, il faut connaître la nature des « étincelles » qui composent l’organe, leur position actuelle et leur résistance. C’est à ce moment-là que le pouvoir de l’imagination agit sur la matière ou avec elle pour établir le diagnostic. Un concentré de volonté et d’esprit utilise l’imagination pour obtenir la connaissance nécessaire. On dit que les enveloppes ou les corps des « étincelles » ou ferments sont produits par l’action des quarante-neuf feux sur la combinaison d’oxygène et d’hydrogène qu’on appelle eau, pendant qu’ils sont en suspension, comme s’ils flottaient dans l’air, avant la précipitation. Cet état correspond à une gestation. Les ferments sont doués des pouvoirs d’attraction et de répulsion, de reproduction et de dissolution, et ils y sont également soumis. Ce sont les véritables « chaînons manquants » dans la chaîne évolutive que la science moderne a élaborée. Ces chaînons ne manquent qu’à ceux qui ne permettent pas à l’imagination de préfigurer les résultats probables des recherches basées sur la foi. Un de ces résultats serait la capacité de déterminer le type de maladie qui s’attaque à un organe du corps par la position que prennent les ferments dans cet organe, et le type et la quantité d’électricité qu’il faut utiliser pour les déplacer en changeant leur polarité. Certains chercheurs qui n’ont que tout récemment observé les différents types de ferments et leurs différentes positions n’ont pas encore eu le temps d’étudier leur action sur la maladie. On ne peut donc pas s’attendre à ce qu’ils reconnaissent qu’aucune fonction du corps ne pourrait s’exécuter sans l’aide des ferments qui l’habitent. On ne pourrait même pas respirer sans l’aide du type de ferments qui recouvre la gorge et les poumons ; par ailleurs, ces chercheurs n’admettraient pas non plus que le mal de gorge dont ils souffrent soit provoqué par une pensée méchante qu’ils ont eue ou que d’autres ont eue à leur égard. Ces pensées malveillantes déplacent les ferments de la gorge, ce qui entraîne des conditions anormales d’où découle la maladie.
Les microbes, qui se multiplient par division, reproduisent à peu près sans fin le microbe original produit par l’élémental qui anime toute cette catégorie de microbes, tout comme un élémental de classe supérieure anime un essaim d’abeilles, ou toute autre race de créatures minuscules.
Les féculents, qui constituent, plus que tout autre élément, la base matérielle de l’action chimique de fermentation dans le corps, fournissent un indice sur la méthode par laquelle s’accomplit la fermentation inversée. Ces produits sont composés de microbes morts, ou plutôt, de microbes vitaux inactifs ; toutefois, ils ne demeurent inactifs qu’aussi longtemps qu’ils sont isolés des autres microbes. Lorsqu’une autre catégorie de microbes actifs les stimule, ils reprennent vie sous des formes différentes, un peu comme un papillon qui émerge de sa chrysalide et laisse derrière lui un déchet qui retourne à la substance protoplasmique. Ces microbes inactifs se révèlent souvent un instrument de punition pour l’humanité en ce qui concerne certains péchés en relation avec le corps.
En fait, les féculents sont riches en possibilités.
Je suis tout à fait conscient que je vous expose à la critique en vous amenant à publier les énoncés qui précèdent. Bien qu’il soit difficile d’exprimer verbalement des vérités métaphysiques plus profondes qui semblent empiéter sur le terrain des recherches chimiques ou méta chimiques, je vais tenter d’expliquer comment l’imagination peut permettre de déterminer la position des ferments. Dans le cas d’une maladie, il se forme d’abord dans l’esprit une image des résultats bons ou mauvais d’une ligne de conduite, par exemple la gratification du palais par l’usage d’aliments ou de boissons qui sont, en fait, nuisibles au corps. Immédiatement, le pouvoir de la pensée s’empare de cette image et transmet un mouvement vital à des atomes jusqu’alors inactifs. Une lutte s’ensuit entre eux et les microbes anormaux introduits dans l’estomac, ce qui entraîne le changement de position de tous les microbes ; il en résulte un trouble de l’estomac. Les microbes se nourrissent de la substance de l’organe, se reproduisent en grand nombre, et affaiblissent ou même détruisent l’organe. Pour guérir un organe malade en utilisant la même énergie – une combinaison d’imagination, de volonté et d’esprit – vous devez créer une image mentale d’un organe sain, puis trouver l’antithèse de la mauvaise pensée qui a créé la maladie et diriger la force de cette pensée vers l’organe malade. Si votre pouvoir de concentration est assez puissant, vous pouvez changer ces vibrations dissonantes et inverser la position de ces ferments par la force de votre volonté. Si vous ne réussissez pas, vous pouvez atteindre le but visé à l’aide de moyens mécaniques ou chimiques qui introduiront ces nouvelles vibrations.
C’est la capacité de remettre les ferments à leur position normale, que possèdent toutes les drogues et tous les médicaments, qui leur donne leurs vertus curatives. Le pouvoir de déterminer immanquablement la position des ferments appartient à l’occultiste – en d’autres mots, à celui qui est devenu pareil à un enfant de façon à pouvoir apprendre de ceux qui seuls peuvent enseigner les lois qui sous-tendent les mystères de la vie.
HILARION - Temple 1 - Leçon 43


