LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

L’humanité est au bord d’un abîme qui, à mesure que le cycle approche de sa fin, s’ouvre de façon perceptible pour la recevoir. Les formes qui ont mené cette humanité à sa dangereuse position actuelle sont en train de se mélanger et de se combiner en vue de son renversement final. Plusieurs des unités de cette humanité se trouvent dans la position d’un infirme sans ses béquilles, les yeux bandés, et forcées de traverser un torrent impétueux sur une simple planche instable. La science matérialiste a fait son travail et l’a bien fait du point de vue de ceux qui ne songent qu’à eux-mêmes et qui, sous les apparences de la dévotion à la science et à l’humanité, se sont distingués et mis de côté pour leur propre usage exclusif tous les trésors de la Terre que leurs grandes mains avides pouvaient attraper. Dans leur arrogance, ils ont attaqué sans hésitation les fondations de l’univers : ils ont fait de la Foi, de l’Amour et de la Confiance – les pommes dorées de l’Arbre de Vie – des sujets universels de mépris et de ridicule. Et les masses qui ont subvenu à leurs caprices et à leurs désirs de notoriété, quoique ignorantes de la véritable position de ces derniers ou de leurs vrais motifs, en récoltent maintenant les fruits dans l’athéisme, l’anarchie et la rébellion contre Dieu et l’homme. Promesse après promesse ont été brisées, car ces pauvres ennemis de la race humaine, leurrés qu’ils ont été, ne peuvent pas voir que, lorsqu’ils ont atteint le point central de leur recherche, ils ont rejeté les seuls outils et les seules armes qui leur étaient nécessaires pour poursuivre leur avancement.

Sans le bouclier de la foi, l’évangile de paix – la cuirasse de la droiture et l’épée de l’esprit –, aucun homme, ange ou démon ne saurait pénétrer dans le domaine spirituel et arracher à ses Gardiens la connaissance et le pouvoir véritables. Ces armes sont beaucoup plus réelles, pratiques et durables que leurs prototypes terrestres.

L’occultisme n’a rien contre la véritable recherche scientifique, contre le pur de cœur, le chercheur honnête et désintéressé. La nature ouvre ses merveilleux yeux et lui permet de regarder dans ses profondeurs pour toucher, goûter et manipuler avec ses organes spirituels ses vastes trésors de sagesse et de connaissance. Il n’est peut-être pas toujours capable de les ramener pour les soumettre au mépris et aux moqueries du monde, mais il a vu et il est satisfait. Pour ceux qui ont ainsi établi un pont par-dessus le gouffre entre la vie et la mort – entre la mort et la vie – et qui ont permis à bien des pèlerins aux pieds meurtris de le traverser, l’occultisme ouvre grand les bras. Mais il négligerait son devoir et manquerait à ses idéaux de vérité et de dévotion envers l’humanité s’il laissait passer inaperçus les traîtres à la cause – les meurtriers des âmes d’innombrables millions de personnes qui ont été menées par les fausses promesses d’une ambition cruellement inspirée à adorer un « veau d’or » dont la cruauté raffinée excède de loin celle de toute l’époque couvrant l’histoire biblique.

Ici et là, à travers ces masses, se trouvent ceux qui n’ont pas permis à la lumière de l’esprit de s’éteindre, qui ont bravement soutenu les accusations de dégénérescence mentale, de croissance exagérée d’un intellectualisme morbide et d’autres épithètes méprisantes du même acabit – qui ont pris le meilleur de ce que ces soi-disant scientifiques avaient à offrir et qui ont rejeté le reste. À ceux-là revient un double et triple devoir, le devoir envers Dieu, eux-mêmes et leur prochain. Ceux-là savent que le « fleuve de la vie », nourri par les ruisseaux du véritable occultisme et du christianisme, coule encore sous la croûte de la connaissance superficielle, et que s’ils peuvent amener les autres unités à prendre conscience de leur propre aveuglement et de leur propre faiblesse, il y a encore du temps avant la fin du présent cycle pour unir leurs forces en vue de l’attaque finale des ennemis de la race, et ainsi traverser l’arc descendant du cycle en le transformant en « l’eau sereine de l’Âge d’Or ». Il ne fait aucun doute qu’amis et ennemis seront rassemblés dans une étreinte mortelle, lorsque le grand coup de balai sera donné, mais la possibilité de voir se terminer le travail et celle des résultats glorieux devraient inspirer au vrai guerrier un courage invincible. Car le vrai guerrier qui livre maintenant le même combat sur le plan spirituel de l’être sait – car il est connaissance – qu’il peut et doit gagner cette bataille vitale, sans quoi la Terre éclatera en fragments qui tomberont morceau par morceau sur d’autres mondes pour des millénaires à venir.

HILARION - Temple 3 - Leçon 382
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