LES SEPT PRINCIPES DE L’UNIVERS ET DE L’HOMME
La philosophie du « Temple de l’Humanité » est la philosophie de l’antique Religion-Sagesse, la source d’où jaillissent tous les systèmes religieux authentiques, même si certains de ces systèmes se sont dégradés par la suite. Cette philosophie repose sur le caractère universel de toute vie et sur la division septuple de toute Matière, Force et Conscience. Sans une certaine compréhension des sept principes, il est très difficile d’appréhender vraiment le phénomène de la vie ainsi que la relation et l’interrelation entre la Matière et l’Esprit.
À cet égard, on peut établir que l’Univers et l’Homme sont l’un et l’autre l’expression synthétique de sept principes. Ces sept principes de vie se manifestent sur quatre plans (ou états) de conscience qui sont les suivants : spirituel, manasique, astral et physique. Certaines écoles de philosophie attribuent à ces principes des numéros qui vont de sept à un, d’autres des numéros qui vont de un à cinq et d’autres encore des numéros qui vont de un à sept. Nous utiliserons cette dernière numérotation.
Il existe en sanskrit un terme pour chaque principe :
1 – Atma
2 – Bouddhi
3 – Manas
4 – Kama (Kama-Manas et Kama-Rupa) – Désir
5 – Prana
6 – Lingua Sharira – Double éthérique
7 – Sthula Sharira – Corps physique
La Trinité
Premièrement : Atma (ou Esprit Pur) est l’Absolu à l’état manifesté. C’est le Père Omniprésent ; Créateur, Conservateur et Destructeur en Un, qui imprègne toutes choses.
Deuxièmement : Bouddhi est l’Âme Spirituelle, le véhicule par lequel s’exprime Atma. C’est la Mère et l’Enfant Spirituels en Un – le Soi Supérieur. Atma-Bouddhi est l’Ego qui se réincarne.
Troisièmement : Manas est le Mental Universel ou Idéation, la conscience de l’Identité. C’est le Penseur.
La Triade Supérieure, formée des trois premiers principes (Atma-Bouddhi-Manas), ne peut être que partiellement comprise par l’humanité à son stade actuel de développement. C’est le Père, le Fils et le Saint-Esprit – le Soleil Spirituel Central dont les rayons pénétrants infusent la vie à toutes les créatures. Relativement au macrocosme, c’est le Dieu ; relativement au microcosme, c’est un Dieu.
Le Quaternaire
Quatrièmement : Kama est le principe par lequel le désir se manifeste sous deux aspects, Kama-Manas et Kama-Rupa, c’est-à-dire Mentalité et Forme. C’est le Penseur en action. En relation avec Manas et Bouddhi, il devient l’Astral Supérieur, ou l’Âme. Kama-Manas (intellect ou mentalité) forme un pont entre Manas (Mental Supérieur) et Kama-Rupa ; il relie Mental et Forme. Dans le langage théosophique, il correspond au corps kama-manasique ou âme humaine. Le corps kama-manasique est parfois appelé aussi « corps de désir »1.
Kama-Manas et Kama-Rupa (c’est-à-dire mental inférieur et forme) sont si intimement liés qu’il est difficile de les dissocier. « Le Souffle avait besoin d’une forme, le Père la lui a donnée », peut-on lire dans une stance de La Doctrine Secrète. Kama-Rupa est Forme, Dimension, Proportion, d’abord de l’Univers Absolu, ensuite de tout ce qui vit et existe au sein de cet Univers.
Cinquièmement : Le Prana, l’étincelle vitale du principe de Vie, représente le courant vital inhérent à toute manifestation. Il est dit que « les subdivisions inférieures du Prana sont les microbes de la science ». Il y a une étincelle de vie, une vie infinitésimale, dans chaque atome de chaque molécule de feu, d’air, de terre ou d’eau. Ce sont des vies ardentes, les constructrices et les dévoreuses de la forme.
Sixièmement : Le Lingua Sharira est le double éthérique (ou corps astral inférieur)2. Ce principe ou état de matière est celui qui se situe juste au-dessus des niveaux substantiels solide, liquide et gazeux du plan physique. Il est moins dense et plus subtil que les états de matière que nous venons d’évoquer. Le double éthérique est fixé aux formes plus grossières de matière atome par atome, molécule par molécule, mais ce lien est si ténu qu’il peut aisément se rompre. En ce cas, le double éthérique peut se retirer et, en certaines circonstances, apparaître à une grande distance du lieu où se trouve le corps physique. Nombre de phénomènes produits lors d’une séance spirite sont réalisés par l’entremise du corps éthérique du médium, lorsqu’ils sont authentiques. La substance du double éthérique est très fluide. Lorsqu’elle est extraite d’une personne au moyen de la volonté hautement développée du médium, elle peut refléter dans l’esprit de ce dernier n’importe quelle image [psychique] provenant de la personne en question, y compris lorsque ses sens physiques sont au repos, comme pendant l’état de sommeil ou de transe. Un psychique exercé a la faculté de reproduire sur son propre double éthérique les images issues des personnes présentes dans une salle comble et de faire croire à ces dernières que lui sont apparus des connaissances ou amis décédés.
