Lorsque tout a été dit, et dans la mesure où l’humanité de la présente période est concernée, la sexualité et tout ce qui s’y rapporte est une question d’involution au cours de cette deuxième moitié du grand cycle mondial. C’est pour cette raison que sa note est si prédominante dans la présente échelle d’évolution. Elle est à la fois la clef la plus haute et la clef la plus basse de la matière en manifestation. Une clef ouvre la porte des cieux et l’autre les portes de l’enfer ; et quant à savoir laquelle des deux clefs sera utilisée, cela dépend entièrement du statut d’évolution de chaque individu.
L’archée1, le noumène de l’électricité, de la vie ou de la force vitale, est la créatrice, la conservatrice et la destructrice de toutes les formes de vie. Les centres d’action – les véhicules –, les organes dans et à travers lesquels s’exprime cette force, varient en forme et en fonction dans chacune des manifestations de la nature. Si vous étiez capables de percevoir son action sur les plans spirituel et manasique, elle s’apparenterait plus à un globe tournant sur lui-même et présentant des couleurs exquises, ou encore à un centre matériel tel un soleil. Vous ne lui trouveriez que peu de ressemblance avec les organes sexuels de l’homme ou de l’animal, de la plante ou du minéral. Cette force accomplit la même fonction en chacune des manifestations de la nature, accroissant son action sur l’arc ascendant du développement, et réduisant son action sur l’arc descendant, et ce, dans toutes les formes de centres sexuels, tels ceux mentionnés plus haut. En tout temps, elle dirige la croissance et le développement de chacun des centres d’action de ce genre, étant assujettie à l’influence de la volonté, quelle que soit la manière dont cette dernière se manifeste.
L’homme, en tant qu’individu, possède un centre d’action synthétique semblable, de la même façon dont il dispose du centre des organes sexuels – ce n’est qu’une question de degré.
Par la force de sa propre volonté et en réponse aux passions inférieures qui ont exigé satisfaction, l’homme a diminué l’action vibratoire de la substance qui forme le centre des organes sexuels, de sorte que le rythme parfait entre ce centre d’action et les centres spirituel et manasique correspondants n’existe plus.
Chez l’être humain moyen, cette exigence est si forte qu’elle devient fréquemment gênante d’un point de vue physique pour la personne qui se restreint trop sévèrement, ce qui amène cette dernière à sauter aux conclusions et à croire qu’une semblable restriction n’est pas naturelle, et qu’elle est par conséquent mauvaise. L’homme n’est pas capable de voir que les effets néfastes sont le résultat de l’action karmique, et que plus il se laisse aller à ses désirs, plus ceux-ci le contrôlent, jusqu’à ce qu’il atteigne le point de satiété.
Il détient sans le savoir le pouvoir d’élever les vibrations du centre sexuel par la transmutation de la substance de ce centre au moyen de la force vitale qui s’y déverse, et ce, jusqu’à ce qu’il puisse percevoir l’action rythmique d’un centre plus élevé, mais d’une nature similaire : selon le cas, soit l’action rythmique du centre de son cœur ou de l’un des centres de sa tête, ou encore celle d’un centre correspondant dans un soleil ou dans un centre spirituel supérieur. Il faut se rappeler que les centres mentionnés ne reproduisent ni la forme ni la fonction des organes physiques, ces derniers étant simplement les véhicules d’expression de la force vitale sur le plan physique.
Il existe une certaine correspondance entre les deux canaux de la colonne vertébrale à travers lesquels la substance transmutée des centres inférieurs passe et repasse, dans des allers et retours vers et depuis le cœur et les centres de la tête, cette substance étant mise en action par le pouvoir de la volonté et du yoga.
La gratification des impulsions sensuelles ne joue aucun rôle dans la transmutation de la substance des centres que j’ai mentionnés – cela est purement physique. C’est par l’action de la volonté et du mental sur la substance du centre sexuel que la transmutation se produit.
Vous devez vous rappeler que cette transmutation n’était pas nécessaire dans les races divines antérieures. L’union entre Dieu et l’homme, entre le masculin et le féminin, était parfaite. Ces races n’avaient pas derrière elles de longues ères d’infraction à la loi.
