LE TEMPS

Le temps est une « grande illusion » ; le temps est un « grand révélateur ». Il s’agit de deux aspects contradictoires du temps, de ce qui est réel, éternel ou immobile, de l’origine des mesures, mais rien par lui-même, et pourtant la toile de fond de toutes les choses changeantes. Il est mesuré en secondes, en minutes, en heures et en jours, mais il est lui-même sans mesure. Qui peut résoudre ce mystère ?

L’esprit humain moyen qui cherche une toile de fond pour les divisions du temps, afin d’y fixer les informations de son vécu, se rend compte que les seules unités de mesure dont il peut être certain sont les événements : tragédie ou comédie selon le cas, les événements qui sont inscrits sur les pages de la mémoire de l’âme pour y demeurer tant que la personne aura besoin de ces archives.

Tout comme la main de l’homme d’affaires écrit les notes de ses rendez-vous, et classe ses données pour un possible usage ultérieur une fois les rendez-vous passés, de même la main de l’âme, l’esprit humain, enregistre sur la substance de la sphère aurique les événements d’une vie à mesure qu’ils se produisent, et ils y resteront à jamais. Ces archives sont les pages de la mémoire que l’âme du défunt peut lire dans l’intervalle entre la vie et la mort. Aucun œil autre que le vôtre, sauf celui de la Divinité, ne pourrait lire et interpréter ces archives.

Les événements qui se sont produits durant toutes vos vies antérieures aussi bien que ceux qui se produiront dans toutes vos vies à venir constituent les mots et les lettres d’une langue qui vous est toute particulière. La dernière phrase à être enregistrée sur ces pages ne pourra y être inscrite que lorsque vous vous tiendrez à la frontière du Nirvana. Quels seront les derniers mots ou les dernières phrases que vous y inscrirez ?

Lorsque l’homme atteint le milieu de sa vie, les forces ardentes du prana ont réduit en cendres les divers attributs extérieurs de la jeunesse, tout comme les eaux du vaste océan de la vie commencent à se déverser et à nettoyer ces cendres, au sens figuré. Un élément superphysique, qui sépare naturellement les qualités inférieures et supérieures, se forme à la suite des changements alchimiques produits par les forces d’évolution de la vie.

L’homme chez qui ce processus est achevé et qui a saisi la vision du Soi Supérieur est maintenant en possession d’une certaine mesure de sagesse. Il perçoit que les jeunes font les mêmes erreurs et se laissent aller aux mêmes folies que celles qui avaient entravé son propre progrès, et il leur épargnerait volontiers les conséquences inévitables de ces dernières. Mais lorsque le processus de changement est terminé, l’homme qui a englouti sa conscience dans celle du moi inférieur avec ses passions devient une menace pour la jeunesse. Cependant, la loi divine a levé un mur entre cet homme et ses victimes potentielles. Les jeunes reconnaissent instinctivement ce mur et évitent un contact trop intime avec cet homme, à moins que ces derniers n’aient déjà été souillés par des influences vicieuses complémentaires.

Le temps et les événements de la vie quotidienne enregistreront les leçons de l’expérience de chaque âme humaine. Lorsque ces leçons sont apprises, l’âme est prête pour une expression supérieure de la vie.

HILARION - Temple 3 - Leçon 358
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