LA RÉSISTANCE

La mauvaise interprétation d’un seul mot dans les passages les plus authentiques de la Bible peut mener à bien des erreurs. Mais, l’ignorance de la nature et du caractère de la force ou substance dont on parle dans ce livre ainsi que les méthodes qu’utilisent les « Constructeurs cosmiques » dans le laboratoire de la nature créent encore plus de confusion.

Prenez par exemple les injonctions apparemment contradictoires suivantes : « Je vous dis de ne pas résister au malin1» et « Résistez au diable2 ». Du point de vue le plus élevé, « malin » et « diable » sont synonymes.

L’énergie de « résistance » est un principe de vie universel sans lequel il ne saurait y avoir aucune vie manifestée, car c’est cette énergie qui stoppe ou retarde les courants électriques, refoule le fluide – ou la force – et l’amène, en quelque sorte, à déborder dans d’autres domaines de la vie. Si le principe de résistance n’existait pas, ces courants tourneraient en rond autour de l’éther, encore et toujours, éternellement, et les « Constructeurs cosmiques » ainsi que les « Destructeurs cosmiques » n’auraient aucune possibilité de surmonter les conditions ou limitations, et donc de devenir visibles ou audibles, ni même de prendre forme sur quelque plan de vie que ce soit.

Si vous prenez tout ceci en considération, l’utilisation du mot « résister » dans le sens ésotérique des passages cités plus haut devient plus intelligible. Ne pas « résister » au « malin », au sens ésotérique, consiste à permettre, lorsque nécessaire, aux courants vibratoires du bien négatif de passer à travers notre conscience sans interruption, car une interruption signifierait infection, matérialisation, condensation et absorption finale.

Il semblerait que la même nécessité existe en rapport avec le dernier passage mentionné, « résistez au diable, et il fuira loin de vous2 », mais il y a juste assez de différence entre « malin » et « diable », comme on l’indique ici, pour qu’il soit nécessaire de changer de méthode pour manipuler la même force négative. À travers ses interruptions périodiques, dans ses passages millénaires à travers la substance cosmique, comme c’est prévu par la loi d’évolution, cette force a pris une forme transitoire, une fausse forme qui peut être aussi méthodiquement et instantanément détruite par un degré condensé et concentré de la même force qui à l’origine lui a donné une forme, quelle qu’elle soit. Par conséquent, lorsque ce qu’on appelle communément le « diable » rencontre l’aspect positif de l’énergie de résistance dans la mentalité humaine, il est arrêté, renvoyé et rendu inoffensif ou tué ; il ne peut pas passer entièrement à travers la sphère mentale ou spirituelle qu’est l’aura de l’homme.

C’est la connaissance de ce fait qui justifie l’affirmation si souvent répétée de l’occultiste, à savoir que « le malin détruit le malin » ; en d’autres mots, l’aspect positif d’une bonne résistance détruit l’aspect négatif de la même énergie lorsque celle-ci s’oppose aux lois éternelles de la croissance, qu’il s’agisse de masse, de matière ou de vie organisée. Lorsque vous en viendrez à analyser et classifier les différents modes d’action caractéristiques de cette forme particulière de l’énergie ainsi que la variété de ses formes et attributs, vous verrez que vous avez une tâche interminable, une tâche qui devient de plus en plus difficile, incompréhensible et stupéfiante, à mesure que vous l’approfondissez.

Vous pouvez être enclins à vous moquer de ces récits familiers de conversions soudaines comme en racontent les membres de certaines sectes. Mais, même si beaucoup de ce qu’on nous présente comme des conversions n’est en fait que le résultat de l’excitation et de la fatigue nerveuse accompagnées d’un spectacle d’autosuggestion, il y a bien d’autres cas similaires où le cours entier de la vie d’une personne s’est trouvé instantanément changé. Certains d’entre vous pouvez avoir fait l’expérience d’un plein éveil, résultat de la reconnaissance soudaine des forces malignes qui résident en vous et qui ont, en quelque sorte, envahi votre organisme ou vous ont rendus aveugles à la vérité, à la moralité, à la droiture et à la compassion, gonflant votre égotisme et votre auto-adulation, à un point tel, que vous étiez devenu un objet d’horreur et de mépris pour votre Soi Supérieur, élément qui a certainement joué un rôle déterminant dans votre éveil. Écrasé par la contrition, accablé par votre propre image mentale, comme vous avez dû l’être ou auriez pu l’être si les conditions avaient été différentes, vous êtes tombés à genoux.

Et dans le cri à fendre l’âme, « Dieu, pardonnez-moi, car je ne savais pas ce que je faisais3 », vous êtes tombé dans un état partiellement léthargique, suivi plus tard d’une période de plus grande conscience de soi. Sans aucun doute, vous avez alors réalisé – par quelque obscure et merveilleuse opération d’une loi divine – qu’un grand changement s’était fait en vous. Le poids avait disparu, remplacé par une paix indicible, une réalisation du fait que Dieu est en vous et en toutes choses. À partir de ce moment, toute la vie a changé pour vous. Ce qui s’est produit en réalité fut l’opération de l’aspect positif de la force de résistance mise en mouvement par votre Soi Supérieur, un courant cosmique momentanément détourné de son cours naturel par ce dernier pour vous donner l’occasion de voir le mal condensé qui s’était empilé au cours de votre cycle de vie. Ainsi empilé – aussi damné soit-il –, ce mal s’est tenu parfaitement immobile pendant suffisamment longtemps pour que, après avoir été clairement reconnu par vous, la force d’expulsion, jusque-là latente, puisse être allumée avec suffisamment d’intensité pour vous permettre d’expulser les créations élémentales étrangères, anormales et affaiblissantes qui s’étaient logées dans votre petit monde individuel.

Comme je l’ai déjà suggéré, la résistance étant un aspect de Dieu – Dieu en conjonction avec vous, c’est-à-dire avec le pouvoir que vous aviez jusque-là développé –, cette dernière a suffi à exorciser tout esprit du « malin » ou du « diable », toute conjonction avec les forces du mal qui aurait pu vous asservir, mais Dieu ne pouvait pas le faire seul. Votre coopération était nécessaire, l’effort premier devait venir du « vous organique », « vous » – vous-même – deviez résister ou n’offrir aucune résistance, selon le cas.

Si vous maintenez continuellement à votre esprit que vous, vous-même, consciemment ou inconsciemment, établissez la vitesse du mouvement de chaque forme ou courant d’énergie cosmique qui touche votre vie, vous serez mené sur bien des sentiers de connaissance jusqu’ici scellés pour vous, des sentiers que votre désobéissance persistante et continuelle ainsi que votre rébellion scellent constamment, en dépit de tous les efforts de vos Frères Aînés pour les desceller, un petit peu, pour que la soif d’une connaissance encore plus profonde s’éveille en vous. Vous pourriez vous épargner de longues ères, de longs jours ou de longues années inutiles, comme l’ont fait tant de races d’hommes dans cette ère et dans d’autres, et comme il semblerait, il doit en être ainsi jusqu’à la fin du Maha Youga, oui, je le répète, jusqu’à la fin.

1 N.D.É. Évangile de Matthieu 5 39.

2 N.D.É. Évangile de Jacques 4 7.

3 N.D.É. Paraphrase de l’Évangile de Luc 23 34.

HILARION - Temple 2 - Leçon 316
image_pdfEnregistrerimage_printImprimer