Le double éthérique n’a ni volonté ni mentalité si ce n’est celles dont est pourvu l’homme physique. C’est un intermédiaire de communication entre l’âme et le corps humain, similaire à celui qui sert de support aux ondes éthériques échangées entre les stations de télégraphie sans fil. C’est ce double éthérique que l’on voit parfois planer au-dessus de la tombe d’un corps récemment enterré. Il ne peut partir complètement tant que toute la matière dense du corps physique ne s’est pas désintégrée et n’est pas retournée à ses éléments originels. C’est essentiellement pour cette raison qu’un grand nombre d’occultistes sont en faveur de la crémation.
Cette conviction toutefois n’est pas unanime car le processus de désintégration, de quelque manière qu’il s’accomplisse, est toujours le travail des élémentaux du feu qui s’en acquittent comme l’avait prévu la Nature, à la condition que rien ne vienne les déranger. Recourir dans certains cas à la crémation pourrait, de ce fait, interférer avec l’action du karma.
Le corps éthérique est doté d’une certaine vie en soi et l’homme moyen n’a pas acquis suffisamment de sagesse pour déterminer s’il a le droit de prendre cette vie, pas plus qu’il ne peut savoir s’il est en droit de retirer la vie physique d’un être. Il n’a pas la moindre idée du rôle assumé par le double éthérique quant à la régénération de l’âme. Lorsqu’on meurt, le double éthérique survit au corps physique et c’est ce qui a conduit les anciens Égyptiens à vouloir conserver ce dernier.
Septièmement : Le Sthula Sharira (ou corps physique) n’est pas à strictement parler un principe.
Une fois que les vies ardentes – les élémentaux du feu – abandonnent la forme physique du fait de sa désintégration, il ne subsiste plus rien de visible de cette dernière. Le corps physique n’est qu’un véhicule provisoire dans lequel les forces vitales qui lui sont inhérentes vont et viennent conformément à la volonté égoïque informante, de sorte que les expériences acquises contribuent au développement du Corps Spirituel. Sans Corps Spirituel, l’Ego ne pourrait avoir d’individualité. C’est l’unique raison à la réincarnation. Autrement, l’Ego ne pourrait acquérir les connaissances et les expériences requises pour la vie éternelle afin de devenir à son tour le régent d’autres races et mondes. C’est pourquoi, bien que le corps physique ait d’un certain point de vue moins d’importance que les autres corps, il a d’un autre point de vue une valeur inestimable. Il serait important que les étudiants acquièrent quelques notions de physiologie afin de pouvoir comprendre les principes énumérés ci-dessus, étant donné que le corps physique est un microcosme au sein du macrocosme – un petit univers au sein du vaste univers.
Il convient de saisir que chaque vie en manifestation est engendrée par le Mouvement et la Vibration, ou le Grand Souffle. Dans le royaume du Réel, il n’existe qu’une Vie unique et c’est Atma, ou l’Esprit. La Matière, la Force et la Conscience sont l’Esprit en mouvement et en vibration.
Le Désir sous-tend la volonté de créer (humaine ou universelle). Qu’il s’agisse de la création d’un ange, d’un atome, d’une forme matérielle dense ou encore d’un univers, le principe du Désir – dans son acte de création – pousse la volonté à agir. Chez l’homme, le mental inférieur opère tout d’abord par les centres du cerveau ; puis par les centres correspondants dans les vies qui animent chaque molécule et chaque cellule du corps. Chez les animaux, le mental inférieur régit les instincts. Dans le règne végétal, il se traduit par le besoin inhérent à la plante de s’élever et de s’orienter vers le Soleil. Dans le règne minéral, c’est la poussée qui tend vers la cristallisation et, pour tous les autres degrés de matière, c’est l’impulsion vers la forme.
