LES VEDAS ET LA BIBLE – partie 9
Les plus anciennes légendes de l’histoire de l’Inde, parlent de deux dynasties, aujourd’hui perdues dans la nuit des temps ; la première était la dynastie des rois « de la race du soleil », qui régnait à Ayodhia (aujourd’hui Oude) ; la seconde était celle de la « race de la lune », qui régnait à Pruyag (Allahabad). Que celui qui voudrait se documenter sur le culte religieux de ces rois primitifs, lise le Livre des Morts des Egyptiens, qui traite tout en détail, du culte solaire et des dieux solaires. On ne fait jamais mention d’Osiris ou de Horus sans les rattacher au soleil. Ils sont les « Fils du Soleil » ; ils s’intitulent « le Seigneur et l’adorateur du Soleil ». « Le Soleil est le créateur du corps, le générateur des dieux qui sont les successeurs du Fils. » Pococke dans son très ingénieux ouvrage, parle hautement en faveur de cette idée, et cherche à établir encore mieux l’identité des mythologies égyptienne, grecque et indienne. Il montre que le chef de la race solaire Rajpout – de fait, le célèbre Cuclo-pos (Cyclope ou constructeur) – nommé « Le Grand Soleil », date de la plus ancienne tradition hindoue. Ce prince Gok-la, patriarche des immenses hordes d’Inachiens, dit-il, « ce Grand Soleil fut déifié à sa mort, et suivant la doctrine indienne de la métempsychose, son âme est supposée avoir transmigré dans le taureau « Apis », le Sera-pis grec, et le SOORA-PAS, ou Chef Solaire des Egyptiens… Osiris, proprement dit Oosras, signifie à la fois « un taureau » et un « rayon de lumière ». Soora-pas (Sérapis) le Chef solaire, car le Soleil, en sanscrit, est Sûrya. La Manifestation de la Lumière de Champollion rappelle, dans chaque chapitre, les deux Dynasties des Rois du Soleil et de la Lune. Par la suite, ces rois furent tous déifiés et transformés, après leur mort, en divinités solaires et lunaires. Leur culte fut la plus ancienne corruption de la grande religion primitive qui, avec raison, considérait le soleil et ses rayons vivifiants comme le symbole le plus approprié pour nous rappeler la présence universelle, invisible de Celui qui est le maître de la Vie et de la Mort. On en suit la trace maintenant à travers le monde entier. C’était la religion des premiers Brahmanes védiques, qui appellent, dans les plus anciens hymnes du Rig Véda, Sûrya (le soleil) et Agni (le feu) « le maître de l’univers », le « Seigneur des hommes » et le « roi sage ». Il constituait le culte des Mages, des Zoroastriens, des Egyptiens et des Grecs, qu’ils l’aient appelé Mithra, Ahura-Mazda, Osiris ou Zeus, honorant comme son plus proche parent Vesta, le pur feu céleste. Cette religion se trouve encore dans le culte du soleil du Pérou ; dans le Sabianisme et l’héliolâtrie des Chaldéens, dans le « buisson ardent » de Moise, dans l’abaissement de la tête des chefs du peuple devant le Seigneur, le « Soleil », et jusque dans la construction par Abraham() des autels de feu, et dans les sacrifices des Juifs monothéistes à Astarté, la Reine du Ciel.
Malgré toutes leurs controverses et leurs recherches, l’histoire et la science demeurent encore dans l’ignorance au sujet de l’origine des Juifs. Ils peuvent être aussi bien les Tchandalas exilés, ou les Parias de l’Inde antique, les « maçons » mentionnés par Vina-Svati, Veda Vyasa et Manou, que les Phéniciens d’Herodote, ou les Hyk-sus de Josephe, ou les descendants des bergers pali, ou un mélange de tous ceux-là. La Bible parle des Tyriens comme d’un peuple apparenté, et prétend exercer un droit sur eux (127d).
