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SAGESSE EGYPTIENNE – Partie 10

Plusieurs historiens anciens donnent Moise comme un prêtre Egyptien. Manethon dit qu’il était un hiérophante d’Hiéropolis, et un prêtre du dieu-solaire Osiris, et que son nom était Osarsiph. Les modernes qui acceptent comme un fait acquis « qu’il était instruit dans toutes les branches de la Sagesse » des Egyptiens doivent aussi admettre la véritable interprétation du mot sagesse qui, dans le monde entier, était connu comme synonyme d’initiation aux mystères secrets des Mages. Est-ce que l’idée n’a jamais frappé le lecteur de la Bible qu’un étranger de naissance, élevé dans un pays étranger n’aurait pas pu être présenté ni admis, nous ne disons pas à l‘initiation finale, le plus grand de tous les mystères, mais même à partager les connaissances des prêtres inférieurs, qui faisaient partie des mystères mineurs ? Dans la Genèse, chapitre XLIII, verset 32, nous lisons qu’aucun Egyptien ne pouvait s’asseoir à table pour manger le pain avec les frères de Joseph(), « car c’était à leurs yeux une abomination », et que les Egyptiens mangeaient avec lui (Joseph()). Cela prouve deux choses : 1° Quelle que fût sa pensée intime, Joseph() avait, du moins en apparence, changé de religion, épousé la fille d’un prêtre de la nation « idolâtre », et était devenu lui-même Egyptien ; autrement les Egyptiens n’auraient jamais mangé le pain avec lui. Et 2° que plus tard Moise, quoique n’étant pas Egyptien de naissance, le devint par son admission dans le clergé, et qu’il fut ainsi compris au nombre des SODALES. Par voie d’induction, le récit du « serpent d’airain » (le Caducée de Mercure ou Asclépios, le fils du dieu solaire Apollon-Python) devient logique et naturel. Ne perdons pas de vue que la fille de Pharaon qui sauva Moise et l’adopta est nommée Thermutis par Josephe ; et ce nom, d’après Wilkinson, est celui de l’aspic consacré à Isis (506), de plus, Moise descendait de la tribu de Lévi. Nous expliquerons d’une manière plus complète dans le quatrième volume les idées cabalistiques concernant les livres de Moise et le grand prophète lui-même.

Si Brasseur de Bourbourg et le Chevalier Des Mousseaux avaient si fort à cœur de démontrer l’identité des Mexicains et des Chananéens, ils auraient pu trouver des preuves bien meilleures et d’un plus grand poids qu’en prouvant que les deux descendaient de Cham() « le maudit ». Ils auraient pu indiquer, par exemple, le Nergal, le chef des Mages Chaldéens et Assyriens (Rab-Mag), et le Nagual chef sorcier des Indiens du Mexique. Tous deux tiraient leur nom de Nergal-Sarezer, le dieu Assyrien, et tous deux avaient la même faculté ou pouvoir de posséder un démon assistant, avec lequel ils s’identifiaient complètement. Le Nergal Chaldéen et Assyrien gardait son démon sous la forme d’un animal considéré comme sacré, dans l’intérieur du temple ; le Nagual Indien le conserve partout où il peut, dans le lac ou la forêt voisine ou dans sa maison, sous la forme d’un animal domestique (507).

Dans un de ses récents numéros, nous voyons le journal le Monde Catholique se plaindre amèrement de ce que l’ancien élément Païen des aborigènes de l’Amérique ne soit pas complètement disparu des Etats-Unis. Même chez les tribus qui pendant de longues années ont été placées sous la direction de maîtres chrétiens, les rites païens sont pratiqués en secret, et le crypto-paganisme ou Nagualisme fleurit aujourd’hui comme au temps de Montezuma. Il dit : « Le Nagualisme et le culte Woudou », ainsi qu’il nomme ces deux étranges sectes, « sont ni plus ni moins le culte du diable ». Un rapport adressé aux Cortès en 1812 par don Pedro Baptista Pino dit : « Tous les pueblos ont leurs artufas, c’est ainsi que les natifs appellent des chambres souterraines n’ayant qu’une seule porte, où ils se rassemblent pour célébrer leurs fêtes et tenir leurs réunions. Ce sont des temples impénétrables… et les portes en sont toujours fermées aux Espagnols. »

« Tous ces pueblos, malgré l’autorité que la religion exerce sur eux, ne peuvent oublier une partie des croyances qui leur ont été transmises, et qu’ils ont bien soin de transmettre à leurs descendants. De là vient le culte qu’ils rendent au soleil et à la lune et aux autres corps célestes, et le respect qu’ils professent pour le feu, etc.

Les chefs du pueblo paraissent en même temps en être les prêtres ; ils accomplissent divers rites simples, par lesquels on reconnaît la puissance du soleil et de Montezuma, aussi bien que celle du Grand Serpent, auquel (suivant certaines narrations), ils sont redevables de la vie par ordre de Montezuma. Ils officient aussi dans certaines cérémonies dans le but d’obtenir la pluie. Certaines peintures représentent le grand serpent avec un homme contrefait aux cheveux rouges, et qui est, dit-on, la représentation de Montezuma. Il y avait aussi en 1845, dans le pueblo de Laguna, une grossière effigie ou idole de ce dernier, destinée en apparence à reproduire uniquement la tête de la divinité (508) ».

