Bien qu’il soit impossible pour les fondateurs du pseudo-ordre ecclésiastique des Templiers, introduit en France, selon Dupuy, par les partisans des Stuarts, d’éviter qu’on les prenne pour une branche de l’Ordre des Jésuites, nous ne sommes nullement étonnés de voir un auteur anonyme, justement soupçonné d’appartenir au Chapitre Jésuite de Clermont, publier en 1751 à Bruxelles, un ouvrage sur le procès des Chevaliers Templiers. Dans ce volume, par diverses notes tronquées, des ajoutures et des commentaires, il fait ressortir l’innocence des Templiers de l’accusation « d’hérésie », leur enlevant ainsi le meilleur titre au respect et à l’admiration, auquel ces martyrs et primitifs libres penseurs avaient droit !
Ce dernier pseudo-ordre fut institué à Paris, le 4 novembre 1804, en vertu d’une Constitution qui était un faux et depuis lors, il a « contaminé la Franc-Maçonnerie authentique », ainsi que nous le disent les Maçons des plus hauts grades. La Charte de Transmission (tabula aurea Larmenii) présente tous les signes extérieurs d’une si haute antiquité, « que Grégoire confesse que si toutes les autres reliques de la trésorerie parisienne de l’Ordre n’avaient pas calmé ses doutes quant à leur descendance, la vue de la charte elle-même l’aurait persuadé au premier coup d’œil (71). Le premier Grand Maître de cet ordre apocryphe, fut un médecin parisien le Dr Fahre-Palaprat, qui prit le nom de Bernard Raymond.
Le comte Ramsay, Jésuite, fut le premier à lancer l’idée de réunir les Templiers aux Chevaliers de Malte. C’est pour cette raison que nous lisons ce qui suit, de sa plume :
« Nos ancêtres (!!!) les Croisés rassemblés en Terre Sainte, venant de toute la Chrétienté, désiraient former une fraternité embrassant toutes les nations, de sorte, qu’une fois unis, cœur et âme, pour le perfectionnement mutuel, ils puissent, avec le temps, représenter un seul peuple intellectuel. »
C’est pourquoi on a fait se joindre les Templiers aux Chevaliers de Saint-Jean, et ceux-ci s’incorporèrent dans la Franc-Maçonnerie sous le nom de Maçons de Saint-Jean.
Nous trouvons, par conséquent, dans le Sceau Rompu, en 1745, l’effronté mensonge suivant, digne des Fils de Loyola : « Les Loges furent dédiées à saint Jean, parce que les Chevaliers-Maçons, pendant les guerres de Palestine, s’étaient réunis aux Chevaliers de Saint-Jean. »
Le degré des Kadosh fut inventé à Lyon en 1743 (du moins c’est ce que dit Thory) et « il doit représenter la vengeance des Templiers« . Et nous constatons, qu’à ce sujet, Findel dit que « l’Ordre des Chevaliers Templiers fut aboli en 1311, et c’est à cette époque qu’ils durent se reporter, lorsque, après l’exil de Malte de quelques Chevaliers, inculpés d’être Franc-Maçons, en 1740, il ne fut plus possible de maintenir les relations avec l’Ordre de Saint-Jean, ou Chevaliers de Malte, alors à l’apogée de leur puissance sous la souveraineté du Pape« .
Si nous écoutons maintenant Clavel, un des meilleurs auteurs sur la Maçonnerie, nous lisons « qu’il est clair que l’institution de l’Ordre français des Chevaliers Templiers, ne date pas d’avant 1804, et qu’il ne peut légitimement prétendre à être la continuation de la soi-disant société de la petite Résurrection des Templiers », et que celle-ci non plus, ne descend pas de l’ancien Ordre des Chevaliers Templiers ». Par conséquent nous voyons ces pseudo-Templiers, sous la direction des dignes Pères Jésuites, forger à Paris en 1806, la célèbre charte de Larmenius. Vingt ans après, ce corps néfaste et ténébreux, guidant le bras des assassins, le dirigea contre un des meilleurs et un des plus grands princes de l’Europe, dont la mort mystérieuse, malheureusement pour l’intérêt de la vérité et de la justice, n’a jamais fait l’objet d’une enquête, ou proclamée à la face du monde comme elle aurait dû l’être, et cela pour des raisons politiques. C’est ce prince, lui-même un Franc-Maçon, qui fut le dernier dépositaire des secrets des véritables Chevaliers Templiers. Pendant de longs siècles, ils étaient restés inconnus et même insoupçonnés. Se réunissant tous les treize ans, à Malte, leur Grand Maître ne prévenant les frères européens que quelques heures à l’avance, du lieu du rendez-vous ces représentants du corps jadis le plus puissant et le plus glorieux des Templiers, se rassemblaient à jour fixe, venant de divers points de la terre. Au nombre de treize, en souvenir de l’année de la mort de Jacques Molay (1313) les Frères, maintenant Orientaux, parmi lesquels il y avait des têtes couronnées, concertaient ensemble l’avenir religieux et politique des nations ; tandis que les Chevaliers papistes, leurs successeurs bâtards et sanguinaires dormaient tranquillement dans leurs lits, sans qu’un rêve vint troubler leurs coupables consciences.
