SAGESSE EGYPTIENNE – Partie 12
Mais il y a peut-être bien des circonstances, insignifiantes pour les archéologues qui ne sont pas au courant des « vaines et fantastiques » légendes de l’antiquité, et qui, par conséquent, ont été négligées ; autrement, cette découverte aurait pu les mettre sur une autre voie. L’une d’elles est la présence invariable du singe dans les temples en ruines de l’Egypte, du Mexique et de Siam. Le cynocéphale Egyptien prend les mêmes postures que l’Hanouman hindou ou Siamois, et parmi les fragments de sculptures de Copan, Stephens a trouvé des restes de singes ou babouins gigantesques « ressemblant beaucoup, comme dessin et apparence, aux quatre animaux monstrueux qui jadis étaient placés de front à la base de l’obélisque de Louxor, actuellement à Paris (518), et qui, sous le nom de cynocéphales étaient honorés d’un culte à Thèbes ». Dans presque tous les temples Bouddhiques, on conserve de colossales idoles de singes, et il y a des gens qui gardent dans leurs maisons des singes blancs, « dans le but d’éloigner les mauvais esprits ».
« La civilisation, dans le sens complexe que nous donnons à ce mot, écrit Louis de Carne (519b), était-elle parmi les anciens Cambodgiens à la hauteur que paraissent indiquer les prodiges d’architecture ? Le siècle de Phidias fut celui de Sophocle, de Socrate et de Platon ; Michel-Ange et Raphael succédèrent à Dante. Il y a des époques lumineuses, durant lesquelles l’esprit humain, se développant dans tous les sens, triomphe partout, et crée des chefs-d’œuvre qui émanent tous de la même source d’inspiration ». « Nagkon-Wat, conclut M. Vincent, doit être attribué à d’autres qu’aux anciens habitants du Cambodge. Mais qui ? …. Il n’existe là-dessus aucune tradition digne de foi. Tout n’est que fable ou légende (520b) ».
Cette dernière phrase est devenue depuis peu une phrase à la mode dans la bouche des voyageurs et des archéologues. Lorsqu’ils ont trouvé qu’aucun indice n’est possible ailleurs que dans les légendes populaires, ils tournent le dos découragés et diffèrent un verdict définitif. M. Vincent cite en même temps un auteur qui fait remarquer que ces ruines « sont aussi imposantes que celles de Thèbes, ou de Memphis, mais plus mystérieuses ». Mouhot (521b) pense qu’elles ont été bâties par quelque Michel-Ange de l’antiquité », et il ajoute que Nagkon-Wat « est plus grandiose que tout ce que nous ont laissé la Grèce et Rome ». De plus, Mouhot attribue encore cet édifice à une des tribus perdues d’Israël, et il est confirmé dans cette opinion par Miche(), l’Evêque Français du Cambodge, qui confesse avoir été frappé « du caractère Hébraïque des visages de beaucoup de sauvages Stiens ». Henri Mouhot croit que, « sans exagération, on peut accorder aux parties les plus anciennes des ruines d’Angkor plus de deux mille années d’existence ». Cet âge, comparé à celui des Pyramides, les rendrait presque modernes ; mais la date est d’autant plus incroyable, que les peintures des murailles appartiennent évidemment à ces siècles archaïques, où Poseidon et les Kabires étaient adorés sur tout le continent. Si Nagkon-Wat avait été construit, comme le prétend le Dr Adolf Bastian (522b), « pour la réception du savant patriarche Bouddhagosha qui apporta de Ceylan les livres sacrés du Trai-Pidok », ou, comme le dit l’évêque Pallegois, qui place la construction de cet édifice pendant le règne du Phra Pathum Suriving, au moment où les livres sacrés du Bouddhisme furent apportés de Ceylan, et où le Bouddhisme devint la religion des Cambodgiens », comment expliquer ce qui suit ?
« Nous voyons sculptées dans le même temple des images de Bouddha ayant quatre et trente-deux bras, des dieux à deux et à seize têtes, le Vishnou hindou, des dieux avec des ailes, des têtes Birmanes, des figures hindoues, et la mythologie Cingalaise… On y voit des guerriers montés sur des éléphants ou dans des chariots, des soldats à pied avec des lances et des boucliers, des bateaux…, des tigres, des griffons…, des serpents, des poissons, des crocodiles, des bœufs… des soldats d’un développement physique immense, portant des casques, et des gens à grandes barbes, probablement des Maures. Les figures, ajoute M. Vincent, sont placées à peu près comme celles que l’on voit sur les grands monuments de l’Egypte, le côté presque tourné de front…, et j’ai remarqué en outre cinq cavaliers armés d’éperons et de sabres, marchant en ligne, comme ceux que l’on voit sur les tablettes assyriennes au British Museum (523) ».
Pour notre part, nous pourrions ajouter qu’il y a sur les murs plusieurs images de Dagon, l’homme-poisson des Babyloniens, et des dieux Kabires de Samothrace. Cela peut avoir échappé à l’attention des rares archéologues qui ont examiné le monument ; mais en l’inspectant de plus près, on les y trouvera, aussi bien que le fameux père des Kabires, Vulcain, avec ses foudres et ses outils, ayant auprès de lui un roi, sceptre en main, contrepartie de celui de Chéronée, dit « sceptre d’Agamemnon », qui lui avait été donné par le dieu boiteux de Lemnos. Dans un autre endroit, nous trouvons Vulcain, reconnaissable à son marteau et à ses tenailles, mais sous la forme d’un singe, tel qu’il était habituellement représenté par les Egyptiens.