Il est écrit que les Fils du Mental – les Manasa Putra – sont « les anges déchus des cieux », c’est-à-dire les esprits qui ont quitté un état de perfection afin de pouvoir s’incarner dans les hommes dépourvus de mental de la Troisième race-racine, et ainsi promouvoir l’élévation de cette race en la hissant du stade bestial au stade humain. Que ces anges soient, au sens littéral ou figuré, la mentalité de la race humaine actuelle et de celles qui l’ont précédée, il est intéressant de constater la différence de mentalité d’une race à l’autre de ce point de vue. Car il est écrit aussi que ces différences sont dues au fait que certains ordres de Manasa Putra ne se sont pas tous incarnés au cours des mêmes cycles de la Troisième race-racine. Ce qui fait de la mentalité une question relative à l’antériorité d’incarnation. Au regard de la science moderne, ces différences sont imputables au volume du cerveau et à la quantité de matière grise qu’il contient. Ces deux points de vue sont sans doute valables. Il est manifeste que l’hérédité n’explique pas à elle seule les vastes différences de mentalité que l’on peut observer entre un sauvage, voire un homme moyen, et de grands dirigeants dans le domaine spirituel ou matériel.
Après avoir étudié les principes et leurs corrélations en tant que corps, ce serait une erreur de les voir comme des formes de construction géométrique séparées, indépendantes les unes des autres. Si nous prenons deux verres d’eau claire et que nous versons dans chacun d’eux trois produits chimiques qui vont graduellement modifier la couleur de l’eau de chaque verre : du jaune au bleu puis au vert pour le premier, du jaune au rouge puis à l’orange pour le second, et que nous mélangeons l’eau de ces deux verres, nous obtenons une correspondance de la création du corps physique et des plans où résident ses constituants (ions, atomes, molécules, cellules, etc.) Puis, s’il était possible, par un processus chimique quelconque, de soustraire par intervalles chacune des couleurs des rayons primaires et secondaires provenant du mélange, nous obtiendrions quelque chose qui correspondrait à la séparation des sept principes (ou couleurs) qui a lieu lorsque le corps physique meurt et qu’il se désintègre. L’eau pure ne serait pas modifiée par le retrait des couleurs du mélange. Cette eau correspond au premier véhicule de manifestation de l’Ego. À la mort du corps physique, les principes inférieurs se retirent progressivement, l’Ego ayant acquis de diverses manières toutes les expériences nécessaires au cours d’un cycle constitué de nombreuses incarnations.
Cette illustration n’est certes pas parfaite, mais elle démontre le caractère universel et la nature non formelle des principes dont l’existence n’est pas subordonnée aux formes créées par le mouvement et la vibration au sein de l’océan de Vie – le menstruum de toute forme – l’Akasha, pour employer un terme sanscrit.
Si nous nous efforçons de diriger sur le monde de la Nature extérieure l’œil de l’intuition, alors peut-être serons-nous à même de saisir par analogie les plus profondes vérités spirituelles de la vie. Cherchons, par exemple, les sept principes dans les objets les plus ordinaires qui nous entourent. Prenons un arbre ou une plante. Nous notons ici sept divisions principales : racine, tronc, branche, feuille, fleur, fruit et graine. Partant de la graine, le cycle se répète de nouveau.
La racine – le premier principe – correspond à Atma qui est la racine de toutes choses, pénétrant toutes choses.
Le tronc correspond au deuxième principe, ou principe bouddhique, la première émanation de la racine. Le tronc est universel. Tous les courants vitaux ascendants ou descendants circulent à travers lui, et il en va de même pour le principe bouddhique.
Les branches sont le troisième principe – Manas ou Mental Supérieur – une émanation directe du tronc. Dans le troisième principe, représenté par les branches, apparaît la première différenciation (du tronc). Le Soi Spirituel – la Triade Supérieure formée par Atma-Bouddhi- Manas – est désormais prêt à entamer sa descente de l’arbre ou à prendre forme dans le quatrième principe, le plan de la matérialité.
Le quatrième principe est double ; il correspond aux feuilles de l’arbre ou de la plante. Il est représenté par le principe de Kama qui comportent deux aspects appelés : Kama-Manas (ou mental inférieur dont la couleur est le vert) et Kama-Rupa (ou corps des désirs et des passions dont la couleur est le rouge). Les feuilles, animées par ces deux aspects du principe kamique, correspondent à la personnalité qui éclot sur l’Arbre de Vie et qui se fane lorsque vient la morte saison. Des myriades de personnalités fleurissent ainsi sur le Grand Arbre et s’en détachent le moment venu, chacune d’elles ayant, par son propre vécu, apporté sa contribution à l’Arbre de Vie et ajouté quelque chose au Tronc Divin de l’Être.