« Et cependant, dit Rebold, malgré la confusion qu’ils avaient créée (1736-72), les Jésuites ne purent accomplir qu’un seul de leurs buts, c’est-à-dire : dénaturer et jeter le discrédit sur l’institution maçonnique. Après avoir réussi, comme ils le croyaient, à la détruire sous une forme, ils étaient résolus à s’en servir sous une autre. Dans ce but, ils instituèrent les systèmes dénommés « Secrétariat des Templiers », un amalgame des différentes histoires, incidents et caractéristiques des croisades mélangés aux rêveries des alchimistes. Dans cette combinaison, le Catholicisme dirigeait tout, et tout l’édifice se mouvait sur des roues, représentant le grand but pour lequel la Société de Jésus avait été fondée (72d). »
Par conséquent, les rites et les symboles de la Maçonnerie, bien qu’ayant une origine « païenne » ont tous une saveur de Christianisme et servent celui-ci. Il faut qu’un Maçon déclare croire en un Dieu personnel, Jéhovah, et dans les degrés de campement, également au Christ, avant d’être reçu dans la Loge, tandis que les Templiers de Saint-Jean croyaient au Principe inconnu et invisible, duquel procèdent les Pouvoirs Créateurs, nommés à tort des dieux, et se tenaient à la version nazaréenne que Ben-Panther était le père pécheur de Jésus, qui se proclamait ainsi « le fils de Dieu et de l’humanité (73d1) (73d2) ». Cela explique encore pourquoi les Maçons prêtent un si terrible serment sur la Bible, et pourquoi aussi leurs conférences concordent d’une manière si servile avec la chronologie Patriarco-Biblique. Dans l’Ordre Américain des Rose-Croix, par exemple, lorsque le néophyte s’approche de l’autel, les « Chevaliers sont debout et à l’ordre et le T. :. Sage fait la proclamation ». « À la gloire du Gr.:. Ar.:. de l’U.:. (Jehovah-Binah ?), et sous les auspices du Souverain Sanctuaire de la Franc-Maçonnerie Antique et Primitive, etc., etc. Le Chevalier d’Eloquence frappe alors un coup et informe le néophyte que les antiques légendes de la Maçonnerie datent de QUARANTE Siècles ; il ne revendique pas une antiquité plus grande pour aucune d’elles que celle de 622 A.M. à laquelle époque, dit-il, Noe() est né. En pareille circonstance, il faut reconnaître que c’est faire une concession fort libérale aux préférences de la chronologie. Après cela on (74) apprend aux Maçons que ce fut à peu près vers l’an 2188 avant J.-C. que Mizraim emmena des colonies en Egypte, où il fonda l’Empire égyptien, lequel empire subsista pendant 1663 ans (!!!). Bien étrange cette chronologie, qui, si elle se conforme pieusement à celle de la Bible, est en parfait désaccord avec celle de l’histoire. Les neuf noms mythiques de la Divinité, importés en Egypte, suivant les Maçons, seulement au cours du XXIIème siècle avant J.-C. se trouvent inscrits sur des monuments deux fois plus anciens, si nous devons en croire les plus célèbres égyptologues. Toutefois il faut aussi prendre en considération que les Maçons, eux-mêmes, ignorent complètement ces noms.
La vérité est que la Maçonnerie moderne est bien différente de ce qu’était, jadis, la fraternité secrète universelle, à l’époque où les adorateurs brahmaniques du AUM échangeaient les attouchements et les mots de passe avec les fervents du TUM, et que les adeptes de tous les pays sous le soleil étaient des « Frères ».
