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LES SOUVENIRS EMMAGASINÉS

L’homme comprend rarement à quel point il dépend des souvenirs conservés de ses vies antérieures pour ses impressions, ses idéaux et ses croyances, et, dans de nombreux cas, pour être finalement capable de réaliser ses idéaux.

Il imagine qu’il peut relier à un événement, une circonstance ou une expérience de sa vie actuelle, toutes ses croyances et tous ses idéaux, et que si ceux-ci changent, ce n’est dû qu’à de nouvelles conditions ou de nouveaux événements. Mais cela n’est pas exact. Il ne tient pas suffisamment compte des périodes régulières, mathématiquement exactes, qui doivent s’écouler entre deux étapes de croissance et de développement. L’objectif final, pour autant qu’on puisse l’observer, de toute création de la nature, peut soudainement apparaître, mais les périodes de croissance entre la conception et la naissance d’un produit, dans tous les secteurs de la vie, sont toutes fixées de façon définitive. Plus le produit de la nature est parfait et plus il a de valeur, plus les processus par lesquels la nature accomplit son objet sont lents et précis. Et cela est vrai autant sur les plans mental et spirituel que sur le plan matériel.

Vous entendez une discussion ou vous lisez une déclaration qui vous plaît immédiatement, vous l’acceptez et vous l’ajoutez à votre collection de croyances. Vous pouvez référer souvent à cette déclaration comme étant la base de votre croyance actuelle à cet égard, mais vous aviez déjà profondément dans votre conscience, peut-être depuis des ères, la véritable base de cette croyance. La déclaration que vous avez entendue n’a fait que ramener à la surface ce qui était déjà en vous.

À un certain moment, dans une incarnation antérieure, vous avez été personnellement identifié à la substance même à l’étude, à la chose ou l’objet sur lequel le fait était basé. Cette connaissance s’est intégrée à votre cerveau ou à votre corps par des processus mystérieux de la nature, et elle est devenue une partie de votre être.

Peut-être qu’un jour, couché avec l’oreille contre le sol, vous entendez le frémissement des brins d’herbe, le bourdonnement d’un insecte, l’approche lente d’une chenille. Vous reconnaissez chacun de ces sons, et le nom et la forme arrivent dans votre conscience. Vous pensez que vous les reconnaissez parce que vous avez entendu ces sons à de nombreuses reprises dans votre vie actuelle, mais cela n’est pas nécessairement vrai. Chaque fois que la conscience d’une action quelconque vous est arrivée dans cette vie, elle est arrivée comme un aboutissement, et non comme un commencement.

Vous n’auriez jamais reconnu ou même entendu aucun de ces sons s’il n’était pas resté dans votre être un dépôt mental, une cellule ou un skandha qui fait partie de votre être depuis l’heure où la conscience individuelle est arrivée à la combinaison d’atomes qui a habillé la monade – la fondation de votre être.

Peut-être cela s’est-il produit quand vous êtes passé du royaume minéral au royaume végétal, et que l’herbe, la chenille et l’insecte faisaient partie de votre vie. Les vibrations sonores causées par vos mouvements sont entrées dans cette structure organique végétale ou d’insecte, et s’y sont intégrées.

Il semble très difficile pour un étudiant moyen d’accepter le fait qu’il est totalement impossible pour lui de connaître, de reconnaître ou d’accepter une seule chose avec laquelle il n’a pas lui-même été personnellement identifié dans une vie antérieure.

On trouve dans toutes les cultures le proverbe que l’expérience est le meilleur professeur. Ce n’est pas seulement le meilleur, c’est le seul professeur fiable. La raison est évidente si on considère ce que je viens d’exposer. C’est le seul professeur, parce que, au cours de l’expérience, les processus de la nature ont rendu identiques la substance même de l’expérience et celle de l’expérimentateur, pendant la durée de l’expérience. Les deux sont devenus une seule chair, et le divorce est impossible entre eux.