La parfaite identité de rites, de cérémonies, de traditions et même de noms des divinités, chez les Mexicains et les anciens Babyloniens et Egyptiens, est une preuve suffisante que l’Amérique du Sud a été peuplée par une colonie qui trouva mystérieusement sa route à travers l’Atlantique. Quand ? À quelle époque ? L’histoire garde le silence sur ce point ; mais ceux qui croient que toute tradition consacrée par les siècles est basée sur une parcelle de vérité, ajoutent foi à la légende de l’Atlantide. Il existe, disséminés de par le monde, une poignée d’étudiants penseurs et solitaires qui passent leur vie dans l’obscurité, loin des bruits du monde, à étudier les grands problèmes des univers physiques et spirituels. Ils ont leurs archives secrètes dans lesquelles sont conservés les fruits des travaux scolastiques de la longue série de reclus dont ils sont les successeurs. La science de leurs premiers ancêtres, les sages de l’Inde, de Babylone, de Ninive et de l’impériale Thèbes ; les légendes et les traditions commentées par les maîtres de Solon, de Pythagore et de Platon, dans les salles de marbre d’Héliopolis et de Saïs ; traditions qui, de leur temps déjà, brillaient faiblement en se dégageant des épaisses brumes du passé ; tout cela, et bien d’autres choses encore sont consignées sur des parchemins indestructibles, et transmises avec un soin jaloux d’un adepte à un autre. Ces hommes croient que l’histoire de l’Atlantide n’est pas une fable, et ils soutiennent qu’à différentes époques du passé, là où aujourd’hui il n’y a que le désert de l’Océan, existaient des îles immenses et même des continents. L’archéologue trouverait s’il pouvait les explorer, dans ces temples et ces bibliothèques engloutis, des matériaux pour combler toutes les lacunes qui existent dans ce que nous nous imaginons être l’histoire. Ils disent qu’à une époque éloignée, un voyageur pouvait traverser ce qui est aujourd’hui l’Océan Atlantique, dans presque toute son étendue par terre, n’ayant à franchir en bateau que l’espace d’une île à une autre, séparées entre elles par de petits détroits.

La parenté que nous supposons avoir existé entre les races cis-atlantiques et trans-atlantiques est confirmée par la lecture de merveilles accomplies par Quetzal-Cohuatl, le magicien Mexicain. On peut assimiler sa baguette à la verge traditionnelle de Moise, verge qui florissait dans le jardin de Raguel-Jethro son beau-père, et sur laquelle était gravé le nom ineffable (509). Les « quatre hommes » décrits comme les quatre ancêtres réels de la race humaine, « qui ne furent ni engendrés par les dieux, ni nés d’une femme », mais dont la « création fut une merveille accomplie par le Créateur » et qui furent formés après trois tentatives infructueuses, présentant également des points de ressemblance frappants avec les explications ésotériques des Hermétistes (510) ; ils rappellent incontestablement les quatre fils de Dieu de la théogonie égyptienne. De plus, ainsi que chacun peut s’en rendre compte, la ressemblance de ce mythe avec la narration consignée dans la Genèse est manifeste même pour un observateur superficiel. Ces quatre ancêtres « raisonnaient et parlaient, leur vue n’avait pas de limites, et ils savaient toutes choses d’emblée. Lorsqu’ils eurent rendu grâces à leur Créateur de leur existence, les dieux furent effrayés, et ils soufflèrent un nuage sur les yeux des hommes, afin qu’ils ne pussent voir au-delà d’une certaine distance et qu’ils ne soient pas semblables aux dieux eux-mêmes (511b) ». Cela a un rapport direct avec la phrase de la Genèse : « Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, connaissant le bien et le mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie », etc. Et ailleurs : « Et pendant qu’ils dormaient, Dieu leur donna des femmes », etc.

Loin de nous l’intention de manquer de respect et de suggérer des idées à ceux qui ont assez de savoir pour n’en avoir pas besoin. Mais nous ne devons pas perdre de vue que les traités authentiques sur l’ancienne magie des Chaldéens et des Egyptiens ne sont pas répandus à foison dans les bibliothèques publiques ni dans les ventes aux enchères. Leur existence est néanmoins un fait pour beaucoup de ceux qui étudient la philosophie occulte. N’est-il pas de la plus grande importance pour l’historien de l’antiquité de connaître leur contenu, fût-ce superficiellement ? « Les quatre ancêtres de la race, dit Max Muller, paraissent avoir eu une longue vie, et lorsqu’à la fin ils moururent, ils disparurent d’une façon mystérieuse, laissant à leur fils ce qu’on appelle la Majesté Cachée, qui ne doit jamais être ouverte par des mains humaines. Nous ignorons ce que c’était (512) ».

S’il n’existe aucune parenté entre cette Majesté Cachée et la gloire cachée de la Cabale Chaldéenne, que l’on nous dit avoir été laissée derrière lui par Enoch, lorsqu’il fut enlevé d’une façon mystérieuse, il ne faut, en ce cas, accorder aucun crédit aux preuves les plus probantes. Mais n’est-il pas simplement possible que ces « quatre ancêtres » de la race Quiché soient les types des quatre progéniteurs successifs de l’humanité dont il est fait mention dans la Genèse I, II, et VI ? Dans la Bible nous trouvons quatre races distinctes mentionnées. Dans le premier chapitre, le premier homme est bi-sexuel – « il les créa mâle et femelle » – ce qui correspond aux divinités hermaphrodites des mythologies subséquentes ; le second, Adam, fait de « la poussière de la terre » est uni-sexuel, correspond aux « enfants de Dieu » du chapitre VI ; le troisième, les géants ou nephilim, auxquels il n’est fait qu’une allusion dans la Bible, mais qui sont pleinement décrits ailleurs ; le quatrième est l’ancêtre des hommes dont « les filles étaient belles ».

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