Il y a plus d’un personnage important dans la Bible dont la biographie fournit la preuve qu’il est un héros mythique. Samuel() est tout indiqué comme le personnage de la communauté hébraïque. Il est le double du Samson du Livre des Juges, ainsi qu’on s’en rend compte – étant le fils d’Anna et d’EL-KAINA, de même que Samson l’était de Manua ou Manoah. Tous les deux étaient des personnages fictifs, tels qu’ils sont représentés dans le livre révélé ; l’un était Hercule hébreu, et l’autre le Ganesha. Samuel() est réputé avoir fondé la république, ainsi que d’avoir renversé le culte cananéen de Baal et d’Astarté, ou d’Adonis et de Vénus, et d’avoir institué celui de Jéhovah. Puis le peuple ayant demandé un roi, il oignit Saul() et après lui David() de Bethléem.
David() est le Roi Arthur israélite. Il accomplit de grandes choses et établit un gouvernement sur toute la Syrie et l’Idumée. Sa domination s’étendit sur l’Arménie et l’Assyrie au nord et au nord-est, le désert Syrien et le Golfe Persique à l’est, l’Arabie au sud, et l’Egypte et le Levant à l’ouest. Seule la Phénicie en fut exclue.
Son amitié avec Hiram laisse croire qu’il fit sa première expédition de ce pays dans la Judée ; et sa longue résidence à Hébron, la cité des Kabires (Arba ou quatre) donnerait également à supposer qu’il établit une nouvelle religion dans le pays.
Après David() vint Salomon, puissant et fastueux, et qui chercha à consolider le royaume conquis par David(). David() étant un adorateur de Jéhovah, un temple à Jéhovah (Tukt Suleima) fut construit à Jérusalem, tandis qu’on érigeait des autels à Moloch-Hermès, Khemosh et Astarté sur le mont des Oliviers. Ces autels subsistèrent jusqu’à l’époque de Josias().
Des conspirations éclatèrent ; des révoltes eurent lieu en Idumée et à Damas ; et Ahijah le prophète se mit à la tête du mouvement populaire qui eut pour résultat la déposition de la maison de David() et l’élection de Jéroboam comme roi. Depuis lors, les prophètes dominèrent en Israël, où le culte du veau prédomina ; les prêtres gouvernèrent la faible dynastie de David() et le culte lascif local s’étendit sur le pays tout entier. Après la destruction de la maison d’Ahab, et l’échec de Jéhu et de ses descendants pour unir le pays sous un seul chef, l’essai fut tenté en Judée. Isaie avait terminé la ligne directe dans la personne d’Achaz (Isaïe VII, 9) et il plaça sur le trône un prince de Bethléem (Michée V. 2. 5). Ce fut Ezechias. En montant sur le trône, il invita les chefs d’Israël à s’allier à lui contre les Assyriens (2 chroniques XXX, 1, 21 ; XXXI, 1, 5 ; 2 Rois XVIII, 7). Il parait aussi avoir établi un sacré collège (Proverbes XXV. I) et avoir complètement transformé le culte. Il alla même jusqu’à briser le serpent d’airain que Moise avait fait.
Tout cela transforme en mythe l’histoire de Samuel(), de David() et de Salomon. La plupart des prophètes, qui étaient lettrés, paraissent avoir commencé à écrire à cette époque.
Le pays fut finalement envahi par les Assyriens qui y trouvèrent le même peuple et les mêmes institutions que chez les Phéniciens et les autres nations.
Ezechias ne descendait pas d’Achaz, mais il était son fils titulaire. Isaie, le prophète, appartenait à la famille royale, et Ezechias passait pour son beau-fils. Achaz refusa de s’allier avec le prophète et son parti en disant : « Je ne tenterai pas (dépendrai pas de) l’Eternel. » (Isaïe, VII, 12). Le prophète avait déclaré : « Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas », prédisant ainsi la déposition de sa lignée directe. « Vous lassez la patience de mon Dieu », répondit le prophète, qui prédit alors la naissance d’un enfant d’une aima, ou femme du temple, et qu’avant qu’il atteigne la maturité (Hébreux, V, 14 ; Esaïe, VII, 16 ; VIII, 4), le roi d’Assyrie renverserait la Syrie et Israël. C’est cette prophétie qu’Irenee prit tant le soin de rattacher à Marie et à Jésus, en la donnant comme la raison pour laquelle la mère du prophète Nazaréen est représentée faisant partie du temple, et consacrée à Dieu dès son enfance.