Qu’était alors ce nom mystérieux, cette « parole » puissante au moyen de laquelle les initiés hindous, chaldéens et égyptiens exécutaient tous leurs miracles ? Au chapitre CXV du Rituel égyptien des Funérailles, intitulé : « Le Chapitre de la sortie du ciel… et de la connaissance des Esprits de An » (Héliopolis), Horus dit : « J’ai connu les Esprits de An. Les très glorieux ne passent pas au-dessus… à moins que les dieux ne me donnent la PAROLE. » Dans un autre hymne, l’âme transformée s’écrie : « Ouvrez-moi la route vers Rusta. Je suis le Sublime, vêtu comme le Sublime. Me voici ! Me voici ! Doux sont pour moi les rois d’Osiris. Je crée l’eau (par le pouvoir de la Parole)… Je n’ai point vu les secrets cachés ?… J’ai donné au Soleil la Vérité. Je suis clair. On m’adore pour ma pureté » (CXVII-CXIX, chapitres de l’entrée et de la sortie de Rusta). Autre part, le manuscrit de la momie s’exprime comme suit : « Je suis le Grand Dieu (l’esprit) existant par moi-même, le créateur de Son Nom… Je connais le nom de ce Grand Dieu qui est là. »
Ses ennemis accusaient Jésus d’avoir fait des miracles, et suivant ce que disaient ses apôtres, d’avoir chassé les démons par le pouvoir du NOM INEFFABLE. Ceux-là étaient persuadés qu’il l’avait volé dans le Sanctuaire. « Et il chassait les esprits avec sa parole… et guérissait tous ceux qui étaient malades. » (Mat. XVIII.16). Lorsque les magistrats des Juifs demandèrent à Pierre (Actes IV. 7) : « Par quelle puissance ou par quel nom avez-vous fait cela ? » Pierre répond : « C’est par le NOM de Jésus-Christ de Nazareth. » Mais cela veut-il dire le nom du Christ, ainsi que les traducteurs voudraient nous le faire croire ; ou alors cela signifierait-il « par le NOM qui était en la possession de Jésus de Nazareth« , l’initié que les Juifs accusaient de l’avoir appris, mais qu’il avait vraiment reçu par initiation ? En outre, il affirme à maintes reprises que tout ce qu’il faisait, il le faisait au « Nom de son Père« , et non au sien.
Mais quel est le Maçon moderne qui l’a entendu prononcer ? Dans leur propre rituel, ils confessent qu’ils ne l’ont jamais entendu. Le « Chevalier d’Eloquence » dit au « Chevalier T. :. Sage » que les mots de passe qu’il a reçus dans les degrés précédents « sont autant de corruptions » du véritable nom de Dieu, gravé sur le triangle ; et que, par conséquent, on a adopté un « substitut ». C’est le cas, également, pour la Loge Bleue, où le Maître, représentant le Roi Salomon, est d’accord avec le Roi Hiram que le Mot *** « doit servir de substitut pour la parole de Maître jusqu’à ce que des siècles plus sages fassent découvrir la vraie parole« . Quel est le Premier Surveillant parmi tous les milliers de ceux qui ont aidé à amener les candidats des ténèbres à la lumière ; ou quel est le Maître qui a « murmuré à l’oreille du supposé Hiram Abi, la « parole » mystique, en le tenant par les cinq points de compagnon, ont soupçonné la véritable signification de ce substitut qu’ils transmettent à « voix basse » ? Peu nombreux sont les nouveaux Maîtres Maçons qui s’imaginent qu’il a un rapport occulte quelconque avec la « Moelle dans l’os ». Que savent-ils de ce personnage mystique connu seulement de quelques adeptes sous le nom du « vénérable MAH », ou de ces mystérieux Frères Orientaux qui lui Obéissent, et dont le nom est abrégé dans la première syllabe des trois qui composent le substitut Maçonnique – Le MAH, qui vit encore aujourd’hui en un lieu ignoré de tous, sauf des initiés, et auquel on ne peut accéder qu’en traversant des déserts impraticables, où n’ont passé ni les Jésuites ni les missionnaires, car la route est semée de dangers capables d’épouvanter les explorateurs les plus courageux ? Et néanmoins, pendant des générations entières ce jeu incompréhensible de voyelles et de consonnes a été murmuré à l’oreille des novices, comme s’il eût possédé assez de pouvoir pour faire dévier de sa course un duvet de chardon flottant dans l’air ! De même que le Christianisme, la Franc-Maçonnerie est un cadavre dont l’esprit s’est, depuis longtemps, envolé.
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