Le cinquième principe (ou Prana) est le principe vital ; il pénètre tous les autres principes. C’est un aspect d’Atma dont l’essence est contenue dans la racine mais qui se différencie en tant que Prana dans le corps de l’arbre tout entier. Le rôle des feuilles (le deux aspects du principe de Kama) consiste à organiser le sixième principe (ou corps astral) qui cherche, à travers la forme, la couleur, la fragrance et la beauté [de la fleur], à exprimer extérieurement la gloire de la vie intérieure. À mesure que le sixième principe mûrit ou se condense, le septième principe (le fruit ou corps physique) prend forme. Ce fruit renferme la graine qui est la porte par laquelle Atma, sous l’angle des sept principes, peut s’engager une fois de plus dans le monde de la matérialité.
Aussi longtemps que le quatrième principe (ou plan), représenté par les feuilles, ne s’est pas développé, les forces suivent un mouvement descendant ; mais, une fois que le quatrième principe est dépassé, elles entament leur mouvement ascensionnel. Le corps astral représente les tentatives qu’effectue le Soi Supérieur – la Trinité – afin de se manifester sur le plan de la matière. Cette manifestation est potentiellement réalisée dans la graine (laquelle est vis-à-vis de la plante ou de l’arbre aussi synthétique que l’est Atma dans l’Être Universel).
Ceci est un exemple des correspondances septuples que l’on peut établir au niveau d’un organisme extérieur, en l’occurrence avec la forme visible d’un arbre ou d’une plante. Il convient de retenir que les arbres et les plantes possèdent aussi leurs principes définis (un corps astral et ainsi de suite jusqu’à Atma) qui existent sur les plans intérieurs, bien que l’homme ne puisse pas encore les percevoir à l’aide de ses cinq sens physiques.
Pour illustrer l’activité des sept principes sur leurs divers plans d’action, imaginons que la Triade Supérieure (Atma-Bouddhi-Manas) est un Soleil Spirituel Central non manifesté qui forme un second Soleil en se reflétant dans l’espace. Imaginons que de ce second Soleil, reflet du Soleil Spirituel Central, émanent sept grandes énergies créatrices sous la forme de rayons de lumière. Visualisons ensuite que chacun de ces rayons de lumière se divise en sept couleurs, chaque couleur manifestant les énergies des rayons de lumière. Voyons aussi chaque couleur se décomposer en sept couleurs secondaires ou nuances de couleur qui se mêlent et se mélangent les unes aux autres. Nous obtenons alors une palette de quarante-neuf couleurs correspondant au plan physique et à tout ce qui existe sur ce plan ; les sept rayons de couleur sont en relation avec le plan manasique, le plan de toutes les âmes ; le second Soleil – le Soleil réfléchi – est en relation avec le plan spirituel (c’est le plan de manifestation de tous les Egos qui s’incarnent, qu’ils soient ou non présentement incarnés sur le plan physique).
Il est important de comprendre que chaque plan d’action est formé d’états de matière ou d’énergie qui ne sont pas séparés les uns des autres. Les manifestations de la Vie – les Egos qui s’incarnent ainsi que toutes leurs créations en terme de forme – constituent en elles-mêmes les quatre plans (ou états) de substance et de force.
La Conscience elle-même – l’Esprit – la Triade Supérieure, formée des trois premiers principes et symbolisée par le premier Soleil, exerce son action sur quatre plans (ou états). Tous les états de matière et d’énergie se pénètrent et s’interpénètrent. Par conséquent, l’homme vit à tout moment sur quatre plans, même s’il n’est conscient de son existence que sur le plan physique. À mesure que la conscience de l’étudiant de l’occultisme – son âme – s’éveille de plus en plus, il entrevoit la réalité de tous les plans, et la corrélation consciente entre ces différents niveaux ou plans devient pour lui l’un de ses grands objectifs.
1 N.D.É. Le désir ou Kama exerce son influence « vers le haut » et « vers le bas ». Kama-Manas est une pensée influencée par le désir. Alors que l’influence inférieure de Kama se manifeste par les instincts animaux.
2 N.D.É. Dans Les enseignements du Temple, les termes « corps astral » ou « corps astral inférieur » désignent le plus souvent le Linga Sharira ou corps éthérique, ou encore le sixième principe, ainsi qu’on le voit dans ce paragraphe. L’usage actuel de la philosophie occulte a également tendance à remplacer l’expression « corps astral » par « corps éthérique » (tout en désignant la même chose, à savoir la contrepartie subtile ou éthérique du corps physique, et non le Kama-Rupa). De nos jours, on peut cependant voir dans la littérature que l’expression « corps astral » est de plus en plus utilisée pour désigner le Kama-Rupa, le corps des désirs ou corps émotionnel, et non la contrepartie subtile du corps physique.
HILARION - Temple 2 - Leçon 252