S’il y a une accusation qu’aucun être humain moyen n’a la capacité de réfuter, et par conséquent la plus inutile, l’accusation si souvent répétée qui a déchiré et divisé chacune des sections du travail théosophique – aussi rapidement en fait qu’elles se développaient –, c’est bien celle concernant la réception de « faux messages ».
L’ignorance affichée par un disciple, et par ceux et celles qui le suivent dans ce genre d’accusation contre un disciple accepté – un « soi-disant dirigeant » –, est étonnante considérant toutes les informations données par la Loge Blanche aux disciples. Ces informations devraient faire en sorte qu’il soit impossible à quiconque aurait totalement absorbé quelques notions des premiers principes de l’occultisme d’apporter son soutien à une semblable accusation.
Lorsque tout a été dit, il est remarquable de noter la difficulté que possède un étudiant intelligent et sincère de déterminer le statut d’un « réel disciple des Maîtres » ou encore celui d’un « prétendu disciple de ces derniers ». Il est facile de résoudre la question par un simple calcul soustractif. Laissez de côté toutes les autres qualifications, les talents, les possibilités, etc., et voyez s’il reste une dévotion active aux premiers principes et une compassion pour la race humaine. Peu importe l’érudition, le pouvoir sur les forces de la nature ou l’estime accordée par ceux qui le ou la suivent, un agent de la Loge ne peut pas volontairement faire du tort à un autre être humain, que ce soit par ses mots, ses actions ou sa pensée, et conserver sa position. Peu importe ce qu’il est capable de faire d’autre, ou ce dont il peut être coupable par ailleurs, sa dévotion et sa compassion envers la race humaine doivent être la clef de voûte de sa volonté de développement spirituel, et s’il a des carences à cet égard, les dés sont jetés.
L’exposé de Paul sur la charité1 concorde parfaitement avec les qualifications essentielles d’un disciple accepté de la Grande Loge Blanche. Il est clair même pour un esprit obscurci, qu’un disciple qualifié est loin au-delà et au-dessus de la commission d’un acte qui pourrait rendre un être humain incapable de contacter la Loge. Le premier mot d’une condamnation volontaire ou d’insulte concernant une autre personne ou la commission d’un acte délibérément cruel et dénué de tout esprit de fraternité changeraient le statut d’un disciple, et même celui d’un Initié de la Loge Blanche. Vous avez toujours à votre portée un test irréfutable ; un peu d’observation mettra inévitablement en lumière la vérité quant à la position d’un disciple.
Selon le Judas de son temps, Jésus était possédé par le démon lorsqu’il a tenté de donner au monde le message de son Père. Selon celui de son temps, H.P.B était affligée de la même faute, tout comme l’ont été tous les porteurs du flambeau depuis la nuit des temps, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Sachant tout ceci, est-il nécessaire d’ignorer les signes des mêmes forces inhibitrices et destructrices en vous-mêmes et chez autrui, ou d’oublier votre propre responsabilité à cet égard ?
Si vous avez jamais su ce qu’est un Maître, vous ne pourriez jamais être trompés par les faussetés spécieuses des Judas d’aujourd’hui.
Tout bon juge de la nature humaine peut identifier un aide compétent, fiable et efficace dans son champ d’activité ou de travail. Seule une personne au caractère faible et instable se fierait à la parole de son concierge ou de son valet pour juger un individu choisi pour son pouvoir et ses capacités de tenir les livres ou à être fidèle aux intérêts de son entreprise. Si cet aide a été embauché dans le but exprès d’effectuer la tenue des livres et de délivrer des messages, l’employeur n’a pas à se préoccuper de savoir si l’employé a mangé du bœuf ou du porc au dîner, ou s’il porte des vêtements de coton ou de laine. Le maintien en emploi de cet aide ne doit reposer que sur sa capacité à accomplir avec efficacité les tâches pour lesquelles il a été employé, et sur rien d’autre.
La pierre d’achoppement qui divise tant d’investigateurs est leur refus d’appliquer à la sélection d’un enseignant dans l’une ou l’autre des voies de la recherche occulte les mêmes principes qu’ils utiliseraient pour choisir un employé capable d’effectuer n’importe quel type de travail extérieur.
