LES MIROIRS MENTAUX
Le cerveau de l’homme – le véhicule du manas inférieur – est en un sens un réflecteur double, un miroir dans lequel et à partir duquel des images-pensées précises sont réfléchies à la fois vers et depuis le « Mental Divin Universel », aussi bien que vers et depuis le mental de l’homme.
Les qualités cachées et les caractéristiques de la nature de l’homme, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, projetteront des images correspondantes à partir du miroir de ce dernier vers le miroir d’un autre individu, ou encore il pourra transmettre inconsciemment les images d’autres miroirs vers le miroir d’une personne avec qui il est particulièrement en harmonie. Si un individu ressent de l’amour, de la sympathie, de l’obligeance ou, à l’inverse, de la colère, de la haine ou de la vengeance couler vers lui à partir du miroir d’une autre personne, il peut être certain qu’il a réfléchi ou transmis à d’autres des images de nature similaire auparavant.
Si un miroir présente une distorsion ou des taches, c’est-à-dire si le cerveau est malade ou blessé, les images projetées ne seront pas fidèles à la réalité. Elles montreront des formes-pensées grotesques ou mauvaises. La lumière par laquelle les formes sont réfléchies a été déviée ou éloignée de son cours naturel.
Le miroir divin, le « Mental de Dieu » reflété dans la matière, projette constamment ses images sur les miroirs des hommes, créant ainsi ce qui deviendra éventuellement les formes objectives. L’homme utilise son pouvoir mental et son pouvoir physique pour régler les détails des formes subjectives qu’il trouve réfléchies sur son miroir ou qu’il a découvertes intuitivement. Règle générale, il dira que cette forme subjective est sa propre invention. S’il pouvait seulement observer consciemment les images projetées à partir du miroir divin, il saurait que Dieu est le véritable inventeur, le créateur de la forme idéale, et il comprendrait mieux la relation intime qui existe entre eux.
Manas – le Mental Universel – est à la fois un reflet de l’Absolu et le véhicule de sa manifestation. Le mental inférieur – le mental de l’homme – est un reflet du Manas Supérieur. L’action de l’instinct dans le royaume animal provient d’une différenciation et d’une réflexion partielle du manas inférieur. La lumière du soleil est un reflet de la lumière spirituelle – la lumière du Soleil Spirituel Central –, et pourtant cette lumière et l’électricité en soi, le prana ou la force vitale, sont identiques. Ce que la lumière du soleil est au monde objectif, la lumière du Soleil Spirituel Central l’est aux mondes subjectifs et aux âmes des hommes.
La vie n’a jamais eu de commencement et ne saurait avoir de fin. Seul existe l’incessant changement de vibration et de radiation de la force vitale du prana, et le prana dépend, pour sa manifestation dans le monde objectif, de périodes alternées de lumière et d’obscurité. L’obscurité résulte du « mouvement vers l’intérieur » de la lumière.
C’est dans l’obscurité que l’élaboration des étincelles de vie s’effectue, mais la croissance et le développement de ces dernières se produisent dans la lumière. Elles sont transmises d’un monde à un autre par l’énergie de la lumière du soleil du système solaire auquel ces mondes appartiennent.
Ceux qui professent la théorie scientifique moderne de l’évolution n’acceptent pas les enseignements des Maîtres de Sagesse au sujet de l’immortalité de certains ordres d’Êtres spirituels – des Êtres dont les vies coexistent avec la lumière du Soleil Spirituel Central et qui sont les générateurs de toutes les formes de vie sur le plan physique. Dans différents systèmes de philosophie, on les appelle « Dieux », « Rishis » ou « Dhyan Chohans ».
Il est difficile au mental de l’homme – ou esprit de l’homme – de concevoir une idée, même hypothétique, de l’Absolu. Il est moins difficile et assez naturel pour lui de penser à un Être Suprême, à un Dieu créateur des formes différenciées du monde objectif. C’est à un Dieu semblable que la Bible fait référence dans les mots suivants : « Et Dieu dit, ‘‘Que la lumière soit’’, et la lumière fut. » En un sens, les mots « lumière » et « vie » sont quasi interchangeables, car la vie dépend de l’énergie de la lumière pour se manifester.
Il existe dans le cœur de chaque être humain une perception intuitive de l’existence d’une Intelligence Suprême et, quel que soit le succès temporaire de l’homme pour étouffer la croyance ainsi acquise, il ne peut, au bout du compte, la détruire. Elle s’affirmera plus tard et exigera éventuellement qu’il reconnaisse cet Être Suprême.
Personne n’est moins capable que le chrétien orthodoxe moyen d’établir dans son mental une distinction satisfaisante entre l’Absolu – la Vie sans forme et indifférenciée – et le reflet de l’Absolu dans la manifestation comme forme différenciée ; et l’une de ses principales difficultés pour accepter la philosophie de la Religion-Sagesse à cet égard semble résider dans sa peur que le Dieu qu’il adore y perde incommensurablement en pouvoir et en gloire dans sa descente depuis l’Esprit pur – la Vie sans forme – jusque dans la substance de la forme. De fait, c’est l’inverse qui se produit. Selon la philosophie dont il est question, l’Ego, qu’il s’agisse de l’Ego d’un Dieu ou de celui d’un homme, ne peut atteindre à la conscience de soi, dans aucun état de vie, jusqu’à ce qu’il se manifeste dans une forme individuelle. Il peut y avoir une immense différence entre la forme dans laquelle l’Ego de Dieu se manifeste et le corps physique de l’homme. La forme elle-même donne un indice sur la nature du mental qui l’a construite.
Les lois d’évolution et d’involution n’existent pas sur les trois plans les plus élevés de la conscience. Ce sont des lois gouvernant l’ascension et la descente de la vie dans la forme sur les quatre états inférieurs ou plans de manifestation.
HILARION - Temple 2 - Leçon 285