On entend et on voit souvent les mots « âme nue », et cela donne un frisson de terreur, mais combien peu nombreuses sont les personnes qui comprennent, en dernière analyse, le véritable sens de ces mots. Dans leur application générale, ces mots impliquent qu’une âme est dépouillée des ornements de sa vie matérielle, qu’elle est tachée par le péché et qu’elle constitue un bon sujet pour la vengeance d’un Dieu outragé ou pour la pitié d’un cœur humain compatissant. Mais essayons de regarder un peu plus dans les profondeurs de la vie afin d’en trouver le véritable sens.
L’âme se tient nue devant Dieu et le Soi Supérieur lorsqu’elle est dépouillée de ses vêtements : triomphe intellectuel, avantages matériels, habitudes et idiosyncrasies d’une longue suite d’incarnations dans la matière, depuis l’animal jusqu’à l’homme. Depuis le moment de la première conscience de l’homme individualisé jusqu’à l’homme mentalement et moralement parfait, raffiné, spiritualisé, de la civilisation la plus avancée, à la fin de chaque incarnation, lorsque tous les dons et avantages matériels et mentaux, toutes les conséquences des vies gaspillées, toutes les caractéristiques grossières des phases inférieures de l’homme sont abandonnés, nous pouvons poser la question : « Que pourrait-il bien rester à l’âme pour couvrir sa nudité ? »
Puis, si nous retraçons le chemin de cette âme sur Terre tout au long de ses vies, nous verrons qu’aussi bonnes ou qu’aussi mauvaises qu’aient été ces vies, à la base de chacune d’elle, qu’elle ait été vécue en tant que sauvage, homme des cavernes, païen ou homme civilisé du XXe siècle, il y avait « Amour », « Dévotion », « Espérance » et « Foi ».
Ces attributs divins ont pu n’être exercés que pour une épouse ou un enfant, des parents ou une patrie, mais dans la mesure où l’âme a été capable de fonctionner et de réaliser ces attributs, dans la même mesure elle a été revêtue de la majesté et de la gloire de Dieu. Lorsque tout le reste a disparu, lorsque cette âme a été dépouillée de ses ornements matériels – nue peut-être aux yeux de tous les autres –, Dieu et le Soi Supérieur pouvaient voir qu’elle n’était pas sans vêtements et qu’elle ne pourrait jamais être sans vêtements tant qu’elle demeurerait une âme, car elle a été faite et revêtue de l’essence même de la Divinité, et que, par conséquent, elle possède la force et le pouvoir innés de conquérir toutes les limitations de la forme et de la matière, aussi puissantes que puissent être ces dernières, si on lui donne le temps et les occasions nécessaires pour le faire.
Si on pouvait lui enlever cette gloire et cette majesté, ses derniers vêtements intérieurs, l’âme ne serait plus une âme. Il ne demeurerait alors, et ce seulement pour une courte période, que ce qui a servi de sanctuaire à l’âme pendant un temps, ses vêtements extérieurs – et ceux-là seuls –, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils soient réduits en leurs parties constituantes.
Les mots « âme nue » n’ont donc rien à voir avec le criminel pécheur condamné, ni avec le pénitent. Il s’agit d’un « Enfant de Dieu », pur et sans tache, et ce n’est pas avant que l’âme commence à tacher ses beaux vêtements – « Amour », « Dévotion », « Espérance » et « Foi » – avec la boue de la licence, à désirer des choses pour son propre plaisir et à vivre dans l’attente d’être récompensée pour sa vertu qu’elle commence à se dépouiller de ses véritables vêtements. Lorsque l’esprit et le corps humains sont complètement vêtus aux yeux du monde, alors effectivement l’âme est nue et, étant nue, elle n’est rien.
HILARION - Temple 3 - Leçon 400