Une attaque effectuée à l’encontre d’un néophyte accepté par l’un des disciples inférieurs (à l’instigation d’un soi-disant Maître), en raison d’une dispute personnelle fondée sur la revanche, la jalousie ou l’ambition, amènerait n’importe quelle personne neutre à ce débat à répudier ce « soi-disant Maître ». Et elle serait justifiée de le faire, si ce disciple inférieur est une créature changeante, instable et peu fiable, souvent représenté comme une personne associée au déserteur ou au traître. Ce disciple inférieur est presque toujours un individu qui a été réprimandé ou blessé dans sa personne par le contenu d’un message véridique et qui, par conséquent, crie « Faussetés ! » en tentant de se justifier.
Vous pouvez considérer ceci comme un fait évident : c’est chaque fois quelqu’un qui a fait une demande déraisonnable dans le but d’obtenir une reconnaissance personnelle spéciale, chose qu’on lui a refusée, qui lance ce cri. Il entreprend d’attirer à lui d’autres personnes dont il croit qu’elles ont souffert pour les mêmes raisons. Ce n’est jamais quelqu’un qui a passé le test suprême du discipulat.
S’il est impossible d’obtenir les livres ou les manuels pouvant fournir les informations nécessaires pour illustrer les correspondances exactes entre les douze grandes divisions du cosmos qui se manifestent extérieurement à travers chaque cycle messianique (les douze grandes divisions de l’humanité), nous pouvons du moins tenter d’obtenir beaucoup d’informations précieuses à cet égard en considérant les douze disciples du Maître Jésus comme des exemples. Si nous consacrons fidèlement toute notre attention à tout ce qu’on peut apprendre de leurs caractéristiques, qualités et méthodes de travail, nous trouverons toujours, non seulement les mêmes qualités nécessaires évidentes autour et dans l’organisation et l’entourage de chaque Sauveur, mais nous les trouverons aussi, à des degrés moindres d’intensité et de pouvoir, dans l’entourage de chaque Maître et de chaque agent choisi par ce Maître. Elles peuvent toutes être symbolisées par des noms : Simon-Pierre, André, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques (fils d’Alphée), Simon le Zélote, Judas le frère de Jacques et Judas l’Iscariote. Aucune de ces divisions n’est plus en évidence sur le plan physique que celle concernant le pouvoir de Judas. Avec les premières vibrations d’un cycle messianique, comme le serpent aux sept têtes qui repoussaient sitôt après avoir été coupées, cette division apparaît et attire à elle tout le soutien qu’elle peut obtenir de chaque créature faible et misérable susceptible d’être influencée par un désir égoïste. Elle tente ces pauvres âmes afin qu’elles tendent les bras pour atteindre une trentaine de misérables pièces d’argent, ou quelque chose qui pourrait les représenter : la revanche, par exemple, ou le favoritisme ambitieux, l’infidélité, l’envie, ou l’une ou l’autre des innombrables choses que peuvent symboliser les trente pièces d’argent. Si nos propres oreilles n’étaient pas scellées ni nos propres yeux aveuglés par quelque chose de même nature, nous ne serions jamais embêtés pour reconnaître et affronter ces limitations chez nos collègues.
Il existe d’innombrables messages provenant prétendument d’un ou de plusieurs Maîtres, et dont les Maîtres n’ont jamais entendu parler et qu’ils n’ont jamais vus ; mais ces messages ne proviennent pas des agents désignés par les Maîtres. Ces agents connaissent trop bien les conséquences d’actions semblables, et si l’amour ne les retenait pas, la peur le ferait sûrement, advenant que cette tentation leur soit jamais venue. Quelle tentation les disciples acceptés et entraînés pourraient-ils avoir de donner de faux messages, alors qu’il est en leur pouvoir d’obtenir de vrais messages s’ils ont besoin d’être guidés ou s’ils désirent une information ? Les gens ne sont pas souvent tentés de saisir une poignée d’ivraie lorsqu’ils peuvent prendre une poignée de blé tout aussi facilement. La force de Judas jette un voile sur la compréhension de ceux qu’elle peut atteindre, et les faits réels sont oubliés ou négligés dans tous les cas où une question vitale est en jeu et qu’une action traîtresse va être portée contre les Maîtres du sentier de la main droite.
1 N.D.É. Première Épître de Paul aux Corinthiens 13.
HILARION - Temple 3 - Leçon 372


