Vous feriez une triste erreur, mes enfants, en considérant avec légèreté ou en ridiculisant le plus fondamental de tous les principaux sacrements qui unissent les voies matérielles et les voies spirituelles de la vie. Malheureusement, la liste de ceux qui peuvent évaluer correctement les graves conséquences qui découlent des mariages actuels sont plutôt une exception, et leur nombre grandit tous les jours. Chaque vrai mouvement spirituel se voit confronté aux questions du mariage et du divorce ; ainsi l’existence future de quelque mouvement ou de plusieurs des plus importantes phases d’évolution du monde dans son ensemble sont tributaires d’une bonne solution à ces questions. Toute l’humanité est également concernée par les questions touchant la sexualité qui sont présentement mises à l’avant-scène dans toutes les divisions de la race humaine. Ce fait est particulièrement remarquable dans tous les mouvements qualifiés à tort de mouvements de la « Pensée nouvelle ». L’effort consenti pour atteindre et comprendre les forces les plus fines de la nature amène inévitablement l’étudiant à réfléchir au grand principe créateur, et il n’y a pas loin entre la compréhension qu’ils en font et la considération des fonctions sexuelles comme elles sont généralement perçues.
Le langage utilisé pour exposer les plus anciennes et les plus importantes vérités a dissimulé plutôt que révélé ces vérités, et il y avait des raisons très importantes à cela, la première étant la nécessité de protéger le disciple ignorant et par trop anxieux contre une interprétation imprudente de la vérité révélée, et deuxièmement pour le protéger également contre une mauvaise utilisation ou un abus des formes supérieures plus raffinées d’énergies à son avantage personnel, ce qui apporte inévitablement une réaction aux conséquences épouvantables pour celui qui ose prostituer ces formes d’énergie à des fins indignes.
Il n’y a pas de fonction plus sainte, plus sacrée, que celle de la relation sexuelle entre un homme et une femme, rien de plus divin que l’utilisation du grand principe créateur, et – notez bien mes paroles – rien de plus monstrueux, dans son résultat final, que d’en abuser ou de mal l’utiliser. Peu importe la forme, la cérémonie ou la coutume utilisée pour couvrir le coupable, le fait est que le mariage sans amour véritable, fidélité ou confiance absolue n’est qu’une forme de prostitution.
On dit qu’il n’y a pas de mariage dans les « cieux », et cela est vrai, mais les raisons n’en sont généralement pas comprises. Il ne saurait y avoir de mariage dans les conditions dévachaniques, pour la simple raison qu’il n’y a jamais de séparation entre les âmes qui sont « à la maison », dans cet état d’existence. Une relation maritale parfaite ne peut être consommée que sur Terre parce que les parties concernées ont compris qu’elles étaient des « soi » séparés – ou personnalités – d’une seule et même entité qui avait une grande mission à accomplir ; et cette mission ne pouvait s’accomplir que par une séparation temporaire des principes masculin et féminin, nécessitant ainsi la présence – dans la matière d’une vibration plus grossière – des deux aspects mentionnés plus haut. Il faut se rappeler que les « soi » séparés d’un Ego peuvent acquérir l’expérience nécessaire en s’unissant aux « soi » séparés d’un autre Ego. Cependant, la seule possibilité de ce qu’on appelle en général un « mariage heureux » sur ce plan doit venir de l’union de ceux qui sont en vibration synchrone, c’est-à-dire entre ceux qui appartiennent à la même âme de groupe ; et ceci est vrai parce qu’en cette ère particulière, un véritable mariage entre les « soi » séparés d’un seul Ego ne peut se produire, sauf dans le cas des parents d’un grand Avatar. La cause de ce fait réside dans l’un des Grands Mystères qui n’ont pas encore été révélés aux masses.
Il y a une grande différence entre l’idée généralement acceptée des « âmes sœurs » – ou « âmes jumelles » – et les enseignements du Temple au sujet des « soi » séparés d’un Ego ou d’une âme de groupe.
La théorie des affinités, des « âmes sœurs », etc., est issue d’une compréhension partielle de la vibration synchrone des diverses phases d’un état donné de la matière appartenant à un centre commun, ou tête commune, ce qui peut être illustré par l’action du pôle positif et du pôle négatif d’un aimant sur le centre neutre de ce même aimant. Ce centre, en autant que l’homme soit actuellement concerné, existe sur un plan intérieur, et la vérité est que pour perfectionner un mariage comme celui que nous avons mentionné, le troisième principe, le centre neutre, devrait se trouver sur le même plan de vie ou dans l’habitat naturel des aspects positif et négatif – les manifestations masculine et féminine dans un corps.
Le nombre deux, qui symbolise les jumeaux, est un nombre de différenciation plutôt qu’un nombre d’unité. Le nombre trois est le symbole de l’agrégation, d’unité. Étant donné que nous n’avons pas évolué jusqu’au point où les vibrations du « deux cosmique » peuvent répondre aux vibrations de la « troisième manifestation » – dont l’action se situe actuellement sur le plan astral supérieur –, et aussi en raison du gouffre infranchissable entre ces deux états de la matière, le mariage parfait est impossible, sauf dans les cas parfois appelés « actes spéciaux de la Providence » où une grande entité spirituelle est prête à s’incarner pour le salut d’une race ou d’une nation, comme ce fut le cas lors de la conception et de la naissance de Jésus ou de d’autres Avatars.
Il y a des exceptions à toutes les règles. Ainsi il en existe une concernant la loi générale régissant la séparation des plans, comme dans le cas de Jésus. Le grand mystère de la conception de la Vierge Marie est une chose relativement simple lorsqu’elle est comprise. L’adombrement de l’Esprit saint auquel réfèrent les Évangiles fut en réalité l’établissement d’un pont au-dessus du gouffre entre deux plans, dans un but bien spécifique, c’est-à-dire pour que la Lumière du Spirituel – le grand Principe Créateur de l’univers – puisse éclairer (adombrer) la conception de celui qui, dans d’autres circonstances, aurait été simplement un être humain ordinaire. C’est cette Lumière qui a distingué Jésus et d’autres Sauveurs du reste de la race à laquelle ils appartenaient.
Il fut un temps – et ce sera de nouveau le cas à la fin de cette ère – où une race bisexuelle habitait la Terre. Ses vibrations naturelles étaient synchrones avec les vibrations de l’essence de vie d’un plan plus élevé ; et le vrai mariage, l’union du masculin et du féminin combinés avec le supérieur, le Père ou l’Âme de groupe, était la règle plutôt que l’exception. Nous pouvons accélérer ou retarder le retour de cette période selon l’utilisation que nous ferons des occasions actuelles.
Même si ce sujet n’est que partiellement compris, il peut nous éclairer quant aux grandes responsabilités qui reposent actuellement sur nous ainsi que sur l’absurdité de permettre au concept général des affinités de nous amener à répudier la plus sacrée des obligations pour suivre une « fantaisie passagère » dans la recherche d’un état impossible. Nous ne pouvons jamais atteindre une réalité spirituelle en répudiant un devoir matériel évident.
Le mariage parfait est une union à trois composantes, et l’organe maintenant atrophié de l’homme, la glande pinéale, le seul organe par lequel l’énergie créatrice spirituelle – le troisième principe de l’union – puisse agir, redeviendra actif dans la sixième race.
HILARION - Temple 2 - Leçon 319


