CHÉLA OU MÉDIUM

On enseigne très tôt aux étudiants de la science secrète l’existence, l’origine et les fonctions des trois « Nadis » ou tubes qui traversent la moelle épinière de l’être humain, et qui prennent leur source dans le bulbe rachidien. Le tube central est appelé le Sushumna, et ceux de gauche et de droite, respectivement l’Ida et le Pingala.

La médecine traditionnelle est incapable d’établir à quoi servent ces tubes, même lorsque ses spécialistes sont convaincus de leur existence, ce qui n’est pas toujours le cas. Une section transverse de la moelle épinière montre clairement le tube central, et on peut parfois voir de chaque côté une chaîne indistincte. Pour le chercheur moyen, ces tubes ne semblent pas avoir de fonction particulière, car ni la dissection ni l’observation ne permettent d’en établir. Ils ont cependant une grande influence sur les corps extérieur et intérieur des êtres humains, car ils servent à transporter des forces parmi les plus subtiles de la nature. Ces tubes transmettent les formes d’énergie qui permettent au yogi, au médium en transe ou au sujet magnétisé ou hypnotisé de demeurer en état de samadhi ou de transe pendant des jours et parfois des années, sans prendre de nourriture matérielle. En d’autres mots, ces tubes transportent l’énergie qui sert de nourriture au corps astral. Cette énergie est alors transmise à des centres du corps physique, qu’elle soutient jusqu’à ce qu’il s’éveille à la conscience normale. Comme cette conscience est fondée sur l’astral et provient de lui, il est évident que ces véhicules sont nécessaires. La forme particulière d’énergie mentionnée ci-dessus est en quelque sorte l’essence spirituelle d’une nourriture matérielle concentrée. Les yeux capables de la voir lui attribuent une couleur définie : le contact avec la matière de niveau inférieur abaisse les vibrations de la couleur homogène du Sushumna, qui se décompose alors en quatre couleurs. Le nombre de couleurs peut augmenter ou diminuer lorsque le corps se trouve près de divers objets de la même couleur ou de la couleur complémentaire. L’élévation des vibrations causée par cette couleur ajoute de la force et de la puissance à l’énergie qui se manifeste ainsi dans le Sushumna.

L’Ida et le Pingala jouent plutôt le rôle de centres de distribution que celui de premiers transmetteurs d’énergie. Ils recueillent l’énergie quand elle traverse le chakra le plus bas de la moelle épinière, et la distribuent à des centres du corps physique, où elle sert à fabriquer des corpuscules sanguins, qui à leur tour sont intimement liés au corps astral. Pour illustrer l’utilisation d’une couleur particulière comme aide au développement d’une qualité, j’attirerai votre attention sur le fait que les Initiés d’un degré particulier de la Grande Loge Blanche portent constamment sur la tête la teinte de jaune qui correspond au principe christique, dans le but d’accélérer le développement en eux du Kryashakti, la Volonté Forte, qui est un des aspects du principe christique. Mais un chéla ne pourrait aucunement profiter de cette couleur, à moins que son objectif soit d’établir en lui-même une vibration en harmonie avec la couleur astrale supérieure. En d’autres mots, il faudrait que son intention, en portant cette couleur, soit de faire couler en lui le principe christique, qui est essentiellement l’altruisme.

Il existe actuellement beaucoup de controverse chez un groupe particulier de chercheurs concernant l’état de transe. La question en litige est de savoir s’il existe une différence appréciable entre la perte de la conscience physique observée chez le yogi ou chez les chélas de la Loge – les disciples qui, sous la direction immédiate d’un Initié, ont atteint un état de transe volontaire ou samadhi – et celle des soi-disant médiums spirituels, qui sont sous le contrôle des habitants du plan astral inférieur. Un voyant compétent ou un chéla avancé pourrait voir la différence entre ces deux états au premier coup d’œil. En effet, il verrait dans le Sushumna du yogi ou du chéla quatre des couleurs du prisme en vibration rapide. Les couleurs se mêlent et s’entremêlent si rapidement qu’il est difficile de percevoir une couleur particulière. Dans le cas du médium, on peut distinguer les couleurs de son Sushumna, mais elles sont fades et sombres, et chacune se distingue facilement des autres.

Le médium en transe est à la merci de toutes sortes de phénomènes astraux incontrôlés, et il est incapable de se protéger correctement, parce que sa propre volonté est temporairement paralysée. À demi conscient, son corps astral dérive sans contrôle. Occasionnellement, il rencontre des entités plus hautement développées, qui ne sont plus incarnées, mais qui sont encore liées à la Terre, soit parce qu’elles sont forcées d’y rester pour avoir violé une loi cyclique ou parce qu’elles n’ont pas appris à contrôler leurs principes inférieurs, et sont dominées par ceux-ci. Ces entités peuvent être capables de livrer un enseignement qui semble de haut niveau, mais elles n’ont pas davantage le moyen de vérifier leurs théories et leurs déductions qu’elles en avaient lorsqu’elles vivaient sur le plan physique parmi des hommes et des femmes d’un même niveau de développement. Leurs impressions et leurs déclarations ne sont donc pas parfaitement fiables. Pour le médium, elles semblent provenir d’une source spirituelle élevée : il ne trompe donc pas ses interlocuteurs volontairement. Naturellement, cela ne s’applique qu’à une catégorie particulière de médiums, ceux qui sont incapables d’une tromperie consciente.