Le fait que tant de disciples sincères de la Loge associent l’acte de la copulation à une fusion avec l’Essence divine n’est pas étrange. La force créatrice n’est que l’une des formes de l’énergie spirituelle qui agit principalement au centre de toutes choses et de toutes créatures vivantes. Chaque désir d’union ou de relation plus intime avec Dieu ou avec le plus haut idéal de Dieu surgit de ce centre – le Cœur. Cette force est différenciée et agit à travers les organes sexuels ; mais l’Énergie créatrice elle-même reste éternellement « une ». Par conséquent, quelle que soit la pureté du désir de communion plus intime avec Dieu qui peut surgir du cœur, l’impulsion créatrice ainsi éveillée et mise en action peut toujours susciter une réponse dans les organes sexuels. Si plusieurs ruisseaux s’écoulent d’un plan d’eau, l’eau de ces ruisseaux sera de la même nature que celle de leur source – sauf si elle est corrompue au passage.
La passion corrompt le pur flux créateur qui s’écoule du cœur. Il ne s’ensuit pas nécessairement que le fait de prendre conscience de la résonance d’une corde dans les organes sexuels exige l’acte de la copulation. Sur le plan spirituel, la copulation entraîne une dépense d’énergie créatrice spirituelle.
C’est à des moments semblables, lorsque le pur désir d’une communion intime avec Dieu éveille une vibration dans les centres sexuels que l’aspirant néophyte trouve une grande occasion, car en raison du sacrifice du désir de l’union physique, l’énergie créatrice exigera une réponse d’un centre créateur supérieur à celui des organes physiques – la glande pinéale –, et l’activité qui se manifestera alors entre la tête et le cœur est ce qui procure à l’homme l’utilisation du pouvoir de la Kryashakti2, toutes autres choses étant par ailleurs égales.
Il est impossible de décrire l’action des forces créatrices supérieures, car si nous rejetons la passion et la copulation, comme nous devons le faire, il n’y a rien de visible ni de tangible qui puisse, par analogie ou correspondance, en donner une idée conceptuelle. La façon de s’en approcher au plus près passe par l’imagination : imaginez que l’union de deux courants d’air suscite la formation d’un véhicule pour la transmission d’une étincelle électrique.
Le désir de possession de pouvoirs spirituels ne libère pas l’homme ou la femme de la promesse solennelle qu’ils se sont faite en prononçant leurs vœux de mariage. Ils ont fait ces vœux volontairement. En termes de développement, on peut gagner bien plus par le sacrifice de soi que ce qui serait autrement possible par un effort spécial d’abstinence de relations sexuelles dans le but d’acquérir un certain développement spirituel. Naturellement, il y a des exceptions à cette règle, car les premières obligations de chaque être humain sont envers son corps physique, et si l’obligation maritale milite contre ces premières obligations, c’est un sujet qui mérite une profonde réflexion.
Chaque homme et chaque femme possède les centres par lesquels opèrent principalement et en même temps les principes masculin et féminin. Chaque être humain est complet en ce qui concerne l’essentiel. Ces centres résident dans le cœur et dans la tête. Chez l’homme, le centre de la tête est généralement plus fort que chez la femme. Chez la femme, le centre du cœur est généralement plus fort que chez l’homme. Lorsque ces centres seront équilibrés, la sexualité telle que vous la connaissez disparaîtra et la passion sexuelle sera élevée. L’inégalité de force et de virilité entre les centres de la tête et du cœur est l’une des conséquences de la différenciation des sexes dans les races actuelles de la Terre. Là où les deux centres sont égaux, le désir sexuel ne contrôle plus – la divine Hermaphrodite est créée, et en elle réside le pouvoir de la création par la volonté et le yoga. L’énergie créatrice reflue dans les deux canaux de la colonne vertébrale jusqu’à ce qu’un certain taux vibratoire soit atteint. Alors, deux étincelles de feu – les germes de la vie – sont émises. Chez l’homme et la femme en différenciation, ces germes sont finalement déposés dans les centres reproducteurs. Ils sont la graine de la vie physique. Chez la divine Hermaphrodite, ils sont déposés dans le centre qui a été appelé « glande pinéale » – le « troisième œil » des Anciens qui devient la source du pouvoir de la Kryashakti.
1 – N.D.É. Archée : Dans l’alchimie et l’ancienne philosophie, feu central de la Terre et principe de vie.
2 – N.D.É. Kryashakti : Mot sanscrit décrivant l’une des sept forces de la nature, le pouvoir de la pensée. C’est la puissance créatrice des siddhis (pouvoirs) des yogis qui ont atteint la perfection.
HILARION - Temple 3 - Leçon 352