Certains facteurs peuvent inhiber la mémoire de cette expérience, mais, à mesure que l’âme se développe, à mesure qu’une expérience se fusionne avec une autre et que la loi supérieure les mélange toutes en une seule, le souvenir de chacune deviendra de plus en plus précis et certain. Le jour viendra où, depuis les sommets de toutes les expériences de la vie d’un seul grand Manvantara, l’âme sera capable de regarder la longue ligne de ses incarnations, et de se souvenir de tout ce qui lui est arrivé depuis qu’elle a laissé la maison de son Père pour aller errer dans les champs de la vie matérielle.

À mesure que l’analyse spectrale progresse, faisant apparaître clairement des catégories de plus en plus fines de substance ainsi que la relation intime de cette substance à toutes les formes de matière, et avec l’acceptation de l’indestructibilité de la matière, maintenant établie sans l’ombre d’un doute, les chercheurs comprendront les vérités que la science occulte tente depuis si longtemps de leur inculquer. Parmi ces vérités, ils trouveront celle que je viens de vous indiquer.

La science physique a déjà réduit la matière à des unités de force, pour parler théoriquement, mais ses partisans, soit par hostilité ou par ignorance, sont incapables d’admettre ou incapables de percevoir que ces unités de force, parfois appelées « pensées de Dieu » , sont vraiment les monades de la science occulte.

La qualité de résistance inhérente à la force rend impossible de la compresser dans une forme donnée. Ceci a été l’un des mystères non résolus du passé, mais ce n’en serait plus un pour un esprit capable d’accepter le fait de l’universalité d’une seule force, dont toutes les autres formes de force sont des émanations, et celui de l’action caractéristique de la loi cyclique sur cette force. En effet, la loi cyclique est l’énergie qui sous-tend la condensation des formes différenciées de force, condensation qui a pour effet, pour ainsi dire, de faire précipiter la force sous forme de matière.

Prenez par exemple la forme familière de force que nous appelons vapeur. Pour libérer cette force, il faut chauffer l’eau, en d’autres mots, il faut élever son niveau vibratoire.

Si on recueille la vapeur, et qu’on lui applique l’action vibratoire inférieure du froid, elle se condense et redevient de l’eau. En d’autres mots, ceci démontre l’action positive et l’action négative de la loi cyclique – la loi du mouvement a libéré la force, et a ensuite retransformé cette même force en forme matérielle.

Plus la force est fine, plus les vibrations qui la contrôlent doivent avoir une fréquence élevée. L’incapacité du disciple non développé à contrôler la loi cyclique suffisamment pour être capable d’élever le taux de vibration de toute forme de force à un niveau qui surmonterait la résistance naturelle inhérente à cette force, est la seule chose qui l’empêche de démontrer la vérité de cette déclaration.

C’est la puissance de Kriyashakti – la Volonté universelle – qui sous-tend la loi cyclique – la loi du mouvement. Dans la mesure où l’homme a développé cette Volonté en lui, il est capable de contrôler les unités de force pour créer de la matière. Les grands obstacles au développement de ce pouvoir sont sa faiblesse et son égoïsme innés.

Aussi longtemps que son égoïsme et son intérêt personnel l’amèneront à commettre des injustices, le sentier du pouvoir lui sera bloqué – car la justice est le corollaire de la Volonté divine. S’il a emmagasiné les souvenirs d’actions justes, sages et généreuses réalisées dans l’une de ses incarnations antérieures, il a stocké exactement l’énergie nécessaire pour vaincre, dans l’incarnation suivante, l’inertie causée par l’aspect négatif du côté positif de ces actions. C’est cet aspect négatif du bien qui cause toujours de la résistance. Donc, comme l’énergie stockée domine cette inertie, lorsque l’impulsion lui vient de répéter cette action dans une incarnation suivante, il a moins d’obstacles à surmonter. Il est tellement plus capable d’utiliser les forces de justice, de sagesse et de compassion, que la prochaine action de cette nature porte en elle une plus grande capacité de faire du bien à d’autres, et augmente la qualité de cette force dans son aura.

HILARION - Temple 1 - Leçon 107