Dans le second chant, Isaie célébrait le nouveau chef assis sur le trône de David() (IX, 6, 7 ; XI, I), qui devait rendre leurs foyers aux Juifs que la ligue avait emmenés captifs (Isaïe, VIII 2-12 ; Joël, III, 1-7 ; Abdias, 7, II, 14). Michee, son contemporain, prédit également la même chose (IV, 7-13 ; V. 1-7). Le Rédempteur devait venir de Bethléem ; en d’autres termes, être de la maison de David ! il devait aussi résister aux Assyriens auxquels Achaz avait juré obéissance, et réformer la religion (2 Rois XVIII, 4, 8). C’est ce que fit Ezechias. Il était le petit-fils de Zacharie, le voyant, (2 chroniques XXIX, I ; XXVI, 5) le conseiller d’Ozias ; aussitôt monté sur le trône il restaura la religion de David() et détruisit les derniers vestiges de celle de Moise, c’est-à-dire la doctrine ésotérique, en déclarant que « nos pères ont péché » (2 chroniques XXIX 6-9). Puis il cherche à renouer les relations avec la monarchie septentrionale, parce qu’à ce moment il y avait un interrègne en Israël (2 chroniques XXIX, 1, 2, 6 ; XXVI, 1, 6, 7). Il y réussit ; le résultat fut une invasion par le roi d’Assyrie. Mais c’était un nouveau régime ; et tout cela nous fournit la preuve qu’il existait deux courants parallèles dans le culte religieux des Israélites ; l’un appartenant à la religion d’état et adopté pour cadrer avec les exigences politiques ; l’autre, de l’idolâtrie pure, résultant de l’ignorance de la véritable doctrine ésotérique prêchée par Moise. Pour la première fois depuis Salomon « les hauts lieux furent enlevés ».
Ezechias était le Messie attendu de la religion d’état exotérique. Il était le rejeton de la branche de Jessé, qui devait ramener les Juifs de la lamentable captivité, au sujet de laquelle les historiens hébreux sont si muets, évitant avec soin toute allusion à ce fait particulier, mais que les prophètes irascibles mettent fort imprudemment en lumière. Si Ezechias écrasa le culte de Baal exotérique, il arracha violemment aussi le peuple d’Israël à la religion de ses ancêtres, et aux rites secrets institués par Moise.
Darius Hystaspes fut le premier à fonder une colonie persane en Judée, et Zoro-babel en fut probablement le chef. « Le nom de Zoro-babel signifie » la semence, ou fils de Babylone – de même que Zoro-aster זרו-אשתר est la semence, le fils, ou prince d’Ishtar (128d). » Les nouveaux colons étaient, sans contredit, des Judæi, ce qui est une désignation orientale. Même Siam est appelée Judia, et il y avait un Ayodia en Inde. Les temples de Solom ou la Paix étaient fort nombreux. A travers toute la Perse et l’Afghanistan les noms de Saul et de David sont très répandus. La « Loi » est tour à tour attribuée à Ezechias, à Ezra, à Simon le Juste, et à la période Asmonéenne. Il n’y a rien de défini ; partout des contradictions. Lorsque débuta la période Asmonéenne les principaux soutiens de la Loi étaient appelés Asédiens ou Kashdim (Chaldéens) et plus tard Pharisiens ou Pharsi (Parsis). Cela indique que les colonies persanes étaient établies en Judée et qu’elles faisaient la loi dans le pays ; tandis que tous les habitants mentionnés dans le livre de la Genèse et de Josué y formaient la masse du peuple (Voyez Esdras IX, 1).
Il n’y a pas de véritable histoire dans l’Ancien Testament, et le peu d’informations historiques qu’il contient se trouve dans les révélations indiscrètes des prophètes. Dans son ensemble, ce livre a dû être écrit à différentes époques, ou plutôt inventé pour autoriser par la suite un culte dont l’origine se retrouve aisément, partie dans les Mystères Orphiques et partie dans les anciens rites égyptiens, avec lesquels Moise était familier dès son enfance.
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