Or, si Nagkon-Wat est essentiellement un temple Bouddhique, comment se fait-il qu’il ait sur ses murs des bas-reliefs d’un caractère tout à fait Assyrien ; et des dieux Kabires qui, bien qu’adorés universellement comme les plus anciens dieux mystérieux de l’Asie, avaient déjà été abandonnés 200 avant Jésus-Christ, et les mystères de Samothrace eux-mêmes complètement défigurés ? D’où vient la tradition populaire parmi les Cambodgiens concernant le Prince de Roma, personnage mentionné par tous les historiens indigènes, qui lui attribuent la fondation du temple ? N’est-ce pas possible que le Ramayana lui-même, le fameux poème épique, ne soit que l’original de l’Iliade d’Homere, ainsi qu’on l’a suggéré il y a quelques années ? Le beau Pâris enlevant Hélène ressemble beaucoup à Ravana, roi des géants, s’enfuyant avec Sita, femme de Rama. La guerre de Troie est la contre-partie de la guerre du Ramayana ; de plus Herodote nous assure que les héros et les dieux Troyens datent en Grèce seulement du temps de l’Iliade. Dans ce cas, Hanouman lui-même, le dieu-singe, ne serait que Vulcain déguisé ; d’autant plus que la tradition du Cambodge fait venir de Roma le fondateur d’Angkor, qu’ils placent à l’extrémité occidentale du monde, et que le Rama hindou attribue également l’Occident aux descendants d’Hanouman.
Toute hypothétique que puisse paraître maintenant cette suggestion, elle mérite d’être prise en considération, ne fût-ce que pour la réfuter. L’abbé Jaquenet, missionnaire catholique en Cochinchine, toujours prêt à relier la moindre lueur historique à la révélation chrétienne écrit : « Soit que nous examinions les relations commerciales des Juifs… lorsqu’ils étaient à l’apogée de leur puissance, et que les flottes combinées d’Hiram et de Salomon allaient chercher les trésors d’Ophir…, soit que, descendant plus bas, nous arrivions à la dispersion des dix tribus, qui, au lieu de revenir de la captivité, partirent des rives de l’Euphrate et gagnèrent les côtes de l’Océan…, l’éclat de la lumière de la révélation dans l’Extrême-Orient n’en est pas moins incontestable (524) ».
Cela paraîtrait certainement « incontestable », si nous renversions la proposition, et si nous admettions que toute la lumière qui n’ait jamais brillé aux yeux des Israélites leur venait de l’Extrême-Orient, en passant d’abord par la Chaldée et l’Egypte. Le premier point à établir consisterait à trouver ce qu’étaient les Israélites eux-mêmes ; et c’est là la question capitale. Beaucoup d’historiens paraissent admettre, avec raison, que les Juifs étaient semblables ou identiques aux anciens Phéniciens, mais les Phéniciens étaient, incontestablement, de race Ethiopienne ; de plus la race actuelle du Punjab est une race hybride d’Ethiopiens Asiatiques. Herodote suit la trace des Hébreux jusqu’au Golfe Persique ; et au sud de ce point se trouvaient les Himyarites (les Arabes) ; au-delà, les premiers Chaldéens et Susiniens, les grands constructeurs. Cela paraît établir assez clairement leur affinité Ethiopienne. Megasthenes dit que les Juifs étaient une secte Indienne appelée Kalani, et que leur théologie ressemblait à celle des Indiens (525). D’autres auteurs aussi soupçonnaient les Juifs colons ou établis en Judée d’être des Yadous d’Afghanistan, l’Inde ancienne (526). Eusebe nous apprend que « les Ethiopiens venaient des rives de l’Indus, et s’établirent près de l’Egypte ». De plus amples recherches pourraient démontrer que les hindous Tamil, que les missionnaires accusent d’adorer le Diable, Kutti Shattan, honorent seulement, après tout, Seth ou Satan qu’adoraient les Hittites de la Bible.
Mais si les Juifs étaient, à l’aurore de l’histoire, des Phéniciens, ces derniers peuvent être retracés jusqu’aux nations qui faisaient usage de la langue sanscrite ancienne. Carthage était une ville Phénicienne, et de là son nom ; car Tyr était également Karth (Mel, Baal), ou le seigneur tutélaire de la ville. En sanscrit, une cité ou commune était un Koula et son seigneur était un Hari (527). Her-cules est donc la traduction de Mel-Karth et d’origine sanscrite. En outre, toutes les races de Cyclopes étaient Phéniciennes. Dans l’Odyssée (528), les Cyclopes sont des bergers de Libye ; et Herodote les décrit comme des mineurs et de grands constructeurs. Ce sont les anciens Titans ou géants qui, dans Hesiode, forgent des foudres pour Zeus (529). Ce sont les Zanzummim Bibliques de la terre des géants, les Anakim.
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