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LES PRINCIPES DE BASE

Il est tout à fait possible de supposer que l’une des nombreuses sections se réclamant d’une allégeance à la Société théosophique d’origine puisse être amenée à trahir les principes qui ont servi de base à cette organisation, nommément la fraternité universelle et la pureté sexuelle. Cela pourrait être fait dans le seul but de s’assurer des avantages matériels comme ceux que pourrait se mériter la section en prenant une part active à l’une ou l’autre des parties d’un regroupement national ou politique, ou en s’alliant à un groupe de victimes des forces démoniaques présentement responsables d’inciter plusieurs étudiants à répudier leurs obligations que même un honnête homme normal ne pourrait s’empêcher de respecter. Un groupe capable de ces choses sera incapable de se refuser tout avantage matériel que pourrait lui procurer son action.

Il n’est pas très facile de comprendre pourquoi certains membres d’une organisation – qui ont été sélectionnés par les Initiés et mis à l’abri du danger de nombreuses et graves épreuves, comme on retire les fers à marquer d’un feu violent pour les préserver – puissent ainsi répudier ou trahir ses principes.

Ces membres, en s’abandonnant aux forces de perturbation et de discorde, ou en se critiquant sévèrement les uns les autres sur des questions nationales ou religieuses qu’aucun esprit mortel ne peut régler, renonçant ainsi aux trésors de sagesse et de connaissance qui leur ont été légués, mettent en danger la vie même du groupe. Et ceci est particulièrement vrai si la conservation de ces trésors repose sur une inébranlable acceptation des principes de fraternité universelle et de pureté sexuelle.

L’organisation du Temple de l’Humanité – ou tout autre groupe qui en fait partie – trahirait la confiance placée en elle si, dans le but de tirer des avantages personnels ou encore d’obtenir des appuis, elle prenait une décision en faveur de l’une ou l’autre des factions qui sont engagées dans la grande lutte mondiale actuelle. Faire ce choix n’aurait rien à voir avec le but pour lequel cette organisation a été créée, et agir ainsi pourrait la priver du soutien de l’esprit du groupe si nécessaire à sa croissance et à son expansion.

Comment serait-il possible pour un groupe composé de membres de nombreuses nationalités et religions d’accueillir en frère l’étranger forcé par l’une ou l’autre des nombreuses nations en guerre à trouver refuge dans cette organisation – peut-être parce que c’était sa seule possibilité de préserver sa vie –, si cette dernière ne peut lui offrir en partage que le même esprit de perturbation qui a brisé son ancienne vie et mis en pièces son centre du cœur. Dans un cas semblable, il n’est pas question de politique ou de droit racial, national ou international. Il n’est question que du principe de fraternité humaine et du but de « l’âme de groupe » de soutenir l’action de la loi.

Ne vous y trompez pas, je ne suggère pas que l’intuition et la raison doivent être muselées en refusant à chacun de considérer toute question relative à la vie, à la politique ou au droit de se forger une opinion personnelle, ou encore d’utiliser des méthodes d’action individuelles. Ce sont les résultats d’un raisonnement normal et propre à chaque personne.

Si les disciples d’une organisation se sont engagés dans une action sur la base des principes les plus élevés qu’ils connaissent, s’ils ont décidé de parcourir un certain sentier clairement défini pour atteindre un but désiré, et s’ils ont accepté le soutien de ceux qui ont parcouru ce sentier jusqu’au bout, alors ces disciples, dans leur ensemble, doivent allégeance, soutien et obéissance à ces guides, et aussi amour fraternel et assistance à leurs condisciples. Plus leurs divergences d’opinion ou leurs modes d’action dans les autres domaines de la vie seront différents, plus importants devront être leurs efforts pour s’abstenir et éviter de mettre en péril la vie et l’utilité du groupe dans sa totalité, groupe qui repose sur l’adhésion de ses membres aux principes de base qui ont présidé à sa formation. Si une unité quelconque de cette organisation est incapable d’y parvenir, il n’y a qu’une chose honorable à faire, c’est-à-dire se retirer du groupe, tant pour son bien individuel que pour le plus grand bien de ce dernier, même s’il ne s’agit que d’un retrait temporaire, jusqu’à ce qu’un réajustement puisse se faire.

Une forte opposition aux principes acceptés par la majorité d’un groupe ouvre la porte au « désintégrateur » – aussi dépourvus de mauvaises intentions que soient ceux qui manifestent leur désaccord – et la résistance conjuguée de la majorité du groupe affectera sérieusement les autres. Si cette menace reste plus ou moins vraie pour un quelconque groupe organisé, elle est par contre très réelle pour une organisation regroupant des étudiants de l’occultisme, car des forces plus grandes y sont engagées, et leurs effets en seront d’autant plus puissants, pour le bien ou pour le mal.

HILARION - Temple 2 - Leçon 273