Il semble difficile de faire comprendre à certaines personnes que le passage d’une âme d’un plan à un autre ne change pas les caractéristiques de cette âme d’une façon miraculeuse, et ne transforme pas un démon en ange. La vérité est que l’âme passe au plan astral avec pratiquement le même niveau de développement qu’elle avait atteint lorsqu’elle a quitté le plan physique. Il est fréquent que l’esprit d’un médium enthousiaste s’affaiblisse lorsqu’il est entouré par des élémentaux et des vampires humains de bas niveau, qui se nourrissent de sa substance et le laissent finalement comme une épave sur les plans mental et moral. Mais ce qui est infiniment plus important pour le médium est que pendant sa transe, son esprit supérieur, son âme spirituelle, est temporairement incapable d’agir sur les principes inférieurs, parce l’Antaskarana, le pont entre les deux, est placé dans un état de semi paralysie lorsque le corps astral est forcé artificiellement de se projeter sans s’y être préparé par de longues années de travail, et sans avoir appris à se protéger.

Le yogi et le chéla accepté ont appris à contrôler leur corps à un degré tel qu’ils perdent toute notion de temps et d’espace lorsqu’ils sont en transe. Leurs mouvements ne sont alors limités que par leur propre volonté et leurs propres désirs.

Ce n’est pas uniquement par les couleurs du Sushumna que le voyant peut voir une différence entre l’état d’un yogi ou d’un chéla et celui d’un médium, lorsqu’ils sont en transe. Les couleurs du quaternaire inférieur, rouge, vert, orange et rouge violet, sont très vives dans l’aura du médium, alors que dans l’aura du yogi ou du chéla, on ne voit qu’une lueur dorée dans laquelle brillent occasionnellement des éclairs de violet, le tout mélangé et vibrant très fortement. Lorsqu’il accepte un chéla, le Maître qui guide son évolution lui donne immédiatement la tâche d’unifier en lui les deux aspects de la VOLONTÉ divine. Cette tâche trouve sa pleine réalisation durant une initiation au cours de laquelle le chéla acquiert un corps de feu (un corps permanent). Je n’ai pas l’intention de suggérer qu’il est impossible d’acquérir ce corps sans l’aide d’un Initié sur le plan physique, mais je déclare catégoriquement qu’il est impossible de l’obtenir sans se conformer de façon absolue aux lois par lesquelles le chéla accepté conquiert le Gardien du Seuil, ou, en d’autres mots, détruit le pont dont j’ai parlé plus tôt entre le plan astral supérieur et les principes supérieurs de ses corps astraux inférieurs. Un des avantages que procure l’état de disciple est une évolution plus rapide. Aucun scientifique ne rejetterait l’aide d’un collègue plus compétent lorsqu’il s’efforce de démontrer une thèse. De même, aucun être humain ne peut se permettre de rejeter l’aide ou les conseils d’un Initié. Tôt ou tard, il doit se placer, dans l’astral sinon dans le plan physique, sous la direction d’un être plus évolué que lui avant de pouvoir reconnaître et éliminer les ennemis trompeurs qui rôdent dans les niveaux supérieurs du sentier de la vie, tout comme d’ailleurs dans les niveaux inférieurs.

Certains des dangers auxquels doivent faire face le médium et le sujet hypnotisé ou magnétisé sont semblables à ceux qui menacent l’enfant prématuré. Ni l’un ni l’autre n’est préparé à affronter les forces hostiles qui l’attaquent lorsqu’il se trouve soudainement jeté sans protection dans un environnement inconnu. L’aide dont l’un et l’autre auraient besoin est du même niveau que la force qu’acquiert le petit oiseau en défonçant la coquille de l’œuf qui a protégé sa gestation. Car c’est une force qui ne s’obtient que par une lutte acharnée dans des conditions défavorables. L’Initié ou le Maître ne peut que tenir le flambeau, montrer les sables mouvants d’un côté du sentier de la vie et les bêtes de proie de l’autre. Le disciple doit traverser le bourbier et tuer les bêtes lui-même, au moyen des connaissances et des pouvoirs qu’il a acquis en brisant la coquille qui le maintenait pendant sa gestation, c’est-à-dire pendant qu’il vivait dans le monde des hommes et des choses.

Une des pires erreurs que le fidèle enthousiaste d’une religion organisée peut faire est de s’imaginer que les lois qui contrôlent l’univers visible sont abrogées lorsqu’on atteint un point supposé de démarcation entre le royaume visible et l’invisible. En réalité, cette frontière n’existe pas. Les mêmes lois opèrent sur tous les plans de manifestation. La différence apparente est due aux changements qui se produisent dans l’état de la substance ou de la matière dont ces plans sont faits. L’occultiste utilise fréquemment un concept erroné pour l’expliquer. En effet, il ne peut pas utiliser le véritable concept, parce que l’étudiant ne comprend pas les lois régissant les vibrations qui causent la manifestation de ces différents états de la matière. C’est pourquoi on utilise souvent l’expression : « Les lois de tel ou tel plan ont changé » lorsqu’on essaie de faire comprendre des éléments de la vie de ceux qui vivent sur ces plans.

En conclusion, je veux attirer de nouveau votre attention sur la réalité des effets de la couleur sur le corps physique comme sur le corps astral. Je vous conseille d’observer et de noter soigneusement l’effet des différentes couleurs sur votre esprit et votre corps, et de vous efforcer de comprendre tout ce que je vous ai déjà transmis sur ce sujet.

HILARION - Temple 1 - Leçon 42
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